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Suite à l'émission dans l'espace de messages révélant notre présence au sein du système solaire, une équipe scientifique reçoit une réponse contenant la description d'une nouvelle séquence d'ADN. Dans la plus grande confidentialité, des chercheurs vont reproduire ce code génétique dont ils ignorent l'essence puis vont l'implanter dans une centaine d'ovocytes humains, dans l'espoir qu'au moins l'un d'eux donne des traces de développement. Mais, à la grande surprise des scientifiques travaillant sur ce projet tenu secret, le développement embryonnaire tant espéré s'avère fort impressionnant : en effet, les multiplications cellulaires sont telles qu'ils obtiennent un bébé, du nom de Sil, au bout de quelques jours seulement! Cependant, au fur et à mesure que l'enfant grandit, l'équipe de scientifiques remarque que celui-ci a des spasmes et des angoisses bien trop violents, de telle sorte qu'ils décident de stopper leurs recherches et de mettre un terme aux souffrances de leur mutante en l'asphyxiant. Mais l'opération se passe mal et l'extraterrestre parvient à s'échapper, laissant derrière elle cadavres sur cadavres. L'heure est grave pour le chercheur Xavier Fitch, le dirigeant des opérations, qui forme alors un groupe de professionnels pour retrouver la mutante et l'anéantir. Mais la situation est d'autant plus critique que Sil, en partance pour Los Angeles, a mué et est devenue une femme bien décidée à s'accoupler pour assurer sa descendance…



Voilà un petit film fantastique bien sympathique à regarder! Même si le scénario ne brille pas par son originalité, le réalisateur Roger Donaldson a réussi à en faire un long-métrage captivant, mené tambours battant par une pléiade d'acteurs fort crédibles dans leurs rôles respectifs et bénéficiant de quelques effets spéciaux bienvenus. Voyons de ce pas les qualités et points faibles de ce film qui a su se faire une place dans le cinéma fantastique des années 90.

Malgré une idée de départ assez simpliste (une mutante dangereuse créée dans un laboratoire secret s'enfuit et sème la terreur partout où elle passe, d'où la nécessité de la neutraliser), "la mutante" a l'avantage de ne présenter aucun temps mort, chose assez rare dans les films fantastiques ou de science fiction. En effet, dès le début du film, on est plongé dans une évasion suivie d'une course poursuite dans un train où notre fugitive va tuer sans pitié deux personnes. Une fois arrivée à Los Angeles, les choses vont s'accélérer pour notre chère Sil et les meurtres vont s'accumuler dans une chasse à la mutante qui ne laissera aucun répit au spectateur. On prend plaisir à voir notre extraterrestre évoluer dans ce monde qu'elle ne connait pas : rapidement, elle va apprendre à parler notre langue (et même à lire sur les lèvres!), comprendre la valeur de l'argent, l'importance des réseaux informatiques et téléphoniques pour la transmission des informations… Mais ce qu'elle va surtout comprendre, c'est qu'elle est une femme, ce qui lui donne l'opportunité de donner vie à une progéniture. Très vite, elle va se rendre compte que la séduction et la ruse sont des qualités qu'elle doit avoir pour réussir à trouver un partenaire sexuel. Elle va alors partir à la recherche d'un homme beau, riche, classe et sain, mais cette quête ne va pas être un jeu d'enfant pour notre mutante qui va rapidement comprendre que dans ce monde cohabitent des êtres pervers, des rivales mais également des gens qui la traquent pour l'empêcher de s'accoupler… Un scénario à rebondissements donc et qui se veut exaltant du début à la fin, les péripéties ne manquant pas tout au long du film et l'on suit aisément en parallèle d'un côté notre mutante qui multiplie les méfaits durant sa quête amoureuse et de l'autre côté notre groupe de traqueurs qui suit les cadavres dans l'espoir de tomber dessus un jour ou l'autre…



Pour ce qui est du casting, pour être franc je n'ai pas grand-chose à lui reprocher, les acteurs jouant fort bien leurs rôles et n'étant pas trop stéréotypés comme c'est souvent le cas dans les films fantastiques. Dans la peau de la mutante Sil, on retrouve la belle Natasha Henstridge ("la mutante 2", "risque maximum", "ghosts of mars", "mon voisin le tueur"…) dont la performance dans son rôle d'extraterrestre a été récompensée par un MTV Movie Award. Dans le groupe qui la traque, on retrouve un médium joué par un brillant Forest Whitaker ("platoon", "good morning viet-nam", "bird", "ghost dog", "panic room", "phone game"…), un professeur d'anthropologie un brin timide et rêveur interprété par Alfred Molina ("les aventuriers de l'arche perdue", "dead man", "identity", "spiderman 2", "da vinci code"…), un docteur en biologie moléculaire fort charmante jouée par Marg Helgenberger ("pour toujours", "bad boys"…), un tueur macho et cynique interprété par Michael Madsen ("thelma et louise", "sauvez willy", "reservoir dogs", "kill bill"…) et enfin le chef de troupe qui n'est autre que Ben Kingsley (connu pour son rôle dans "gandhi", mais vu également dans "la liste de Schindler", "oliver twist"…). Un casting qui contient déjà un bon nombre de têtes connues à l'époque, une grande particularité du réalisateur Roger Donaldson, réputé pour mettre devant la caméra des stars du grand écran dans ses films ("bounty" en 1984 avec Mel Gibson et Anthony Hopkins, "cocktail" en 1988 avec Tom Cruise, "sables mortels" en 1992 avec Mickey Rourke, "guet-apens" en 1994 avec Alec Baldwin et Kim Basinger, "la recrue" avec Al Pacino et Colin Farrell…), dans le but d'apporter un maximum de charisme à ses œuvres. Il en ressort une interprétation globale très convaincante, le film flirtant avec un véritable patchwork de sentiments, allant de l'oppression (certains passages peuvent prêter à frissonner, notamment une scène où nos traqueurs se sentent épiés dans un parc, ou encore les séquences dans les égouts) à l'humour (certaines répliques font mouche : "On a trouvé aucune trace de sperme dans l'eau du jacuzzi" "Hé, elle n'allait pas gaspiller!", "J'ai son répondeur, je lui laisse un message?" "Oui, dites-lui qu'il s'apprête à copuler avec une créature débarquée de l'espace!"…) en passant par quelques scènes érotiques (notre chère mutante voulant s'accoupler dans un jacuzzi, quelques scènes de nudité avec la belle Natasha Henstridge…) et d'autres plus romanesques. "La mutante" est sans conteste un film très vivant, sans aucune platitude et qui se permet même à quelques moments de nous faire sursauter (la terrible scène des WC où la mutante élimine l'une de ses rivales est l'une des scènes du film que l'on n'oublie pas).



Concernant l'aspect visuel du film, on ne peut que constater un très bon travail de la part des maquilleurs et responsables des effets spéciaux. On aura droit entre autres à une belle petite scène de mutation extra-cocon (des gonflements épithéliales, des tentacules qui sortent des divers orifices…) et intra-cocon (avec une sortie de stade de chrysalide un peu ragoûtant), un gros plan sur la transformation des yeux de Sil, et une mutante au stade terminal avec en prime un bébé monstrueux (qu'on croirait sorti tout droit d'un jeu vidéo du genre "house of the dead")! A cela, rajoutons quelques effets gores ma fois fort sympathiques tels qu'un arrachage de colonne vertébrale (LA scène du film sans aucun doute! Une scène censurée quand le film passe à RTL9 notamment…) ou encore une scène de baisers qui finit par une nuque percée par une langue! Car on peut bien le dire, notre mutante est sans pitié et ne fait pas dans la douceur : elle n'hésitera pas à tuer un pauvre SDF en le brisant en deux, une gentille contrôleuse de train un brin trop curieuse, un homme qui lui était venu en aide après un accident de la route dont elle avait été victime… L'équipe des effets visuels nous font également voyager, tout au long du film, dans les cauchemars et les angoisses qui persécutent sans cesse Sil : défilent alors de temps en temps un ensemble d'images (par exemple, un joli repas d'asticots…) sans grands liens entre elles, un peu à la manière de la cassette de "ring", censées nous montrer le mal-être de notre mutante dans ce monde qui lui est hostile.



Mise à part une musique plutôt banale (les classiques violons et cuivres avec toutefois de temps en temps la présence très esthétique de claviers électroniques) mais d'honnête facture, le film ne souffre pas trop de points négatifs. On notera peut-être un début un peu maladroit où l'on voit Sil casser la vitre de l'enclos où elle était enfermée et sauter telle une plongeuse de haut niveau hors de sa prison de verre, le tout avec des ralentis exécrables rappelant certains vieux téléfilms… On remarquera également quelques petites incohérences assez flagrantes pour être citées : en très peu de temps, Sil a appris à déjouer les pièges de la police par des plans machiavéliques (très rusée dis donc !), à se teindre les cheveux et à se faire une splendide coiffure elle-même, et surtout elle a réussi à mettre au monde un enfant qui tient sur ses pattes au bout de quelques minutes alors qu'au début du film on parlait de quelques semaines… Passés ces quelques détails, on ne peut pas reprocher grand-chose au long-métrage de Roger Donaldson qui s'avère être un divertissement de bon niveau, sans vouloir prétendre atteindre des sommets dans le genre.

Au final, "la mutante" est un film fort plaisant, doté d'un casting alléchant, d'effets spéciaux attrayant et de péripéties à gogo qui font de ce long-métrage une pièce importante pour le cinéma fantastique des années 90. Malheureusement, il n'en sera pas de même pour les deux suites qui virent le jour après le petit succès de leur aîné…








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