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Réalisation
Jamie Blanks

Scénariste
Everett De Roche

Date de sortie
2007

Genre
survival

Tagline


Cast
Nadia Farès
John Brumpton
Robert Taylor
David Lyons
Mathew Wilkinson
Jonathan Oldham


Pays
Australie

Production


Musique
Jamie Blanks

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.2
(6 votes)
Surpris par une tempête durant une ballade en bateau, un couple de yuppies voient très vite leur week-end amoureux se transformer en cauchemar. Sans défense et uniquement parés de leur combinaison de plongée, ils errent en quête d'un abri potentiel…et il le trouve, sauf que celui-ci est tout sauf fréquentable : une baraque sordide jouxtant une plantation de cannabis et où les étrangers ne sont pas particulièrement bienvenus. Tenus en otage par les occupants de la demeure, Pia et son fiancé Rob se disent que le moment de la révolte doit sonner…



Etonnant come-back que celui de Jamie Blanks dont on n'attendait plus grand-chose, voire même carrément rien : du bonhomme on se souvient de deux slashers en demi-teintes (le second étant quant à lui, carrément mauvais), "urban legend" et "mortelle saint valentin", apparus alors lors d'une très vilaine période maintenant révolue.

Le survival étant visiblement plus à la mode de nos jours que le slasher (pas encore mort hein !), Blanks revient dans son Australie natale pour y tourner ce Storm Warning tout à fait prometteur en ce qui concerne la suite de sa carrière. Yabon !



Cependant, le nouveau film de Mr "urban legend" n'a strictement rien de novateur dans le fond, on irait même jusqu'à dire que Storm Warning a un certain train de retard ; son scénario n'est plus tout neuf certes, mais il est signé de la main d'un maître, Everett de Roche, responsable des scenarii de très nombreux hit du cinéma fantastique australien : "link", razorback, Harlequin, "long week end" (dont le remake est actuellement tourné par…Jamie Blanks justement !), Fortress (rien à voir avec le Gordon, il s'agit en fait d'un must du Survival) ou patrick. Un grand nom, c'est certain.

Mais Storm warning est aussi l'occasion pour la frenchie Nadia Farès de s'essayer au genre (difficile de parler d'horreur pure et dure pour "les rivières pourpres"), et c'est même plutôt concluant. En voilà une qui n'a peur de se frotter à ce qui pique, après un passage par la case action et polar.

Entre faux "wolf creek"-like et survival old school, le film de Blanks confronte, comme il se doit, un couple de civilisés à une famille de rednecks uniquement composée d'hommes : un face à face dont on comprend la teneur dès les premières minutes, lorsque l'héroïne Pia (aussi française que l'actrice qui l'incarne, ce qui donne quelques dialogues savoureux en début de métrage) supplie son mari de ne pas achever le poisson qu'il vient de pêcher…plus tard, celle-ci devra égorger un inoffensif marsupial sous la menace : chacun a sa part d'ombre, et l'on sait pertinemment qu'elle ressurgira tôt ou tard, pacifiquement ou pas. Le principe est déjà-vu, mais ça fonctionne…et ça plaît.



Un spitch carré et efficace qui ne vole pas super loin c'est sûr, mais un emballage séduisant comme en témoigne cette classieuse introduction avec sa caméra dégringolant des nuages pour survoler l'océan, le tout arrosé d'un score très "carpentierien" et ces quelques instants de calme, visuellement irréprochables…avant la tempête justement. De l'eau qui dort et de l'azur flamboyant, l'on passe à un orage déchaîné et à une baraque que l'on imagine maculée de souilles, de sang et de foutre. Telle Boucle d'or rentrant par inadvertance dans la maison des trois ours (référence pleinement assumée), Pia et Rob vont connaître la joie de connaître les bouseux hantant les lieux : Jimmy et Brett, deux frangins allumés, et Poppy, le patriarche furibard.
Pas de faciès difformes ou de machouillages de chair humaine ici, les psychopathes restent malgré tout peu surprenants dans leurs attitudes, bien que foncièrement dégénérés. En bref, on est loin des (fortes) icônes horrifiques que sont la famille Sawyer ou les mutants du désert : on est davantage plus proche des culs-terreux de "delivrance" ou de ceux des "chiens de paille" (autre référence très tenace). Pas de "fantaisies" donc, on reste assez terre à terre…

Des gueux malgré tout privés de femmes depuis longtemps, couvrant les murs de leur maison de photos pornographiques louches et visionnant des vidéos zoophiles à longueur de journée ( !!) : l'arrivée de la jolie Pia ne freinera donc sûrement pas leurs pulsions meurtrières (on ne saura pas plus de la seule victime qu'ils laisseront derrière eux) et sexuelles. La tension va alors crescendo (violera ? violera pas ?), le survival tentant une excursion vers le Rape and vengeance : le personnage de Rob, vieux baroudeur dans l'âme, est laissé de côté, et les projos se tournent vers une Nadia Farés trimballée ça et là à demi-nue, excitant la libido de ses ravisseurs cradingues.



La demoiselle devra à son tour succomber au parfum de sauvagerie planant dans l'air, prenant les devants dans une seconde partie palpitante évoquant "oeil pour oeil". D'ailleurs, l'affiche du film avec une Nadia Farés humide et maculée de sang prêt à en découdre avec ses tortionnaires n'est t-elle pas un discret ( ?) clin d'œil au film de Meir Zarchi ?

Un "redécollage" constituant sans aucun doute le meilleur du film, avec ce qu'il faut de sauvagerie et d'ultra-violence, et même de gore : éviscération, défonçage de gueule au marteau ou cet hallucinant piège "fait maison" évoquant douloureusement un certain "hellraiser". Bref, tout ce que n'avait pas osé un "Motel" aussi efficace que frileux. Pas une révolution donc, mais il y a de quoi passer là un très bon moment : "c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes", comme dirait l'autre…