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Bienvenue à Skolett City, petite bourgade perdue en plein désert et administrée par Bosco, le maire de la ville. C'est la grande fête annuelle de la tarte à la vache : tout le monde est excité et organise consciencieusement les préparatifs. Seulement voilà, c'est le moment que choisit James Bataille, fiancé de Concia (prononcez "Conchia"), la fille de Bosco, et récemment évadé de prison, pour réapparaître. Mais il n'est pas le seul : Allan Chiasse, futur impresario de Concia désirant être chanteuse de country et surtout d'étranges étoiles de mer venues de l'espace ont également décidé de s'inviter aux festivités, et ce n'est qu'un début…



Premier long-métrage des frères Poiraud (Didier et Thierry), Atomik circus est directement inspiré d'une bande-dessinée inachevée de Didier et ça se ressent : univers complètement décalé à la lisière du fantastique, du western, du film US des années cinquante, de la comédie noire et personnages hauts en couleur (le maire mégalo, l'impresario véreux et concupiscent, la ravissante et innocente héroïne puis le héros, croisement improbable entre David Vincent et Averell Dalton), cet OVNI cinématographique dénote totalement, dans un paysage hexagonal jugé trop timoré, par son aspect totalement déjanté et son contenu complètement iconoclaste. Nouveaux venus dans le sérail, les frères Poiraud viennent directement de la publicité. Rappelez-vous, ils sont responsables de nombreux spots farfelus : la statue de la Liberté plongeant dans l'Hudson River pour une marque de chewing-gum, la bouteille tueuse d'une marque de jus d'orange pétillant et une pub pour une banque française où déjà des extraterrestres intervenaient et se transformaient en vaches ! Et que donne alors leur premier essai sur grand écran ? Ben un conglomérat de grand n'importe quoi assez réjouissant ! Jugez plutôt ! Le film réunit un casting international appétissant et grand public : Benoit Poelvoorde (le cultissime "C'est arrivé près de chez vous") en impresario libidineux très énergique et cinglant comme à son habitude, se transformant petit à petit en monstre tentaculaire, l'excellent Jean-Pierre Marielle (remplaçant pour la circonstance un Jean Yanne parti trop vite) en maire et propriétaire d'un bar pouilleux (le "Sam Paradiso") aux répliques assassines, la charmante Vanessa Paradis en chanteuse country en devenir, Jason Flemyng ("Bruiser", "The bunker", "La ligue des gentlemen extraordinaires") en motard ennemi public numéro 1 de la fête de la tarte à la vache à cause d'une cascade ratée et un Venantino Venantini ("Pulsions cannibales\, notamment) venu faire un caméo des plus appréciables.



A côté de cela, on assiste à des scénettes hallucinantes avec des trouvailles scénaristiques bluffantes : le chien hurleur/chanteur, la grand-mère momifiée, les mariachis à l’accent teuton, l’homme à tout faire complètement analphabète aux ordres du maire, j’en passe et des meilleurs.

Vous ai-je parlé des effets spéciaux ? Non, bien sûr ! Ils sont proprement à couper le souffle car les frères Poiraud ne lésinent pas sur l’hémoglobine, c’est le moins que l’on puisse dire : c’est trash, gore et les décapitations et tripes à l’air affluent. Mieux vaut être prévenu : les aliens sont belliqueux et avides d’effusions sanguines en tous genres !

De plus, la bande originale détonante réunissant Les Little Rabbits (un groupe de potes nantais des frères Poiraud) et Vanessa Paradis vous ravira pendant six chansons, même s’il est vrai que les paroles ne volent pas très haut !



Mais est-ce que tous ces éléments réunis sont suffisants pour faire un bon film ? C’est là que ça devient ennuyeux pour moi de continuer la critique. S’il est vrai que ce délire filmique très mauvais esprit peut plaire, il est évident qu’il aura également ses détracteurs. Ces derniers argueront assurément du fait que le scénario (quel scénario ?) est abracadabrant car il file dans tous les sens. Atomik circus, c’est l’histoire de James Bataille, un casse-cou qui pour avoir plu à la fille de Bosco et avoir raté une cascade facile lors d’une précédente fête de la tarte à la vache s’est vu « offrir » un séjour en prison. Bosco est le maire de Skotlett, un bled paumé désertique à forts relents mexicains. Chaque année, il organise le monumental festival de la tarte à la vache. Mais voilà, cette année, un impresario obsédé sexuel et surtout des extraterrestres tentaculaires venus de l’espace et se collant sur le visage des gens (tiens, ça me rappelle quelque chose !) s’incrustent à la fête… et rien ne se passe comme prévu. Vous avouerez que l’on peut trouver plus cohérent ! Mais l’absence de réelle ligne de conduite n’est-elle pas, finalement, un atout supplémentaire ? D’aucuns répondront par la négative d’autant il est vrai, que les vingt-cinq dernières minutes sont assez lourdes à digérer et que la fin, quasi onirique voire incompréhensible, peut en laisser plus d’un dubitatif. Mais rappelez-vous du magnifique « Le voyage de Chihiro » dans lequel on ne savait pas en quoi allait se transformer l’histoire et quelle direction le réalisateur allait bien pouvoir prendre. Cet anime a pourtant été encensé par les critiques, alors …

Ajoutons à cela que le genre du métrage pondu par des fans de cinéma de genre, citant ça et là quelques références à des classiques connus, n’est pas non plus des plus clairs. Film de science-fiction ? De monstres ? Comédie ? Survival ? Et que cela peut vite en refroidir certains ne voyant là qu’un gros délire d’admirateurs de séries B et Z ayant choisi de faire un métrage au visuel fort et mêlant trash, fantastique, rock’n’roll et comédie, sans réel fil conducteur.



Disons-le franchement, ce long-métrage ne plaira pas à tout le monde. On accroche ou pas du tout. Et je comprends tout à fait qu’on puisse crier au « foirage » total. Je vous avouerai qu’il m’a été très difficile de noter un film de ce genre, car il est très rare que l’on voit cela sur nos écrans. C’est hyper original, plutôt bien joué, il y a de bonnes scènes gore comme on les aime, des dialogues très drôles (merci Marielle et Poelvoorde !), un bon score, mais voilà, c’est « too much » car trop brouillon et si vous n’êtes pas fans de bandes dessinées, vous allez avoir du mal à rentrer dedans. Atomik circus, malgré son côté délirant et inclassable, manque donc de rigueur pour devenir un film culte. Il faut en conséquence le visionner au second degré et attendre beaucoup plus de voir ce que les frères Poiraud vont nous mijoter par la suite avant de complètement descendre ce galop d’essai. C’est tellement rare de voir ça dans le paysage hexagonal, qu’il est inutile de le condamner mais plutôt le voir comme un apport de fraîcheur et d’innovation dans un cinéma par trop ancré dans le film d’auteur ou le film débilitant parrainé par TF1 et Cie. A visionner donc… en attendant beaucoup mieux.









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