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Mis au ban de la communauté scientifique pour ses hypothèses jugées fantaisistes, le sismologue Trevor Anderson découvre des annotations inscrites par son frère Max, disparu mystérieusement dix ans plus tôt au cours d'une expédition, sur son exemplaire du roman "Voyage au centre de la Terre", de Jules Verne. Grâce à ces notes et à une série de calculs, il réalise que les conditions géo-sismiques idéales sont réunies afin éventuellement de retrouver la trace de son frangin qui, comme lui, croyait que l'on pouvait explorer le centre de notre planète. Au moment où il s'apprête à partir pour l'Islande, Trevor se souvient qu'il avait promis à sa belle-sœur de garder Sean, son neveu et fils du regretté Max. Qu'à cela ne tienne, il l'embarque vers la froide contrée nordique où ils font la connaissance de la ravissante Hannah, fille d'un éminent scientifique ami de Max disparu de manière énigmatique lui aussi, qui leur servira de guide dans les montagnes islandaises. Tous trois accidentellement enfermés dans une grotte, ils se retrouvent par la suite prisonniers au centre de la Terre en essayant de trouver une issue. Au plus profond des entrailles de notre chère planète bleue, ils vont alors découvrir des mondes inexplorés et surtout qu'ils ne sont pas seuls…



Aux manettes de ce film d'aventures estival, on retrouve Eric Brevig, habitué à concocter et superviser des trucages sur des productions comme "Abyss", "Total Recall", "Men in black" ou encore "Le jour d'après" et qui signe ici, sa première vraie réalisation, si l'on excepte un épisode de la série télévisée "Xéna, la guerrière". Autrement dit, il n'est pas si novice que cela et surtout, ce n'est certainement pas un manchot en ce qui concerne les effets spéciaux. Notons pour l'anecdote qu'à travers certaines scènes (celle des wagonnets dans une ancienne mine et celle du tyrannosaure), Eric Brevig rend hommage à l'un de ses maîtres : Steven Spielberg "coupable" entre autres, de "Indiana Jones et le temple maudit" et de "Jurassic Park" auxquels le cinéaste fait d'indéniables clins d'œil.

Il est intéressant de noter que le tournage, 100% numérique a généré un véritable tour de force de la part des acteurs obligés de jouer devant des fonds bleus parfois sans réel partenaire ! Par ailleurs, Voyage au centre de la Terre 3D est le premier métrage à utiliser le "Fusion System", un système de caméra révolutionnaire co-crée par James Cameron permettant d'obtenir des plans filmés avec une flexibilité sans précédent. De plus, Brevig a aussi utilisé le procédé de "convergence active", un développement permettant d'intensifier l'effet 3D à l'écran. Le film a, en outre, été projeté en relief dans la plupart des salles grâce à un système de verres polarisants. Bref, que de la technologie de pointe me direz-vous ! Et ça rend quoi concrètement sur nos écrans ? aurez-vous envie de me demander.

Disons que ce long-métrage ravira une audience jeune ou facilement impressionnable et que le ridicule du script (le héros se sert quand même du livre "Voyage au centre de la Terre" comme d'un guide !) ne captera pas longtemps l'attention des fans de Jules Verne et surtout ne gagnera en aucun cas leur respect. Le film est en effet plombé par : un scénario utilisant des raccourcis et ellipses d'une simplicité confondante ; une évolution des personnages assez caricaturale avec le gamin renfrogné qui communique petit à petit et devient plus sympa au final, la jeune femme assez individualiste et renfermée (en même temps elle est islandaise et découvre deux gros balourds d'américains au début du film !) qui s'ouvre aux autres et enfin le héros, un scientifique incompris un peu perdu et désordonné qui, à travers moult aventures ressoude les liens familiaux et remet de l'ordre dans sa vie ; une "happy end" de circonstance ; des oiseaux scintillants ridicules et faisant trop "images de synthèse" ; des blagues parfois lourdes et convenues ; des segments de musique bizarres juxtaposés sans réelle cohérence en lieu et place d'une bande-originale de qualité ; des éléments dramatiques et de romance malheureusement mis de côté au profit justement de scénettes inintéressantes et peu fouillées alors que dans le film, on a quand même de l'émotion (voir la scène près de la tombe au bord de l'océan). En résumé, tout cela n'est pas très reluisant. Toutefois, le salut de "Voyage au centre de la Terre" version 2008 passe par la forte utilisation d'effets en 3D le rendant plus acceptable. Ces derniers, en effet, constituent des moments spectaculaires d'une grande clarté visuelle puisque voir des choses sauter littéralement de l'écran est proprement saisissant et rarement égalé jusque-là tant c'est hyper réaliste et tourné avec les dernières technologies de pointe en la matière comme dit précédemment. Ainsi, au niveau des effets spéciaux, on retrouve ça et là : une magnifique grotte tapissée de diamants, un tyrannosaure (devant être plus albinos à la base mais rendu plus foncé pour faire moins image d'animation), des plantes carnivores, un radeau devant braver une tempête sur un océan intérieur avec en fond un coucher de soleil de toute beauté, des poissons volants aux mâchoires acérées devant eux-mêmes faire face à des mastodontes (des plésiosaures pour être plus précis), une séquence de chute vertigineuse dans la cheminée d'un cratère où d'ailleurs la lave ardente du volcan pèse comme une menace permanente, une scène assez stressante de progression sur des rochers flottant au dessus du vide, j'en passe et des meilleurs. Donc de quoi largement satisfaire les amateurs de grands spectacles.


Côté casting, on retrouve Brendan Fraser, acteur dans des rôles sombres ("Darkly Noon"), comiques ("Première sortie", "Endiablé") mais qui revient, ici, à ses premières amours, à savoir : le film d'aventures familial à l'instar de la trilogie "La momie". Notons que Brendan a contribué au scénario, double casquette acteur/producteur exécutif oblige. A ses côtés, figurent une bien fade Anita Briem (entraperçue dans la série "The Tudors") et un jeune Josh Hutcherson (déjà vu dans le surprenant "Le secret de Terabithia") encore un peu mono-expressif dans son jeu d'acteur. En résumé, à part le père Fraser, fidèle à lui-même et carrément dans son élément, c'est un peu faiblard, mais bon, l'interprétation n'était pas ce que l'on recherchait avant tout dans ce long-métrage, énième adaptation cinématographique du prolifique Jules Verne.

D'ailleurs, parallèlement à ce sujet, on retrouve, au jeu des différences notables avec le classique de 1959 où figurait James Mason : l'utilisation du livre de Jules Verne comme guide cartographique, un oiseau bleu virtuel remplaçant une oie faite de chair et de sang dans le rôle du "sidekick", "une" et non "un" guide, un scientifique maladroit et marginalisé à la place d'un brillant professeur reconnu et admiré de tous, du comique lourdingue à la place d'un sérieux de circonstance, des explications pseudo-scientifiques tirées par les cheveux supplantant des commentaires rendus rationnels car fortement étayés…
Bref, arrêtons-là le catalogue comparatif. Vous l'aurez compris j'ai préféré la première adaptation cinématographique du roman même si côté SFX, ça fait désormais un peu cheap. Au moins, dans cette version, il y avait une âme et celle-ci restait beaucoup plus longtemps dans les mémoires !

En conclusion, ce long-métrage, dont la majorité des plans ont été tournés en Islande ainsi que dans les studios de Montréal, est alors fait pour les amateurs de parcs d'attractions et autres grands spectacles similaires : il faut le voir pour ce qu'il est, c'est-à-dire un pur produit de consommation distrayant sur le moment et ne pas s'attacher à ses clichés. On a là un film "pop-corn", donc du divertissement à l'état pur, appréciable quand on a laissé son cerveau et son sens critique à l'entrée de la salle ! A voir donc en famille muni de ses lunettes en 3D, sinon ça n'en vaut pas la peine.






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