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Etudiant en dernière année de fac de Droit, Martin réussit à décrocher un contrat d'embauche à durée déterminée à la morgue de la ville où il habite. Employé en tant que veilleur de nuit de 20h à 4h du matin, le jeune homme espère ainsi pouvoir subvenir à ses besoins et à ceux de sa copine Katherine, étudiante elle aussi. Mais la vie n'est pas aussi rose qu'elle le paraît pour Martin. Travailler de nuit dans un endroit aussi sinistre que cet établissement n'est déjà pas motivant pour le jeune étudiant, il faut en plus qu'il s'y passe des choses étranges. En effet, des cadavres entreposés dans la salle de morgue, qui est un point clé de ses rondes nocturnes, se retrouvent déplacés au cours de certaines nuits. Pendant ce temps, à l'extérieur, des crimes atroces sont perpétrés sur des prostituées par un dangereux maniaque : après leur avoir fait jouer la morte, leur avoir mis une étiquette à l'orteil et les avoir recouvert d'un drap blanc, ce fétichiste détraqué les poignarde de sang froid avant de le leur extirper les yeux. Ces meurtres en ville, dont l'inspecteur Cray se charge, et les phénomènes étranges se déroulant à la morgue semblent converger vers une seule et unique personne ciblée par la police : Martin. Un cauchemar qui ne va cesser de s'amplifier pour le jeune homme pour son plus grand malheur…



Dramaturge danois renommé, Ole Bornedal se lance dans le cinéma en 1994 avec un thriller horrifique qui fera date au Danemark. Nommé "Nattevagten", alias "le veilleur de nuit", le film connaît un fort succès et Ole Bornedal se voit proposer quatre ans plus tard un remake américain de son propre film. Le remake sera intitulé "nightwatch" (à ne pas confondre avec le film de Timur Bekmambetov sorti plus récemment) mais son titre français restera "le veilleur de nuit".
Disposant d'un casting fort alléchant (Ewan McGregor, Patricia Arquette, Nick Nolte…), le film reçoit un chaleureux accueil, même si certains puristes regretteront l'original danois, plus sombre et plus inquiétant…
Pour en savoir plus sur ce remake américain, plongeons-nous sans tarder dans une analyse des différents aspects du film, comme à mon accoutumée, à savoir l'histoire en elle-même (scénario, rythme, dialogue), le casting recruté, le visuel (décor, photographie, maquillage et effets spéciaux) et pour finir la musique du film.

Commençons donc comme il se doit par le scénario du film. Force est de constater ici que, malgré une intrigue assez simple, l'histoire se suit agréablement, faisant osciller le spectateur tantôt vers l'angoisse et l'horreur, tantôt vers la détente et la relaxation avec quelques pauses humoristiques.
Le rythme est fort bien soutenu tout au long de ce film et vous procurera bon nombre de frémissements et d'interrogations quant à la résolution des mystères dont le long-métrage est pourvu. "Le veilleur de nuit" démarre sur les chapeaux de roue avec une séquence mettant en scène notre serial killer en prise avec sa victime qu'il poignarde sèchement dans le dos. Puis, le réalisateur fera tout pour nous tenir en haleine jusqu'à la fin de son film grâce notamment à cette façon qu'il a de vouloir nous faire frissonner à n'importe quel moment même quand il ne se passe rien. On retrouvera par ailleurs un certain motif que Bornedal réitère x fois durant son thriller, à savoir : tension / petite pause détente / mystère / tension / petite pause détente / mystère… Un protocole rondement bien maîtrisé par l'équipe du film qui permet ainsi de garder le spectateur attentif du début à la fin. Un schéma de narration simple mais efficace et qui doit son efficacité en grande partie à la musique du film composée par Joachim Holbek et Marco Beltrami et sur laquelle je reviendrai par la suite.



Il faut bien le reconnaître, si ce film fonctionne aussi bien, c'est en grande partie grâce à son casting remarquable, malgré qu'il soit toutefois très hollywoodien (que de têtes connues!). On retiendra plus particulièrement le personnage principal, Martin, interprété par l'un des beaux gosses d'Hollywood : Ewan McGregor ("trainspotting", les 3 premiers volets de la saga "star wars", "moulin rouge", "big fish", "the island", "la chute du faucon noir"...). Un rôle qui lui va comme un gant : une personne rangée, sérieuse (dernier semestre de fac de Droit), amoureuse, mais malheureusement très nerveuse et facilement influençable… A ses côtés, on retrouve l'acteur Josh Brolin ("les goonies", "mimic", "hollow man", "planète terreur"…) dans le rôle de James, le meilleur ami de Martin : quelqu'un de fier, prétentieux, blagueur et en mal être ("en manque de jouissance" comme il l'avouera dans le film). Une personne pouvant donc être vue comme une mauvaise fréquentation pour certains (Katherine, l'inspecteur Cray) ou, pour d'autres (Martin), comme un rigolo aimant pimenter sa vie rude d'étudiant en Droit. Encore un rôle bien interprété qui ne manquera pas de nous rappeler un certain John Travolta dans "carrie" de Brian De Palma… A ces deux personnages vient se rajouter un troisième personnage majeur en la personne de l'inspecteur Cray, joué par Nick Nolte ("48 heures", "48 heures de plus", "hulk", "la ligne rouge"…), figure emblématique d'Hollywood, connu pour ses rôles de brute attachante (on se rappellera l'excellente saga des "48h" avec Eddie Murphy). Une interprétation encore une fois réussie pour l'acteur américain qui joue ici un inspecteur intrigant et froid qui ne manque pas de nous interpeller quant à sa façon de travailler en solo…Passés ces trois personnages, il est intéressant de citer également Patricia Arquette ("freddy 3", "true romance", "ed wood", "à tombeau ouvert", "stigmata"…) interprétant Katherine, la copine de Martin. Bien que très dispensable comme actrice (son rôle étant bien mou, l'actrice ne nous faisant ressentir aucune émotion…), force est de reconnaître que son nom permet de gonfler encore un peu plus la liste des stars hollywoodiennes participant au long-métrage de Bornedal. Enfin, on retiendra dans ce casting le médecin de garde joué par une tête bien connue des amateurs de films de genre : Brad Dourif ("vol au-dessus d'un nid de coucou", "dune", "jeu d'enfant" et la saga des Chucky, "l'exorciste la suite", "critters 4", "trauma", "urban legend", "alien la resurrection", "le seigneur des anneaux : les deux tours"...). Encore une interprétation remarquable de la part de cet acteur peu commun : un rôle glacial, flippant et cynique à souhait qui suscitera chez le spectateur le plus vif intérêt.
Nous voici donc face à un casting performant et très professionnel qui nous distillera des dialogues fort corrects, simples à comprendre et en cohérence totale avec le fil conducteur de l'histoire (les hors-sujets et les longueurs ne sont pas monnaie courante dans ce film).

En ce qui concerne l'aspect visuel, là encore tout est planifié dans le but de procurer au spectateur un maximum d'angoisse et de frayeur. Les trois quarts du film se déroulent dans ce lugubre établissement où Martin travaille, avec ses longs couloirs étroits, sombres et silencieux. L'environnement est glauque à souhait : on suit notre veilleur de nuit dans ses rondes aux quatre coins du bâtiment médical, visitant des salles inquiétantes renfermant des étrangetés sous formol, des salles d'archives lugubres elles aussi… Mais la pièce la plus morbide et terrifiante reste sans conteste la morgue à proprement parlée située au fond d'un couloir au sous-sol de l'édifice et dont l'accès se fait par un ascenseur (un endroit qui nous rappellera sans hésitation la scène finale de "ré-animator" de Stuart Gordon).
Le directeur de la photographie, Dan Laustsen, et son équipe participent par ailleurs grandement à l'élaboration de cette ambiance glauque et sinistre. En effet, les effets de lumière sont nombreux tout au long du film et les sources d'éclairage sont diverses : la lampe torche du veilleur de nuit, les lampes du bureau de la sécurité, les multiples néons des couloirs… Ces uniques sources de lumière contribuent à ne laisser que de minces zones éclairées dans un noir total, renforçant ainsi le climat d'oppression des séquences se passant à l'intérieur du bâtiment médical. L'un des éléments essentiels du décor reste les néons, ces lampes qui éclairent plus ou moins bien les longs couloirs lugubres de l'établissement et qui dysfonctionnent au fur et à mesure que l'on s'approche de la terrifiante salle de morgue, comme pour signaler un danger occasionné par le passage du monde des vivants au monde des morts…
Concernant les maquillages et effets spéciaux, on sent que l'on touche ici le point faible du film, mise à part la simplicité de l'intrigue. En effet, à l'exception d'une scène sanglante, quelques giclées de sang et deux-trois cadavres bien réalisés dans la morgue, "le veilleur de nuit" ne contient aucune scène particulière dans ce domaine. Autant le dire de suite : ce film est fait pour faire peur et non pour vous en mettre plein la vue en terme de maquillages et d'effets spéciaux! Seules la démence du psychopathe et l'ambiance permise par les éclairages et la musique contribuent à faire de ce film un thriller horrifique plutôt bien réussi.



Comme promis, parlons de la bande originale du film. Comme signalé bien avant dans ma critique, la musique contribue en grande partie à instaurer ce climat si spécial qui alterne moments de tension et passages de détente prêtant à sourire tout au long de l'intrigue. Les séquences obscures nous montrant Martin dans ses rondes nocturnes ont principalement pour fond une musique au violon agrémentée par plus ou moins de chœurs : une bande son à la fois gothique et mélodieuse qui colle parfaitement à ces moments d'angoisse. Les passages plus inquiétants tels que la scène où le jeune homme remarque la disparition d'un corps se font sous une musique plus percutante avec entre autres de la guitare, du violon et des percussion sur cuivre. Les passages de détentes, comme je les ai appelés, sont principalement des séquences où Martin écoute son baladeur afin de ne pas s'inquiéter du silence qui domine dans la morgue et ainsi casser cette ambiance glauque qui le tétanise. Ces passages plus rythmés et relaxants sont réalisés avec des musique de divers registres, allant de l'opéra à la techno industrielle. Mais ce qui est prodigieux selon moi dans ce film, c'est cette façon de casser cette ambiance festive tout à coup en coupant cette musique joyeuse pour la remplacer par une autre plus sinistre sans que le spectateur n'ait le temps d'anticiper cette transition (l'exemple même du passage où Martin écoute à fond son baladeur et, une fois les derniers membres du personnel partis, se rend compte qu'il est seul dans cet établissement peu chaleureux : tout à coup, changement de registre et place à l'angoisse avec une obscurité quasi totale et une musique macabre). Une grande claque que cette bande originale!



Pour conclure, "le veilleur de nuit" est un bon petit thriller horrifique qui se permet de chatouiller certains genres tels que le film de tension (pour son incroyable ambiance à certains moments), le slasher movie (pour ses meurtres au couteau assez violents où le visage du tueur ne nous est pas dévoilé), le survival (pour son huit clos final) ou encore le teenage movie (pour les quelques scènes se déroulant à l'extérieur : fac, restaurant…). Au final, voici un petit ovni cinématographique à ranger plus du côté des thrillers horrifiques du fait de cette intrigue policière, aussi simple soit-elle toutefois… Une ambiance glauque rendue possible grâce à l'équipe de la décoration et à l'équipe du son qui ont fait ici un remarquable travail qui mérite d'être connu de tous les fans de thrillers horrifiques tels que moi. Une perle, peut-être pas mais un divertissement de très bonne facture : sans aucun doute!








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