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Réalisation
Brian Yuzna

Scénariste
Richard Dana Smith

Date de sortie
1998

Genre
tueurs fous

Tagline


Cast
Corbin Bernsen
Jillian Mc Weirter
Jim Antonio
Linda Hoffman
Clint Howard…


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Alan Howarth

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.4
(25 votes)
Suite à une folie meurtrière perpétrée au sein de son cabinet car sa femme lui avait été infidèle, le docteur Feinstone est emprisonné dans un hôpital psychiatrique durant plusieurs années. Mais celui-ci réussit à s'échapper en prenant en otage sa psychiatre et décide de s'installer dans une petite bourgade du Missouri du nom de "Paradise" pour y refaire sa vie. Sous le faux nom de Caine, il parvient à se faire oublier et rencontre même une jeune femme, employée de banque, au doux nom de Jamie. Mais la vie n'est pas si rose pour notre docteur qui ne réussit pas à se défaire de ses démons. Ses crises et ses pulsions meurtrières ne cessent de le torturer jusqu'au jour où il assassine le dentiste de Paradise, le docteur Burns. Feinstone décide de cacher le corps et se voit, quelques temps après, confier le cabinet de sa victime. Le dentiste fou retrouve alors sa vie antérieure : sa sécrétaire, sa salle d'attente, ses patients… Tout semble aller pour lui mais des choses se trament dans son dos : son ex-femme a engagé un détective afin de le retrouver, un certain Robby tourne autour de Jamie, une employée de la mairie persuadée qu'il ment sur son passé cherche des preuves pour l'inculper pour fausse identité… Mais ce que tout ce petit monde ne sait pas, c'est que notre dentiste n'est pas encore véritablement soigné!



En 1996, Brian Yuzna (réalisateur sur "la fiancée de Ré-animator", "le retour des morts vivants 3", "necronomicon", "faust" ou encore "beyond Ré-animator" et producteur sur "Ré-animator" et "dolls" de Stuart Gordon ainsi que sur "arachnid" et "la nonne" plus récemment) sort un petit film qui deviendra vite un film culte des années 90 : "le dentiste". Un film qui nous montre la folie d'un homme, le docteur Feinstone, qui va torturer dans de terribles souffrances ses patients, ses employés et même sa femme suite à l'infidélité de celle-ci! Un concept vraiment bien trouvé qui va puiser dans nos peurs et nos angoisses les plus profondes qui ressurgissent, pour beaucoup de personnes, quand l'heure du rendez-vous chez le dentiste se rapproche. L'occasion pour Brian Yuzna de nous montrer le talent exceptionnel de l'acteur jouant le rôle clef de l'homme de médecine : Corbin Bernsen. Complètement fou et délicieusement gore, "le dentiste" nous plonge en pleine séance de tortures, d'opérations sanguinaires sans anesthésie et de charcutage de dents et gencives à tout va. Les amateurs de films gores apprécient et le film reçoit un accueil des plus favorables.



Suite au succès de son film, Brian Yuzna compte profiter du filon et retrouve à nouveau le producteur Pierre David pour donner naissance à la suite directe du premier opus en 1998. Mais qu'en est-il vraiment de ce deuxième volet des aventures du docteur Feinstone? Pour le savoir, plongeons-nous dans le monde malade de notre cher dentiste et analysons ensemble comme il se doit le film de Brian Yuzna.

Brian Yuzna le dit avec franchise lorsqu'il parle de son film "le dentiste 2" : "Il est moins bien réussi mais possède tout de même de bons moments ; le public veut revoir le même film mais risque d'être déçu s'il lui ressemble trop : il faut le faire juste assez différent". Et différent, "le dentiste 2" l'est. Plus loufoque (notamment sur la fin) et plus comique que son prédécesseur, Brian Yuzna parle même de parodie du premier opus. En effet, certaines phrases et situations prêtent à rire aux éclats et le film se voit alors bien moins angoissant que l'épisode précédent malgré que l'on retrouve à nouveau un huit-clos en deuxième partie de film, toujours dans un cabinet dentaire.
"Le film a coûté encore moins cher que le premier, déclare Brian Yuzna, le tournage n'a duré que 18 jours!". Avant de tourner "le dentiste 1", Brian Yuzna s'était donné pas loin de deux ans de réflexion pour remodeler le scénario, ce qui n'a pas du tout été le cas pour la suite en raison notamment de la faible disponibilité de l'acteur Corbin Bernsen que le réalisateur voulait retrouver à tout prix dans ce deuxième opus. Ainsi, durant le tournage, Brian Yuzna et son équipe passaient 3 à 4h à réécrire les passages qu'ils allaient tourner le lendemain : une cadence infernale pour un résultat dont Brian Yuzna est certes un peu déçu mais dont il prône toutefois quelques qualités qui le différencient du premier opus. "Je pense que l'on n'atteint jamais le niveau qu'on visait, "le dentiste 2" n'est pas achevé comme on le désirait. Cette suite n'a pas été faite aussi méticuleusement que son prédécesseur, il est moins sophistiqué, n'a pas la même rigueur dans les plans; les scènes sont moins recherchées, moins bien travaillées. Toutefois, cet opus est plus sombre par moment et ressemble plus à un film d'horreur classique dans sa globalité". En effet, malgré une divergence volontaire vers le registre de la comédie horrifique, le film s'avère parfois être bien plus sombre que le premier opus qui, lui, se déroulait souvent en plein jour (ici, Brian Yuzna nous gratifie d'un huit-clos dans un cabinet dentaire bien moins éclairé : une vieille maison sombre et vétuste). On pourra également mentionner que "le dentiste 2" ne souffre quasi pas de temps morts et que la moindre faiblesse du scénario est comblée par quelques touches d'humour que l'on ne retrouvait pas si facilement dans le premier volet (référence notamment à l'une de mes scènes favorites où Feinstone, en pleine opération avec une patiente, harcèle Jamie en la questionnant sur l'homme qui lui tourne autour, si bien qu'il commence à s'énerver, ce qui ne rassure pas la patiente qui fait tout pour le calmer, les ustensiles stérilisés dans la bouche, de peur qu'il dérape dans son travail). Un rythme très bien maintenu (dès le début, Feinstone raconte à sa psychiatre comment il a charcuté sa femme : une séquence bien saignante d'entrée de jeu!) et qui nous propulse de plein fouet dans une démence qui va crescendo, à la manière du premier volet, et qui s'avère très jouissive par moments.



En ce qui concerne le casting, celui-ci est de fort honnête facture. Bien entendu, comme dit précédemment, on retrouve ce cher Corbin Bernsen (vu dans "le dentiste", "raptor" et surtout beaucoup de séries américaines : quasi la globalité de sa carrière s'est faite sur des apparitions dans des épisodes de séries télé) dans la peau du docteur Feinstone ainsi que Linda Hoffman ("le dentiste", "volte-face"…) dans le rôle de son ex-femme en quête de vengeance Brooke Sullivan. Les deux acteurs sont toujours aussi bons, une mention plus particulière pour Corbin Bernsen encore plus déjanté que dans le premier opus, livré à une schizophrénie délirante le poussant à des excès sanguinaires (références à des scènes de folie comme celle où il s'enduit le visage de sang en ricanant comme une hyène ou encore celle où il délire totalement, des clous enfoncés dans le visage!). Brian Yuzna est également fier de l'apparition de l'acteur Clint Howard ("ticks attack", "Ken le survivant", "Austin Powers", "the house of the dead", "halloween le remake"…) qu'il considère comme un très bon élément. En effet, il sera la deuxième victime de Feinstone et nous fera l'honneur d'une séquence hilarante une fois de plus, celui-ci découvrant la véritable identité de son dentiste et désirant s'en aller alors par tous les moyens… Pour ce qui est du casting, je ne m'attarderai pas dessus, juste dire que l'on peut retenir une excellente prestation des acteurs et actrices jouant les victimes de notre malade sanguinaire : on retiendra plus principalement la grande scène de torture dont Brian Yuzna est très fier et qui met en scène une actrice excellente dans son rôle, allongée sur le siège d'opération, les jambes et les mains solidement attachés, et poussant des cris à chaque arrachage de dents. LA scène du film sans aucun doute!

Pour ce qui est des effets spéciaux, là aussi le film nous en donne pour notre argent. Même si certaines scènes restent softs (un coup de marteau dans le dos…), notre dentiste nous montre qu'il sait manier divers instruments : seringue, marteau, cloueuse, sans oublier les classiques mais efficaces fraise et pince! (certainement ce qui fait toujours le plus d'effet). Encore bon nombre de débordements gores, notamment dans la longue scène de torture citée précédemment où le docteur Feinstone invente un nouveau jeu (que je vous déconseille de faire chez vous! RIRES!) dont le but est de mettre le nerf d'une dent à nu et de donner des grands coups dessus quand la victime ne répond pas correctement aux questions posées par notre grand malade! Certes, certains effets spéciaux, comme dans le premier opus, sentent bons l'amateurisme mais la plupart sont toutefois de très bonne facture et seraient susceptibles de fortement choquer les âmes les plus sensibles ou les personnes souffrant déjà de multiples angoisses rien qu'à l'idée d'aller chez le dentiste! RIRES!



Enfin, finissons comme d'habitude par une petite note sur la musique du film (quel jeu de mots, je ne l'avais pas encore fait celui-là!) pour dire que celle-ci rappelle sans conteste celle du premier volet. En fait, on peut distinguer trois environnements musicaux différents. Le premier est teinté de musique country et nous peint la quiétude et la tranquillité de cette petite bourgade située en plein cœur du Missouri dans laquelle les terribles évènements vont se produire. Le deuxième environnement musical est doté d'une musique d'opéra (du classique agrémenté de voix de ténors italiens) et rappelle l'univers silencieux et propre de la salle d'opération (avant que notre ami n'opère bien-sûr). Enfin, on retrouve des passages plus romantiques entre le docteur Feinstone et Jamie orchestrés par une musique plus harmonieuse faisant la part belle aux violons. Une bonne bande originale que celle-ci qui se marie fort bien avec les diverses ambiances que suggère le film.

Au final, même s'il reste nettement inférieur au premier volet, "le dentiste 2" nous gratifie toujours de bonnes scènes gores perpétrées par un acteur hors du commun : Corbin Bernsen. Plus comique mais moins méticuleux (la faute à un manque de temps pour le préparer), "le dentiste 2" n'en demeure pas moins une très bonne suite allant chercher toujours plus loin dans nos angoisses les plus profondes suscitées par la simple vision du cabinet dentaire.