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Tony Stark a tout pour plaire : c'est un américain devenu milliardaire grâce à l'entreprise paternelle de vente d'armes plus que florissante qu'il a reprise aux côtés d'Obadiah Stane, fidèle ami de son père. Mais c'est également un playboy, drôle et mondain multipliant les conquêtes et en plus, comme si cela ne suffisait pas, c'est un inventeur de génie qui a fait ses études au MIT (Massachussetts Institute of Technology), l'équivalent de notre chère école polytechnique. Un beau jour, à la suite d'une campagne promotionnelle d'une de ses nouvelles inventions en Afghanistan, il se retrouve kidnappé par un groupuscule revendicateur quelconque qui le force à construire, caché dans les montagnes, une arme redoutable. Aidé par un autre savant séquestré lui aussi, il fabrique alors une armure révolutionnaire qu'il utilise pour s'échapper. Comprenant les implications que peut désormais susciter cette "enveloppe métallique high-tech" et se rendant compte de sa puissance, il décide, une fois de retour aux Etats-Unis, de la perfectionner et de l'utiliser pour faire régner l'ordre et la justice dans le monde sous le nom d'Iron Man …



Après "Spider-Man" en 2002, ses deux suites de 2004 et 2007, "Hulk" en 2003 et sa séquelle bientôt sur nos écrans, ou encore "Les 4 fantastiques" (2005) suivi de "Les 4 fantastiques et le surfer d'argent" en 2007, mais aussi la trilogie des "X-Men" (2000, 2003 et 2006), voici à nouveau les aventures d'un héros issu des comics-book américains portées à l'écran. C'est l'illustre Stan Lee, "papa" de tous les héros précités et également producteur exécutif de l'adaptation cinématographique, qui créa le personnage atypique d'Iron-Man/Tony Stark en 1963, en s'inspirant directement de la vie d'Howard Hugues, célèbre aventurier et inventeur, grand séducteur devant l'éternel. Pourquoi atypique ? Tout simplement parce qu'il dénote du super-héros habituel : il ne doit ses pouvoirs qu'à lui-même car il n'a ni été piqué par un insecte radioactif, ni subi de mutation biologique et n'est pas non plus un extraterrestre en provenance d'une insignifiante galaxie lointaine. C'est également un riche industriel qui invente des machines de guerre, autrement dit une personne peu prisée par l'opinion publique. Néanmoins, c'est un type attachant car il est élégant, séduisant, drôle et surtout altruiste car il veut sauver le monde à l'aide de son armure très sophistiquée. Les lecteurs peuvent ainsi facilement s'identifier à lui grâce à l'empathie qu'il génère, d'autant qu'il souffre d'un problème cardiaque : il a donc une faille et est humain avant tout !

Avant de se lancer de plain-pied dans la critique de ce film fantastique, il m'a semblé nécessaire de vous parler de tout le buzz qu'il y a eu autour afin de bien circonscrire notre sujet et de voir que tout n'a pas été si facile. Ainsi, depuis une vingtaine d'années, l'adaptation d'Iron Man suscite de nombreuses convoitises de la part des réalisateurs et des acteurs. C'est tout d'abord Stuart Gordon ("Re Animator") qui loupe de peu le coche début 90, même Quentin Tarantino et Josh Whedon ("papa" de Buffy) montrent leur intérêt envers l'homme métallique. Vains efforts. Côté acteurs, Nicolas Cage et Tom Cruise crient leur passion pour Tony Stark. Sans succès. A la surprise générale, c'est finalement Jon Favreau qui sera choisi pour mettre le film en scène avec Robert Downey Jr. dans le rôle-titre. Mais Jon Favreau, qui c'est ce gars-là ? me direz-vous. En fait, vous le connaissez déjà. Mais si, rappelez-vous, il a déjà réalisé "Zathura : une aventure spatiale", vous ne voyez pas ? Bon d'accord, il a joué dans "Deep impact", "Very bad things" et un rôle récurrent dans la saison 3 de la série Friends (un milliardaire en plus !), toujours pas ? Bon dernier indice : c'était lui qui incarnait le meilleur ami de Ben Affleck dans "Daredevil". Enfin bref, tout ça pour dire que les studios Marvel ont fait confiance à ce passionné de comics pourtant pas très aguerri et pas très connu dans l'exercice difficile du métier de cinéaste. Sacré pari ! Osé également, le choix de Robert Downey Jr. ("Zodiac") dans le rôle de Tony Stark. En effet, l'acteur se tape une sale réputation au sein d'Hollywood : c'est un noceur et drogué notoire qui va souvent en cure de désintoxication.

Parallèlement à ça, de nombreuses rumeurs ont circulé avant la sortie du long-métrage. Samuel L. Jackson, Hilary Swank et William Hurt devaient faire des caméos dans le film. De même qu'un personnage de "L'incroyable Hulk" devait apparaître dans "Iron Man" et inversement, selon un accord mutuel entre les producteurs. Résultat, les seuls caméos authentifiés sont ceux de Stan Lee, Jon Favreau et celui du rappeur Ghostface Killer, membre du Wu-Tang Clan et fan ultime du comics.

Bon, résultat des courses, il est bien ou pas le film ? avez-vous envie de me demander depuis deux bonnes minutes. Il est certain que lorsque l'on apprit que Jon Favreau était aux commandes d'une telle entreprise, on pouvait légitimement s'inquiéter. Et bien, il s'en sort plutôt bien le bougre. Avec un grand professionnalisme il a su mener sa barque. Le film est à la fois amusant, dramatique et harmonieux. On a finalement un petit blockbuster avec l'essentiel de ce qui a rendu le comics si populaire : de l'action, de la mythologie avec un sens de l'aventure et un sens de l'humour évidents. Jon Favreau ne nous noie jamais sous un amas d'émotions, ne nous ruse en aucun cas avec des gags ou des blagues éculés. Non, au lieu de ça, il nous livre-là un film sincère fait par un vrai fanboy et il nous ouvre également des perspectives alléchantes quant à une suite possible. Il arrive habilement à nous montrer l'origine du super-héros tout en distribuant les informations une à une, de manière fort bien orchestrée et parfois duelle. Ainsi, il peut nous présenter Tony Stark dans son laboratoire souterrain affairé à l'amélioration de son armure avec en fond, un écran télé nous racontant ce qu'il se passe dans le monde, notamment au Moyen-Orient où son entreprise a des implications de tous ordres. En tant que spectateurs, nous assistons en direct, et c'est là un autre point fort du film, à la transformation d'un protagoniste aussi bien d'un point de vue technique (chaque stade du perfectionnement de l'armure métallique est montré, aussi bien les échecs que les réussites) mais aussi et surtout humain : Tony Stark est un homme se posant beaucoup de questions et il prend véritablement conscience de son rôle de héros dans des conditions extrêmes. Iron Man est donc un métrage sur la rédemption d'un homme au début suffisant mais au final héroïque.

Toutefois, le vrai succès du film, on le doit avant tout à la formidable interprétation de Robert Downey Jr. Ce qu'il y a de bien avec lui, qui frôle la quarantaine, c'est que les studios Marvel n'aient pas voulu faire d'Iron Man un personnage plus jeune et donc changer un peu la donne du matériau d'origine, tout le contraire des "4 fantastiques" en fait. Du coup, il est crédible car ce n'est plus un jeune premier. Tantôt sarcastique, tantôt attachant, il arrive à nous surprendre par son jeu riche en émotions : celles d'un homme accompli mais qui se remet quand même en question. Passer du personnage d'antihéros antipathique limite hautain au héros attachant ayant des faiblesses c'est la performance qu'arrive à produire notre ami Robert. Et ce n'est pas rien, je vous assure ! Il est proprement génial, n'ayons pas peur des mots ! Il s'est également beaucoup impliqué dans l'écriture du scenario et s'est astreint à un entraînement physique des plus intenses. Bref, le rôle de sa vie ?En ce qui concerne le reste du casting, ils sont tous très bons. Jeff Bridges est méconnaissable physiquement (il est totalement chauve avec une énorme barbe) mais joue parfaitement le rôle de l'ami de la famille, deuxième père de Tony Stark. Terrence Howard, le colonel Rhodes est également impeccable dans le costume du meilleur ami du héros et enfin, Gwyneth Paltrow est parfaite en Pepper Potts, assistante du milliardaire avec laquelle il a une relation ambiguë, ce qui ajoute un peu de piment au métrage, d'où peut-être le prénom de l'héroïne...

N'oublions pas que c'est avant tout un film d'action. Alors arrêtons d'encenser les acteurs et louons les effets spéciaux, également très brillants. D'ailleurs ceux-ci ont été l'affaire d'un orfèvre en la matière : le très renommé Stan Winston qui a déjà œuvré pour "Jurassic park 2 : le monde perdu", "Terminator 2", "Aliens le retour", j'en passe et des meilleurs. Il faut voir les scènes où Iron Man vole au milieu des avions de combat, où il se bat contre un autre homme à armure ainsi que celles où Tony Stark est en train de créer sur ordinateur des parties de son armure à l'aide de reproductions holographiques en 3D, c'est proprement stupéfiant !

Autre point clé également : c'est la seule adaptation de comics discutant ouvertement du traumatisme du 11 septembre et abordant des thèmes en prise directe avec notre société et le monde d'aujourd'hui (ici, les méchants sont, au début, des terroristes), ce qui favorise l'identification des spectateurs encore plus et rend le métrage plus intéressant. Et oui, je ne suis pas un puriste dans l'âme !

Alors certes, d'aucuns pourraient arguer du fait qu'il y a moins de scènes d'action que de scènes de présentation du personnage principal mais c'est un parti pris du réalisateur qui a voulu intelligemment construire des bases solides d'une franchise ma foi fort sympathique car constituant un film popcorn où tout le monde y trouve son compte, qu'on soit adulte, teenager ou "adulescent" !

Pour moi, c'est le premier véritable blockbuster de 2008 mais avec une âme en plus. Chose étonnante, l'intérêt majeur ne vient pas des scènes d'action (par ailleurs très réussies car les scènes de combat sont distillées avec beaucoup de punch et de talent), mais du tour de force de Robert Downey Jr. (arrogant, héroïque et désopilant à la fois) et d'un script très solide qui nous introduit efficacement l'homme de fer et sa genèse puis nous aiguille vers une possible série à développer. Bref, humour, classe, action : ce film assure quand il faut et où il faut et ne souffre d'aucun temps mort. Il remplit donc parfaitement sa fonction initiale : nous divertir, un point c'est tout ! Comme vous avez pu le remarquer, j'ai passé un agréable moment et j'irai voir le 2 en courant ! Faites-en autant pour le 1 !