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Dans une école privée, six jeunes femmes subissent en permanence les maltraitances d'une nonne aux manières plus que radicales. Un jour, l'une d'entre elles tombe enceinte et la bonne sœur, hors d'elle, décide de la torturer en guise de purification. Alors que la directrice du pensionnat lui faisait regretter amèrement son pêcher, les cinq amies de la jeune fille vinrent à son secours et tuèrent la nonne. Quelques semaines plus tard, l'école ferma ses portes. Dix-sept ans se sont écoulés depuis cette histoire et chacune des six filles a essayé d'oublier ces atroces évènements qui se sont passés jadis dans ce pensionnat espagnol en migrant vers les Etats-Unis. Tout semblait aller pour le mieux jusqu'à ce qu'un jour l'une d'elle apprend la mort de deux de ses anciennes camarades de classe. Aucun doute, la nonne est revenue pour se venger et nos amies de longue date vont tout faire pour sauver leurs peaux, aidées par Eve, la fille de l'une des victimes de la nonne, et ses amis.



Nul doute que l'Espagne regorge de talentueux réalisateurs, plus particulièrement dans le domaine du fantastique où certains se sont déjà fait un nom : Jaume Balaguero ("darkness", "fragile", "rec"…), Nacho Cerda ("aftermath", "genesis", "abandonnée"…), Alex De La Iglesia ("le jour de la bête"…) et tant d'autres. A ces brillants réalisateurs pourraient se rajouter deux autres grandes figures du cinéma hispanique : le chilien Alejandro Amenabar ("les autres", "ouvre les yeux", "tesis"…) et le mexicain Guillermo Del Toro ("mimic", "l'échine du diable", "Blade 2", "hellboy"…).
C'est grâce notamment à ce dernier ainsi qu'à Nacho Cerda que Luis De La Madrid débuta dans le cinéma de genre : il fut en effet monteur sur "genesis" en 1998 et sur "l'échine du diable" en 2002 avant de se lancer dans la réalisation.



En 2005, Luis De La Madrid décide donc de réaliser un film traitant le paranormal en mettant en scène une nonne tueuse en quête de vengeance (qui n'est pas sans nous rappeler un certain film intitulé "le couvent" : véritable fourre-tout jubilatoire). Malgré son peu d'expérience derrière la caméra, le jeune réalisateur est fort bien encadré. En effet, à la production, on retrouve l'un des grands noms du cinéma fantastique en la personne de Brian Yuzna (réalisateur entre autres de "la fiancée de réanimator", "le dentiste", "le retour des morts vivants 3", "faust" mais également producteur de "réanimator", "dolls" ou encore du très moyen mais divertissant "arachnid"…) tandis qu'au scénario on retrouve un nouveau grand nom du cinéma d'angoisse nommé Jaume Balaguero (à qui l'on doit le magnifique et terrifiant "fragile", récompensé quatre fois à Gérardmer ne l'oublions pas!). Revenons donc ensemble sur le fruit de cette collaboration datant de 2005 et portant le nom hispanique "la monja" signifiant "la nonne".

Commençons dès maintenant comme il se doit par le scénario du long-métrage et le rythme en découlant ainsi que le casting choisi. Tout d'abord, ne le nions pas, le scénario de "la nonne", bien qu'écrit en partie par Jaume Balaguero, ne brille pas par son originalité et c'est bien là que le film prêche en grande partie, au grand désarroi du spectateur venu voir un film d'épouvante inhabituel et endiablé. En effet, l'histoire est très basique (la vengeance d'un fantôme) et nous offre que trop peu de péripéties, la plupart bien prévisibles… Malgré la volonté des scénaristes de nous gratifier d'une fin (plus ou moins) surprenante, le tout paraît être du déjà-vu pour beaucoup d'entre nous.
Cependant, il est intéressant de mentionner les efforts du réalisateur pour nous plonger dans une ambiance glauque et frissonnante par moments, principalement durant les passages précédant un meurtre perpétré par le spectre de la nonne sanguinaire. Ainsi, on se surprend quelques temps à angoisser dans certains moments de grande latence, voire même à sursauter lors d'apparitions surprise du fantôme. Oui, il faut bien l'avouer, nous sommes bien face à un film d'angoisse mais le seul souci est que l'on ne frissonne que durant les 40 premières minutes du long métrage. En effet, une fois que nous avons vu deux trois fois le fantôme (montré assez tôt il est vrai, ce qui peut plomber un peu le suspense), on ne réagit plus de la même façon lors de ses attaques, d'autant plus que plus on avance dans le film et moins il frappe par surprise, le spectateur ayant alors tout le temps de le voir arriver (l'effet de surprise étant quelque peu gâché)… On regrettera également cette séquence ridicule en début de film (au bout de 4 minutes exactement) où le réalisateur s'attarde sur une fiesta entre jeunes qui tourne à la "projet blair witch" et nous plonge tout droit dans un teen movie et tout ce qui en découle (sexe, drink…) : un passage dont nous pouvions allégrement nous passer… Il est amusant toutefois de mentionner que Le Monde a écrit "le scénario de ce film d'horreur rameute habilement les ingrédients habituels, se payant un clin d'œil au Projet Blair Witch" : hé bien, si c'est la seule chose que le rédacteur a retenu du film, mieux aurait-il valu qu'il n'en dise rien car c'est bel et bien le passage le moins représentatif du film…



En ce qui concerne le casting, nous avons ici affaire à de parfaits inconnus. Mis à part Paulina Galvez (jouant le personnage de Zoé) que l'on a pu voir entre autres dans "l'auberge espagnole" et "le pianiste", les autres acteurs débutent dans le cinéma. D'autres sont déjà passés devant la caméra mais pas pour le grand écran, c'est le cas d'Anita Briem (jouant le rôle de Eve) et de Manu Fullola (Gabriel dans le film) qui ont participé tous deux à des séries TV : "doctor Who" et "the evidence : les preuves du crime" pour Anita Briem et "genesis" pour son compère. Malgré ce trop peu d'expérience en la matière, force est de constater que la sauce prend bien et que l'on prend plaisir à suivre le film, aucun acteur ne jouant la surenchère ou ne faiblissant dans son rôle. On retiendra surtout la prestation de Teté Delgado (interprétant le rôle de Christine) qui nous offre la meilleure séquence du long-métrage, à savoir une bonne scène angoissante se finissant par un meurtre bien sadique dont l'instrument de persécution n'est autre qu'un… ascenseur! On retiendra également le bon jeu de Cristina Piaget, inconnue du bataillon, dans son rôle de la nonne maléfique qui nous gratifie d'une bonne scène d'introduction où elle se montre froide et énergique face à ses élèves.

Continuons notre escapade et arrêtons-nous cette fois-ci au visuel de "la nonne". Sans pour autant révolutionner l'art de la photographie au cinéma, le film de Luis De La Madrid nous offre de belles images, de beaux décors, le tout plongé dans des couleurs sombres pour mieux attiser la peur du spectateur.
Pour ce qui est des effets spéciaux, ceux-ci sont d'honnête facture et nous transportent sans problème dans ce monde paranormal que le réalisateur nous dépeint. Le visuel de la nonne rend magnifiquement à l'écran : un teint blanchâtre, une tête de vampire démoniaque, un regard méchant et malicieux à la fois… Je regrette toutefois certaines séquences où l'on voit le fantôme de la nonne se déplacer dans des hectolitres d'eau au sein même d'un appartement alors que sa proie a bien les pieds sur terre : même si cela est bien entendu imagé, ce manque de crédibilité m'a fortement gêné à certains moments… Par contre, notons tout de même que le réalisateur s'est permis quelques petites scènes sanglantes, chose assez rare dans les films de fantômes il faut bien l'avouer : une tête coupée, des bras sectionnés, une gorge tranchée…



Enfin, terminons notre petite analyse de "la nonne" par la musique du film. A ma grande déception, assez peu de morceaux auront ici retenu mon attention, ceux-ci se ressemblant tous, à quelques notes près. Ici encore, comme dans bon nombre de films d'angoisse, le violon prime au sein de l'orchestre, ce qui n'est pas pour me déplaire, bien au contraire. J'aurais seulement souhaité un peu plus de variété dans la musique du film mais bon je chipote un peu sur ce point-là me direz-vous…

Au final, Luis De La Madrid nous gratifie d'un petit film divertissant mais qui manque cruellement de profondeur : peaufiner un peu plus le scénario n'aurait pas été un mal tellement le film souffre d'un manque d'originalité. On regrettera également une certaine hétérogénéité au sein du long-métrage, les trois premiers quarts d'heure étant nettement plus angoissant que les trois derniers (et ceci pour le même nombre d'apparitions du fantôme dans chacune des deux parties…).
Pour ce qui est des points positifs, mentionnons tout d'abord l'esthétisme du spectre ainsi que sa façon de se mouvoir : du bon travail sur l'aspect du fantôme! Citons également le jeu des acteurs qui, bien qu'ils soient débutants pour la majorité, s'avère très correct.

"La nonne" est donc un film sans prétention qui, malgré de lourds défauts, génère quelques potentialités qui ne demandent qu'à être exploitées par la suite, lors de la confection d'autres long-métrages : Monsieur Luis De La Madrid, ne vous arrêtez pas là!








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