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Un projet ultra-secret, dont le but est de créer des espèces douées pour le combat, est mené par le colonel Masters et son équipe. L'opération consiste en le développement d'une enzyme au sein d'un organisme dont elle va réveiller les instincts cannibales : ces recherches biologiques ayant pour but de ramener au front des soldats cliniquement morts sont donc entreprises par le Gouvernement dans la plus grande confidentialité. Ces êtres surhumains sont appelés C.H.U.D. signifiant "Cannibalistic Humanoid Underground Dwellers". En raison de la dangerosité des expériences, le projet est abandonné et les créatures créées sont éradiquées à l'exception d'une, nommée Bud, qui est conservée pour y entreprendre des essais cliniques. Mais, suite au meurtre de l'un des médecins de garde, Bud est mis en période de latence, enfermé dans une pièce du centre psychiatrique de la ville. Pendant ce temps, des jeunes étudiants inconscients volent le corps de Bud afin de le ramener comme cobaye pour leurs cours d'anatomie à l'université. Mais, sans le savoir, ils vont redonner vie au C.H.U.D. qui va disparaitre dans la nature et semer la panique en ville…



"C.H.U.D." premier du nom est un petit film fort sympathique traitant le thème des mutants et qui a su se faire un nom au sein des séries B des années 80. Il est donc inconcevable à l'époque de ne pas générer une suite et celle-ci est donc assez vite programmée : quatre ans après le petit succès de "C.H.U.D.", David Irving nous propose une histoire qui commence là où l'opus précédent se terminait mais dans une veine toute autre, le réalisateur préférant tout miser sur la comédie plutôt que sur la terreur et l'aspect fantastique du premier volet. Un choix assez étrange qui coupe radicalement les liens avec le "C.H.U.D." que nous connaissons bien et qui s'avère être une grosse déception pour ceux ayant adoré le premier opus de 1984… Commençons de ce pas notre petite incursion dans le monde grand-guignolesque de "C.H.U.D. 2 : Bud the C.H.U.D." et voyons ce que le long-métrage de David Irving a dans le ventre.



Comme d'habitude, je vais commencer ma critique par le scénario et le casting du film. Concernant ce premier, inutile de tourner autour du pot : "C.H.U.D. 2 : Bud the C.H.U.D." ne se démarque en aucun cas par l'ingéniosité de son histoire, bien au contraire. Pour résumer brièvement, un mutant cannibale se sauve, perpétrant crimes sur crimes (propageant ainsi l'enzyme responsable de la mutation à ces victimes), et des jeunes étudiants (fautifs de l'évasion du monstre) vont tenter de l'arrêter, aidés par le colonel Masters et son équipe d'intervention spéciale. Nous voilà donc confrontés à un film des plus basiques (bon, d'un côté, un film de zombies ne brille que très rarement par son scénario mais il y a tout de même des limites à ne pas dépasser je pense), certes peu mou (il se passe toujours quelque chose, même si les idées sont plus ou moins convaincantes…) mais manquant cruellement d'effets de surprise, de péripéties et autres retournements de situation qui font que l'on adhère en grande partie à une histoire en général. On ressent toutefois cette envie de David Irving de vouloir nous en donner plein la vue avec tous ces C.H.U.D. qui se multiplient à foison dans la ville, enchainant meurtres sur meurtres et dont la satiété ne semble pointer le bout de son nez. Mais quelques maladresses et un abus volontaire, excessif et parfaitement assumé de l'utilisation de l'humour rendent l'invasion des mutants cannibales peu agressive en soi, en aucun cas effrayante, voire même un peu "cul-cul", pardonnez-moi l'expression… Je conçois que ce soit le souhait du réalisateur de nous proposer une suite de "C.H.U.D." humoristique mais la sauce ne prend que pour certains passages, principalement au début du film (référence à une séquence où Steve et Kevin, deux étudiants, ramènent le corps de Bud à la maison après l'avoir kidnappé à l'hôpital psychiatrique et qui font tout pour ne pas se faire surprendre par les parents de Steve, plongés dans un passionnant documentaire sur la reproduction des pingouins, allant jusqu'à mettre un violent coup de pied au chien de la maison qui ne cesse d'aboyer, passage similaire à une scène culte du film "les trois frères" des Inconnus). Une première demi-heure plutôt réussie en terme de comédie horrifique mais qui malheureusement ne tient plus la route par la suite, enchainant les gags bêtes et répétitifs, malgré quelques passages bien sympathiques et peu communs (une personne qui se fait coiffer par un mutant zombie, des C.H.U.D. qui vont au fast-food pour manger le caissier, un petit chien mutant qui se jette à pleines dents sur le facteur, des enfants zombifiés qui dévorent le canari d'un couple de personnes âgées horrifiées…). Il est fort dommage que ces quelques idées fort excentriques et ô combien jouissives soient éparpillées dans un scénario aussi brouillon et redondant… Pour finir sur le scénario, je tenais toutefois à souligner le gentil clin d'œil que David Irving fait à "le jour des morts vivants" de Romero (un cobaye nommé Bub dans le film de 1985 qui devient ici Bud mais qui reste toutefois très attachant) et à "le retour des morts vivants" d'O'Bannon (dans le film de 1985, on a affaire à des zombies qui clament "cerveauuuu" tandis que dans le film d'Irving ils crient "viandeeeeee" ! RIRES!!!), le titre étant par ailleurs évoqué durant le film. En résumé, "C.H.U.D. 2 : Bud the C.H.U.D." possède d'indéniables qualité en terme d'humour à la volée mais ne l'exploite pas de manière optimale, la faute à un scénario bâclé et à, nous allons le voir de suite, un casting bien trop mauvais.



En effet, ne cachons pas ce qui doit être mentionné, bon nombre d'acteurs et actrices du film sont tout bonnement pathétiques, tout comme le doublage français parfois exécrable (je pense notamment à la voix d'une biologiste en début de film). Comme vous vous en doutez certainement, le casting est en grande partie inconnu du grand public, mis à part certains acteurs ayant joué dans quelques séries américaines des années 80… On notera uniquement la présence d'un acteur américain du nom de Robert VAUGHN que vous avez pu voir dans "les dix commandements", "les sept mercenaires", "les mercenaires de l'espace" ou encore "superman 3" et qui interprète ici le rôle du colonel Masters. Un rôle surjoué, irritant et pénible que ne méritait certainement pas cet acteur anciennement convoité en Amérique, une belle déception… Par contre, les jeunes interprétant les étudiants (Kevin et Steve) ne sont pas mauvais et s'avèrent même assez amusants au final (surtout Bill Calvert que l'on a pu voir dans "spiderman" et "drôles de fantômes" et qui joue ici le rôle de Kevin), je leur trouve même une certaine similarité aux acteurs du film "flic ou zombie" (notamment Treat Williams) sorti la même année. Pour ce qui est du personnage de Bud, le C.H.U.D., même si notre mutant est attachant, il devient vite ennuyeux et ne semble pas vouloir évoluer au fur et à mesure que l'histoire avance, contrairement à ce cher Bub de Romero. Certaines situations le mettant en scène sont toutefois hilarantes (notamment le passage où il matte par la fenêtre une femme qui fait sa gym devant la télévision et décide lui aussi de gesticuler pour l'imiter, ou encore le moment où il se force à sourire pour plaire à cette même femme…) mais le réalisateur finit par l'oublier en partie au lieu d'essayer d'en tirer quelque chose, quelques loufoqueries supplémentaires… Pour être franc, les rôles qui m'ont le plus plu sont sans aucun doute les parents de Steve, sortes de Bidochon scotchés à leur télé et qui ne cessent de sortir des répliques et des remarques débiles (quelques répliques : "je croyais que c'était un Esquimau qui portait un smoking et je viens de réaliser : c'est un pingouin!", "Terry, viens vite, les pingouins vont s'accoupler !"…) mais qui, malheureusement, n'apparaissent que quelques minutes à l'écran…

Parlons à présent du rendu visuel du film. Avant toute chose, je tiens à mentionner que nous avons ici un film flirtant ouvertement avec la série B et n'hésitant pas à jongler avec un registre plus bas encore… Ainsi, mise à part l'explosion d'un fast-food, il n'y a pas de scènes catastrophes, ce qui peut sembler étrange pour un film traitant l'invasion d'une ville par des monstres. Quelques vitres brisées, deux-trois portes enfoncées et le tour est joué pour simuler une invasion de zombies avides de chair fraîche! D'ailleurs, en parlant de morts vivants, ne vous attendez pas à ce que vous avez pu voir dans bon nombre de films de zombies, à savoir des effets spéciaux et maquillages de qualité, des scènes gores voire même de boucherie pure et dure… Il n'en est rien dans ce film destiné à un public familial et amateur de comédie horrifique : aucune scène sanglante n'est à déclarée sur la pellicule, mises à part deux-trois giclées de sang sur les murs… Les morts vivants cannibales n'ont comme intention que de mordre et non de dévorer à pleines dents leurs victimes comme cela peut être le cas dans les films de zombies des années 80 à aujourd'hui (sur ce point, on se rapproche fortement de "l'avion de l'apocalypse" ou encore "l'abîme des morts vivants" : aucune boucherie à signaler! Je dirais même que ces deux films-là sont bien plus saignants que notre "C.H.U.D. 2 : Bud the C.H.U.D.", c'est pour dire…). Amateur de zombies movies gores, passez donc votre chemin!



Bon, finissons comme il se doit par la bande originale du film. Voilà peut-être l'un des rares bons points, avec l'humour décapant de la première partie du long-métrage. M. Kane Jeeves nous offre quelques morceaux de rock qui sentent bon les eighties, ainsi que quelques pistes très "variety" sur lesquelles on peut se surprendre à secouer doucement la tête pendant que l'on regarde le film (oui, cela m'est arrivé…). Même si le spectateur espère bien plus qu'une bonne musique de fond quand il regarde un film, une bonne BO demeure un atout indispensable à certains films car elle peut parfois, voire souvent, être fortement complémentaire à l'ambiance de certaines séquences (référence aux Goblin dans "suspiria", "phenomena" et "tenebres" d'Argento ou encore dans "zombie" de Romero, "blue holocaust" de D'Amato ou encore "demons" de L.Bava). Ici, la musique sonne très jeun's et c'est ce que le réalisateur souhaitait pour son film purement familial, à connotation très teen movies au final. Un bon point que cette musique donc, même si ce n'est bien-entendu pas sur ce critère en priorité qu'un film se note, malheureusement pour David Irving…

Pour conclure, cette suite de "C.H.U.D." intitulée "C.H.U.D. 2 : Bud the C.H.U.D." souffre cruellement de la comparaison avec son aîné, la faute à une réalisation portée sur la comédie au détriment du suspense et du fantastique, les maîtres galons du premier opus si plébiscité dans le domaine de la série B. Ce deuxième volet, décevant par son scénario, son casting et son trop peu de scènes chocs, clôt donc ce qui aurait peut-être pu devenir une saga reconnue par la suite… Seules quelques situations comiques (notamment chez les parents de Steve) et le personnage de Bud le C.H.U.D. méritent mon attention. Reste à voir ce que Rob Zombie va faire avec son remake de "C.H.U.D." prévu pour 2009 mais dont je n'attends pas grand-chose, le pseudo-remake d'"Halloween" m'ayant laissé un peu sur ma fain, malgré une très bonne première partie… Wait and see!








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