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Réalisation
Carter Smith

Scénariste
Scott B. Smith

Date de sortie
2008

Genre
horreur

Tagline


Cast
Jonathan Tucker
Jena Malone
Shawn Ashmore
Laura Ramsey
Joe Anderson
etc.


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Graeme Revell

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.2
(20 votes)
Jeff, Eric, Amy et Stacy, quatre jeunes américains en vacances près de Cancun au Mexique, acceptent, deux jours avant leur retour, de suivre un jeune touriste allemand au plus profond de la jungle sud-américaine. Accompagnés par un autre globe-trotter rencontré au cours d'une fête, nos aventuriers en herbe découvrent dans la forêt sombre et humide, des autochtones peu enclins aux longs discours et armés jusqu'aux dents mais surtout une pyramide maya recouverte d'une sorte de lierre, dont ils ne peuvent d'ailleurs plus quitter le sommet suite au pas accidentel de l'un d'entre eux sur un petit buisson. Ce n'est pourtant pas tout, puisque non seulement prisonniers au sommet de ruines ancestrales car mis ici de force en quarantaine par une population locale très hostile, nos touristes se voient, en outre, confrontés à un plus gros souci : une chose mystérieuse et menaçante semble tapie dans les entrailles ténébreuses de l'ancien temple, prête à surgir à n'importe quel moment…



Adaptation du superbe roman "The ruins" de Scott B. Smith, également responsable du scénario de "Un plan simple" de Sam Raimi et qui s'est occupé ici, avec l'aide de Stuart Cornfeld, de l'adaptation de son œuvre, Les ruines, produit par Ben Stiller (bizarre ? Vous avez dit bizarre ?), fait aussi appel aux talents du réalisateur Carter Smith, coupable de "Bugcrush", un court-métrage ayant beaucoup fait parler de lui. Ajoutons à cela, un casting de jeunes acteurs aux dents longues avec, entre autres : Jonathan Tucker ("Pulse", "The Texas Chainsaw Massacre", le remake de Marcus Nispel de 2003), Jena Malone (vue dans "Donnie Darko"), Shawn Ahsmore (jouant Iceman dans la trilogie des "X-Men" mais aussi frère jumeau à la ville d'Aaron Ashmore, Jimmy Olsen dans la série "Smallville"), Joe Anderson (aperçu dans "Creep") et vous aurez a priori tous les ingrédients pour faire un bon petit survival des familles. Seulement voilà, les œufs ne devaient pas être frais, ou bien l'huile de mauvaise qualité, mais en tout cas, la mayonnaise n'a pas pris. "Pourquoi donc ?" me demanderez-vous en salivant parce que je viens de vous exciter les papilles gustatives en vous faisant montre de mes talents culinaires. Eh bien c'est ce que je vais essayer de vous exposer ci-après.

Ce qui peut avant tout expliquer les raisons d'un tel échec (parce qu'il faut bien parler d'échec tant le film était attendu puisque le matériau d'origine dont il est l'adaptation a été un best-seller, mais aussi parce que les magnifiques affiches et autres teasers que l'on avait pu voir ça et là nous avaient plus qu'alléchés !), c'est que justement le scénario original n'a pas été assez bien respecté et adapté sur pellicule. Quand ce n'est pas le nom de certains protagonistes qui n'est pas conservé, c'est le lieu de rencontre des joyeux drilles qui est modifié ou bien alors on fait pénétrer une des héroïnes dans le temple sans qu'elle n'ait atrocement peur. Ce qui peut nuire un peu au film côté ambiance et intensité, vous ne trouvez-pas ? Mais ce n'est pas tout, puisqu'ici, on entre assez tôt dans le feu de l'action, alors que dans le livre, il fallait tout de même attendre d'être arrivé aux trois-quarts pour que l'action se mette véritablement en place, la première partie du livre étant consacrée à l'exposition des personnages principaux avec leur personnalité se dessinant petit à petit et à leur accoutumance délicate au climat tropical.

Pourtant, au final, la trame et le déroulement du métrage s'apparentent au tempo du roman de Scott B. Smith mais le réalisateur arrive rarement à attirer et attiser le public comme pourraient le faire, notamment, les nouveaux cinéastes ibériques. La faute à quoi ? Eh bien on pense principalement à : des personnages assez peu attachants, un sentiment de fatalisme certain de leur part, des événements assez prévisibles et une histoire qui tourne en rond fréquemment, choses que l'on ne ressentait pas à la lecture du livre.

Certes, les personnages ne sont pas caricaturaux et les acteurs s'en sortent relativement bien, toutefois ils n'attirent pas forcément la sympathie et suggèrent encore moins une quelconque once d'empathie. Ils seraient même, si l'on pousse un peu, assez détestables du haut de leur statut supérieur d'américains qui arrivent en terrain conquis un peu partout où ils mettent les pieds ! Et c'est l'un des gros défauts du film, puisqu'ici, Carter Smith tente de nous faire aimer ses personnages et concentre son métrage sur la psychologie de ceux-ci et l'évolution de leurs relations qui s'effritent progressivement, au lieu de se focaliser sur les scènes d'horreur pure, ce qu'on lui demandait au final, nous ne sommes pas si exigeants, mince ! A côté de cela, on a aussi le sentiment que nos petits touristes étasuniens n'ont pas vraiment envie de s'en sortir en restant coincés en haut de la pyramide maya au lieu d'entrer au contact des autochtones en tentant le tout pour le tout. On est dans un survival oui ou non ? En acceptant leur sort, nos personnages vont finalement rester entre eux, enfermés dans leur propre paranoïa, source de leur autodestruction. "L'enfer c'est les autres" disait Sartre et cette phrase prend ici toute son ampleur. M'enfin, Les ruines n'était pas censé être le survival de la mort selon les annonceurs ? On en est loin, tant le réalisateur s'embourbe dans des dialogues sans fin et une action qui se mord la queue. Et je ne vous parle même pas de LA tentative d'évasion dont l'issue est prévisible d'avance, encore moins de la fin du film, pas innovante pour deux sous, sinon je vous achève et vous laisse en ruines !

Je vais plutôt m'en aller vous parler des effets spéciaux, du décorum et autres joyeusetés gore disséminés ça et là au cours des pérégrinations de nos apprentis globe-trotters. Malgré un budget qu'on juge assez conséquent puisqu'il s'agit-là d'une production Dreamworks, on reste un peu sur notre faim en la matière. L'intérieur de la pyramide est quasi inexploité : nos malheureux touristes étant la plupart du temps au sommet de l'édifice mexicain ! Les autochtones, quant à eux, sont sans saveur, interchangeables à souhait et ne sont pas plus nombreux que les doigts de la main. Enfin, la plante qui recouvre la quasi-totalité de l'ancien temple maya est utilisée timidement par le réalisateur. Bon certes, il y a bien de bonnes idées qui traînent et qui font monter la tension de plusieurs crans (cf. la scène de la recherche du téléphone au fond du refuge de fortune des petits américains), mais on aurait aimé en voir davantage de la part de cette mauvaise herbe carnivore. Pourtant, cette végétation avide de sang frais constituait un élément intéressant à exploiter et c'est surtout la clef de voûte du film. C'est quand même ce par quoi tout arrive, puisque c'est à la suite d'un accidentel pas sur un buisson jouxtant les ruines que tout s'est déclenché et que les locaux mal léchés ont dressé un périmètre de sécurité tout autour des vestiges afin de forcer les touristes jugés irrespectueux et inconscients de s'y confiner pour ne surtout plus en bouger.

Reste toutefois quelques scènes bien sanglantes qui viendront réveiller le spectateur s'étant assoupi en haut de la pyramide : une balle en pleine tête à un moment où on ne s'y attend pas du tout, une amputation à coups de caillou avec une cautérisation à la poêle chaude, une automutilation matinale exécutée au couteau de survie. Mais cela est quand même bien maigre pour contenter de vieux briscards de l'horreur comme nous, d'autant que certaines de ces scénettes ont alimenté le buzz du film sur la toile et qu'on les a déjà donc pratiquement toutes vues !

Au final, malgré quelques scènes chocs très efficaces mais peu nombreuses, on reste assez déçu de ce film au scénario finalement classique, à la mise en scène assez neutre (le réalisateur sachant très mal filmer les scènes de tension) et aux personnages pas très captivants. Des longs-métrages comme ça, où des groupes de jeunes vont visiter des destinations peu recommandables, on en a vus à tire-larigot, à l'instar des productions telles que : "Paradise lost" ("Turistas"), "Hostel" et "Wolf creek" et on ne peut pas dire que Les ruines va révolutionner le genre. Et dire que Stephen King a élu ce film comme l'un des meilleurs qu'il ait vu en cette année 2008 ! On se demande ce qu'il a eu, notre pape de l'horreur !? Il l'a peut-être visionné juste pour se donner envie de lire le livre, qui sait ? En tout cas, un conseil : lisez le bouquin, ça vaudra mieux niveau frissons, sauf si vous êtes adepte de thrillers psychologiques !








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