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Le docteur Abbot réussit à s'accaparer d'Eve, la mutante qui avait été clonée à partir de la mutante Sil et qui agonisait suite à son combat acharné contre le mutant Patrick Ross. Le kidnappeur n'a qu'une idée en tête : prélever de l'ADN d'Eve afin de l'étudier et de l'utiliser pour donner naissance à un extraterrestre viable, fertile et inoffensif vis-à-vis de l'espèce humaine. Mais l'enlèvement tourne au cauchemar quand le docteur Abbot assiste, impuissant, au meurtre d'Eve par l'un des enfants que le mutant Patrick avait eu avec une humaine quelques jours auparavant. Mais avant de mourir, Eve parvient à donner naissance à son enfant qu'elle portait, suite à son union avec le mutant Patrick. Pris de panique et désireux de préserver l'enfant d'Eve, qui était une source d'ADN quasi pure, le docteur Abbot s'enfuit dans la forêt avec le bébé sous le bras. Durant plusieurs jours, notre cher docteur va garder dans sa cave sa petite protégée, au doux nom de Sara, jusqu'à ce qu'il apprenne que les enfants du mutant Patrick courent toujours dans la nature et s'avèrent être une menace pour la jeune Sara et lui-même.



Née en 1995, la saga de "la mutante" perdure au vingt et unième siècle avec un troisième opus intitulé à juste titre "la mutante 3" qui sort directement en dvd. Le premier opus avait remporté un large succès auprès des fans de fantastique grâce notamment à une histoire originale, agrémentée d'effets spéciaux réussis et de multiples péripéties, et servie par un casting remarquable mené tambours battants par la belle actrice canadienne Natasha Henstridge ("Ghosts of Mars", "mon voisin le tueur"…), récompensée pour son rôle de mutante si sexy et cruelle à la fois. Trois ans plus tard, en 1998, un deuxième volet sort, certes moins bien réussi que son aîné mais très divertissant et visuellement plus beau. En effet, ce second opus possède de bien meilleurs effets spéciaux et de nombreux effets gores parsemés tout au long du film qui en font au final une assez bonne suite dans l'ensemble, assez fidèle au premier opus (certains acteurs, dont Natasha, ont été gardés, les références au premier film sont présentes et les enjeux sont toujours les mêmes : retrouver le mutant et le neutraliser avant qu'il ne s'accouple) même si le long-métrage de Peter Medak souffre cruellement de son casting vu à la baisse et de ses longueurs trop présentes.

Mais il faudra attendre 6 longues années pour voir arriver le troisième volet de "la mutante". Réalisé par Brad Turner, personne peu connue dans le monde du grand écran (celui-ci a surtout réalisé des épisodes de séries à succès telles que "Stargate SG1", "Au-delà du réel", "24 heures chrono"…), ce troisième volet attire bon nombre de curieux et de fans de la première heure de la saga qui se ruent dans les vidéoclubs pour mettre la main sur ce qu'ils espèrent être la pierre manquante à l'édifice, le volet qui clôture magistralement l'une des trilogies fantastiques les plus honnêtes de cette fin (et début) de siècle. Malheureusement, cette sortie direct-to-vidéo ne laissait déjà pas espérer grand-chose de bon, force est de reconnaitre que le film fait l'effet d'un pétard mouillé auprès des fans de la série… Mais que s'est-il donc passé? Que vaut réellement ce troisième volet de la saga de notre mutante préférée? Pour le savoir, analysons de suite le long-métrage et essayons de voir ce que notre mutante de troisième génération a dans le ventre.



Alors que l'on pouvait reprocher à "la mutante 2" son manque d'originalité dans son scénario, sa suite tente de palier à ce problème rencontré en 1998 en nous offrant une histoire bourrée d'éléments et de dialogues à tout va qui, au final, renversent et déstabilisent totalement la donne. En effet, nombreux sont ceux qui reprocheront à Dennis Feldman (le scénariste des trois opus) d'avoir voulu faire une intrigue bien trop complexe pour un film fantastique destiné à divertir plus qu'à faire réfléchir sur des manipulations génétiques et autres protocoles biomoléculaires. Le script s'enlise dans un tourbillon de complexité, que ce soit à cause des données scientifiques (nous ne sommes pas tous des connaisseurs en génétique), de certains dialogues peu compréhensibles ou encore de situations incohérentes (je pense entre autres à une scène où une fille du mutant Patrick, avant de tuer sa proie, décide de l'embrasser farouchement, on ne sait pourquoi…). Certes, le scénario semble plus travaillé mais le résultat est au final bien pire en raison de ces anomalies scénaristiques omniprésentes tout au long du métrage. En toute franchise, on peut d'ailleurs se surprendre, en milieu de film, à se poser des questions sur des éléments auxquels on ignore totalement les réponses tellement le script est brouillon au possible... A cela ajoutons un rythme parfois monotone, des dialogues creux et dispensables, qui poussent le spectateur à la somnolence plus qu'à l'attention.
Les scènes d'action sont pour la plupart très mal réalisées (il faut voir la bagarre entre deux mutants qui semblent plus se donner des gifles et des petites tapes que des coups, ou encore la scène de la confrontation finale qui s'éternise à n'en plus finir…) et enfouissent définitivement les derniers espoirs pour le spectateur de sortir de ce "coma scénaristique". Il semble bon de remarquer d'ailleurs que Brad Turner semble vouloir nous faire oublier le manque de rythme et le vide de certaines séquences en nous offrant des scènes de nudité (uniquement pour les hommes par contre, les femmes hétéros peuvent continuer à s'ennuyer et à croiser les bras en soupirant! RIRES!) : les actrices ont d'ailleurs de très belles plastiques, principalement Amelia Cooke (il est certain que le réalisateur voulait rajouter cette touche sexy à son film, le doute n'étant plus possible quand on est face à cette scène où, on ne sait pas pourquoi, notre mutante se regarde dans une glace et commence à découvrir sa poitrine et à se palper les seins, du grand n'importe quoi!).



Parlons un peu des personnages à présent. Les dialogues sont distillés par un casting de plus en plus amateur au fil des épisodes (ah, il est bien loin le premier volet!) et on ne retiendra malheureusement de celui-ci que Robert Knepper (alias T-Bag dans la série "prison break" mais vu également dans "phantoms", "otage" ou encore "hitman") dans le rôle du docteur Abbot, un être à deux faces : l'une sérieuse (professeur en faculté) et l'autre machiavélique et avide de gloire (opérations clandestine, kidnapping). Les actrices (sans être misogyne! RIRES!) sont tout simplement décevantes : Sunny Mabrey (vue dans "one last thing…", "xxx 2 triple x" ou encore "des serpents dans l'avion") est quasi inexpressive et effacée dans son rôle de la mutante Sara (alors qu'elle doit être le personnage central du film ne l'oublions pas) tandis qu'Amelia Cooke, jeune et belle actrice encore inconnue, joue l'une des filles du mutant Patrick (un "croisement" comme ils disent dans le film, car issue de la reproduction entre un mutant et une humaine) d'une façon naïve et surjouée qui exaspère énormément dans la deuxième partie du film. Restent deux-trois acteurs tels que Robin Dunne ("big hit", "sexe intentions 2"…) dans le rôle de Dean, un jeune branleur doué pour la tchatche, un personnage sans grande envergure qui, on ne sait pourquoi, réussit toutefois à obtenir le deuxième rôle du film. Notons tout de même pour se rassurer un petit peu l'apparition de Natasha Henstridge ("la mutante", "la mutante 2") dans la scène d'introduction du film, bien trop peu hélas…

Passons l'aspect scénaristique fort décevant de ce troisième opus de "la mutante" pour nous consacrer à l'aspect visuel du long-métrage. Que retiendrons-nous de cet opus? Hé bien, malgré que le niveau soit plus relevé dans ce registre, le tout reste très banal : les effets visuels, sans être mauvais, sont tout juste moyens même si l'on note des bonnes choses par-ci par-là comme deux-trois scènes sanglantes (une bonne petite scène poisseuse d'autopsie, une attaque frontale très vive avec au final un double perçage de la boîte crânienne, une explosion de cage thoracique avec sortie de tentacules, deux-trois éléments de putréfaction sur le visage et le buste…) mais rien ne vaut, en termes de scènes saignantes, les scènes du deuxième opus, indéniablement le plus sanguinolent des trois épisodes.
Mises à part les scènes "gores", on remarquera que le design de la mutante est sensiblement le même que celui de l'opus précédent, peu de nouveautés sur ce point-là. La chose qui pourra par contre nous enthousiasmer est la présence de plusieurs mutants (un mutant de deuxième génération, un autre de troisième génération et quatre croisements, ainsi qu'un petit dernier en fin de film, peu intéressant celui-là). On retrouve par ailleurs certains éléments qui faisaient le charme du premier opus tels que la phase évolutive avec la chrysalide pleine de mucus permettant ensuite la libération du mutant adulte, ou encore le changement de couleur des yeux (toujours aussi bien rendu à l'écran). Beaucoup d'acquis donc et peu de réelles nouveautés pour ce troisième volet.



Cessons de nous éterniser sur le sort de ce malheureux opus pour en venir à une petite conclusion. Nous retiendrons donc de cette deuxième suite beaucoup de défauts sur l'aspect scénaristique : trop de longueurs, d'incohérences et de dialogues creux et vagues, des scènes d'action dépourvues de fluidité et de réalisme (principalement dans les confrontations) et un casting très peu méritant. D'un point de vue visuel, la barre est misée plus haute que pour le script avec des effets convenables sans pour autant déplacer des montagnes. On regrettera tout de même un manque indéniable d'originalité à ce niveau (trop de choses reprises des deux opus précédents).
Bref, sans pour autant être nul, ce film est plutôt mauvais et frustre plus qu'il ne réjouit. A voir pour les inconditionnels des deux premiers opus, les autres passez votre chemin, il n'y a pas grand-chose à découvrir…








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