RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.2
(18 votes)
New York 2012, Robert Neville est le dernier survivant d'une pandémie d'origine humaine et qui cause chez ses sujets, devenus de quasi mutants, un état proche du vampirisme. Savant de haut niveau et militaire de son état, Neville, mystérieusement immunisé contre le mal, semble être le dernier homme sur Terre. Chaque jour depuis trois ans, il diffuse des messages radio dans l'espoir de trouver d'autres survivants, mais personne n'a encore répondu à son appel. Accompagné de son unique compagnon, Sam, une femelle berger allemand, il va alors principalement occuper ses journées à chercher des produits de première nécessité et surtout à essayer de trouver l'antidote au virus qui a infecté ses semblables transformés en mutants guettant sa moindre erreur. La nuit, il vit dans une maison barricadée, fortifiée contre les attaques nocturnes. Trouvera-t-il le remède miracle avant que ses ennemis ne réussissent à le contaminer ?



Avant de commencer la critique, précisons que le film a été réécrit par Mark Protosevich et Akiva Goldsman d'après le roman éponyme de Richard Matheson, véritable œuvre phare de la littérature d'anticipation parue en 1954. A noter que cette histoire a déjà été transposée sur grand écran à deux reprises : dans "Je suis une légende" (The last man on Earth) avec Vincent Price de 1964 et dans "Le survivant" (The Omega man) de 1971 avec Charlton Heston. Signalons enfin que, parallèlement à sa sortie au cinéma en 2007, Je suis une légende a aussi eu une sortie direct-to-video intitulée "I am omega" avec Mark Dacascos dans le rôle titre.

Les plus lecteurs d'entre vous, aurons noté quelques libertés narratives prises par les deux coscénaristes par rapport au matériau original : l'action se déroule non plus dans le Los Angeles de 1950, mais dans le New York de 2012, le virus a été ici, crée par l'homme et surtout la fin est à l'opposé de celle inventée par Richard Matheson. En revanche, ce qui est intéressant et proche du roman de Matheson, c'est de voir que le dernier homme lutte pour sauver désespérément ce qu'il reste de l'Humanité et que les contaminés se regroupent, forment une sorte de communauté et s'organisent entre eux pour lutter contre Robert Neville, en quelque sorte dernier obstacle à ce nouvel ordre social et biologique vers lequel tendent les mutants. Parce qu'il est le dernier homme sur Terre, il est : soit voué à disparaître, soit destiné à sauver le monde et guérir les infectés, donc dans les deux cas de figure, il deviendra une légende…

Quand j'ai vu l'affiche du film dans le métro parisien, je me suis dis : "ouh là là, encore un blockbuster américain sans finesse avec un Will Smith en sauveur de l'humanité et avec assurément une "happy end" des plus classiques". J'ai été alors bluffé de voir que le métrage du père Lawrence (coupable à une époque pas si lointaine que ça de l'inégal "Constantine") s'éloignait un peu de l'archétype traditionnel du film américain dit d'action / science fiction. Sans trop vouloir en dévoiler, disons que le film débute par une émission télévisée lors de laquelle une femme médecin (un sympathique caméo d'Emma Thompson, non créditée au générique), prétend avoir trouvé un moyen de guérir le cancer. Mais bon, ce qu'elle ignore, c'est que cela va contaminer la Terre entière et tous ses habitants, enfin presque tous... car heureusement, il nous reste Will Smith !

Et qu'est-ce qu'il fait le petit Will ? Il cabotine à mort comme d'habitude en sortant deux, trois bonnes blagues de derrière les fagots ? Ben non, il joue ici le rôle d'un soldat américain également scientifique qui vit seul à New York avec sa chienne aux côtés de laquelle il combat les humains infectés par le virus dans une Amérique dépeuplée. Tout au long du métrage, ils errent tous deux dans les rues à la recherche de nourriture et d'éventuels survivants. De temps à autre, ils rencontrent d'autres humains, enfin du moins ce qu'il en reste, qu'ils affrontent pour ne pas se faire dévorer. Ces autres hommes, sont eux désormais devenus des sortes de mutants et ressemblent à des vampires puisque, sensibles à la lumière du Soleil, ils ne peuvent sortir que la nuit et aiment bien se repaître du sang d'humains ou d'animaux ayant le malheur de croiser leur chemin. Ils vivent le jour dans des bâtiments obscurs en bandes organisées sans réelle hiérarchie.

Parlons un peu plus de l'apparence des créatures, celles-ci ayant énormément divisé la critique : cheap et sans réelle profondeur pour les uns, très bien faites pour les autres car flippantes à souhait, je dirai pour ma part, qu'elles empruntent leur physique peu ragoûtant à la fois au Gollum de la trilogie de Peter Jackson et au personnage de Voldemort de la série des Harry Potter, donc finalement le rendu est assez convaincant, enfin du moins moi, il m'a convaincu sans pour autant me transcender non plus. Notons que les infectés sont l'œuvre du designer français Patrick Tatopoulos que l'on ne présente plus ("Pitch black", "Godzilla", "Underworld" ou encore "Silent hill") et mêlent images de synthèse et motion capture.

Certes, la morale du métrage est un peu simpliste, puisque le virus a été crée par l'homme (en fait ici une femme) et que l'on peut donc conclure que celui-ci est seul responsable de sa propre destruction, mais il y a quand même de bons moments et de bonnes choses dans le film.

Tout d'abord les scènes d'affrontements entre le duo formé par Neville et sa chienne contre les créatures pouvant poindre à tout moment dès lors qu'il fait un peu sombre sont assez angoissantes car on s'attend à ce que quelque chose surgisse à chaque instant et l'on sursaute assez souvent que quelque chose apparaît.

De plus, Will Smith (notons pour l'anecdote qu'à ses côtés, sa fille Willow interprète le rôle de Marley, morte durant l'épidémie qui frappe l'Humanité) joue, pour une fois, vraiment bien. Tantôt paranoïaque car toujours aux aguets, tantôt esseulé, il réussit également à nous émouvoir par sa solitude : il aimerait en effet parler à des gens et avoir une conversation et c'est pourquoi il a disséminé un peu partout des mannequins dans son quartier avec lesquels il fait semblant de maintenir une sorte de vie sociale en discutant avec eux. Bien évidemment, ils ne répondent jamais. Quelle ingratitude ! Neville refuse ainsi de rompre avec la vie qu'il menait autrefois et continue d'aller tous les jours au vidéoclub et ce afin de ne pas sombrer dans la folie. Heureusement également qu'il a sa chienne Sam, qu'est-ce qu'il deviendrait sans elle ? C'est quand même sa seule compagne ! Les scènes où ils partagent tous deux des moments d'intimité sont assez touchantes, car c'est la seule marque d'affection encore présente dans un New York devenu post-apocalyptique (mention spéciale à tous ceux ayant œuvré à la reconstitution de la Grosse Pomme vidée de toutes ses âmes et surtout de tous ses véhicules en mouvement ! Voir un New York sans vie était vraiment une expérience visuelle saisissante !).

Bon, même si cela ne me réjouis pas des masses, passons maintenant au gros défaut du film. Le pire pour moi et ce qui a un peu gâché ma vision, sans vouloir rentrer dans les détails afin de ne pas "spoiler", c'est l'éternelle part religieuse souvent présente dans les productions américaine. Après une première partie du film qui nous épargnait tout prosélytisme, voilà t'y pas qu'en deuxième partie on reçoit le coup fatal qui fait sombrer le long-métrage de Lawrence dans le mièvre car trop orienté religieusement parlant. En clair, il faut avoir la foi en Dieu ma bonne dame afin d'être sain et sauf et de trouver le salut ! Ecœurant aurais-je envie de dire, mais bon difficile d'y échapper connaissant la propension des américains à faire de la propagande…

Ce film mélangeant action et horreur à un bon rythme vous fera passer tout de même un bon moment : on s'ennuie rarement et l'on est souvent tiraillé entre la peur et l'émotion. Il ne faut toutefois pas se laisser décontenancer par certains messages pieux diffusés par les scénaristes et voir le film pour ce qu'il est avant tout : un vrai divertissement. Mais on peut tout de même se poser la question quant à la nécessité d'une suite pourtant avancée par Goldsman et Protosevich, auteurs des premières versions du scénario !