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Un professeur farfelu invite de jeunes étudiants à venir passer un petit séjour dans une maison où jadis une fillette a été possédée par le Diable. Cindy et ses amis acceptent l'invitation, ignorant la raison de leur venue en ces lieux lugubres. Le professeur Oldman a en effet l'intention d'étudier les fantômes et autres esprits qui hantent la demeure, ne se souciant pas du danger que risquent ses jeunes pensionnaires…



Après le succès planétaire de "scary movie", parodie déjantée de films d'horreur contemporains ("scream", "souviens-toi l'été dernier", "le projet blair witch"…) et de blockbusters en tout genre ("usual suspects", "titanic", "matrix", "amistad", "le sixième sens"…), une suite est logiquement produite dès l'année suivante. On retrouve à nouveau Keenen Ivory Wayans ("i'm gonna git you sucka", "F.B.I. fausses blondes infiltrées", "Little man"…) à la réalisation et ses deux frères, Marlon et Shawn Wayans, entre autres, au scénario.
Avec un budget de 45 000 000 dollars, cette seconde suite rapportera 71 308 997 dollars sur le sol américain uniquement. En France, le film fera 2 163 759 entrées, un joli résultat sur le sol français pour une suite dans le registre de la parodie.

Au générique de "scary movie 2", on retrouve quelques acteurs du premier opus : l'excellente Anna Faris ("lost in translation", "may", "ma super ex"…) toujours dans le rôle de la jeune idiote et innocente Cindy; le tonitruant Marlon Wayans ("requiem for a dream", "donjons et dragons", "ladykillers", "norbit"…) dans le rôle de Shorty, l'idiot aux mille bangs; Shawn Wayans ("new blood", "spoof movie", "FBI fausses blondes infiltrées", "little man"…) interprétant Ray, l'homosexuel hystérique; et enfin Regina Hall ("pour le meilleur et pour le pire", "mon autre frère"…), la jolie et hypocrite Brenda, sœur de Shorty.
A ce petit monde viennent s'ajouter d'autres acteurs tels que Christopher Masterson (déjà rencontré dans les saisons 4,5,6 et 7 de la série "malcolm") dans le rôle de Buddy, un personnage très proche de celui de Bobby du premier opus (un personnage assez vide mais dont l'objectif principal semble être d'enlever la petite culotte de Cindy), ou encore Kathleen Robertson ("splendor", "beautiful", "hollywoodland"…) qui interprète le rôle de Jamie Lee, une demoiselle sulfureuse (on comprend tout le sens de "robert" dans son nom).
Mais, passés ces acteurs peu reconnus, on retrouve dans ce deuxième opus des participations qui font bien plaisir. C'est le cas d'abord de l'apparition de James Woods ("tueur de flics", "videodrome", "il était une fois en amérique", "salvador", "nixon", "casino", "vampires", "les rois de la glisse"…) dans la séquence introductive, dans le rôle d'un homme d'Eglise venu exorciser une jeune fillette possédée par le Malin : un personnage farfelu et ignoble qui nous plonge d'emblée dans l'humour potache et scato du long-métrage des frères Wayans. Notons également la présence de l'excellent Tim Curry ("the rocky horror picture show", "legend", "ca", "à la poursuite d'octobre rouge", "maman j'ai encore raté l'avion", "congo", "charlie et ses drôles de dames", sans oublier l'excellent épisode "mort d'un pigeon voyageur" de la saison 5 de la série "les contes de la crypte"…) qui interprète le professeur Oldman, un homme de sciences qui n'hésite pas laisser de côtés ses expériences pour quelques séances de voyeurisme : là encore, le personnage est hilarant et magnifiquement interprété par le prodige britannique. L'acteur et scénariste David Cross ("disjoncté", "men in black", "small soldiers", "Alvin et les chipmunks"…) fait également partie intégrante du casting, au même titre que Tim Curry, et joue le rôle d'un handicapé en chaise roulante du nom de Dwight, l'assistant du professeur Oldman, personnage très porté sur le sexe également… Enfin, à la manière d'un certain agent spécial Doofy de "scary movie" premier du nom, on a ici aussi un personnage loufoque qui se démarque des autres par son excentricité : le majordome Hanson interprété par Chris Elliott ("abyss", "un jour sans fin", "mary à tout prix", "scary movie 4"…), un rôle mordant qui fait mouche à plusieurs reprises durant le film, même si l'on retiendra surtout volontiers la scène du repas, une séquence très jouissive qui en fera rire plus d'un d'entre vous!
Vous l'aurez aisément compris, nous revoilà face à un casting ultra stéréotypé : la bimbo, l'idiot fumeur de joins, le pervers, l'homosexuel refoulé, la jeune sotte… Mais, au vu des résultats au box office du premier opus des frères Wayans, il semblait indéniable de reprendre les mêmes ingrédients pour concocter cette suite, surtout quand celle-ci se veut au départ plus gourmande et plus délirante que son prédécesseur…



En ce qui concerne le scénario, rien d'étrange ici non plus : on est à nouveau confronté à une parodie axée sur les films d'horreur. Seulement ici, le slasher movie n'est plus le fil conducteur comme il l'était dans "scary movie" ("scream", "souviens-toi l'été dernier"…), le long-métrage faisant la part belle aux films paranormaux (le Diable, démons, fantômes et autres esprits semblent avoir retenu l'attention des scénaristes). On retrouvera en effet des clins d'œil à des films tels que "l'exorciste", "poltergeist", "amityville" ou encore "sos fantômes" et bien évidemment "la maison de l'horreur". Mais, outre le domaine du paranormal, d'autres films horrifiques sont parodiés tels que les évidents "destination finale", "urban legend", "hannibal", "simetierre", "creepshow", "alien la résurrection", "les griffes de la nuit" ou encore l'épisode "allez vous faire pendre" de la série "les contes de la cryptes" pour les plus subtils! Encore une fois, les films horrifico-fantastiques ne sont pas les seuls à être ciblés et "hollow man", "mission impossible 2" "charlie et ses drôles de dames", "twister" ou encore la série "Sabrina l'apprentie sorcière" sont choisis par les frères Wayans pour agrémenter le film de quelques séquences humoristiques!
L'histoire en soi se suit facilement, le réalisateur ne cherchant pas 'étendre le scénario avec des flash-backs ou des histoires parallèles à la trame principale, comme c'était le cas dans "scary movie". La totalité de l'histoire se passe donc dans la maison hantée, à l'exception des deux-trois séquences à l'Université de Cindy…
Concernant le rythme du long-métrage, encore une fois aucune minute ne se passe sans que les scénaristes ne tentent un gag plus ou moins réussi. D'emblée, on est lancé dans le film avec une introduction qui frise le chef-d'œuvre en terme de parodie : c'est bien évidemment le culte "l'exorciste" (1974) de William Friedkin qui est ici magnifiquement parodié. Un pipi bien long, un homme de Dieu nommé McZizi (merci James Woods!) désireux de forniquer avec la jeune fille possédée, une fanfare de dégueulures, une séquence aux WC qui vaut son pesant d'or (ma scène favorite du film en ce qui me concerne!), un exorcisme frôlant les limites de la vulgarité : voilà ce qui vous attend dans cette introduction qui, à elle seule, mérite le visionnage de ce second opus! (Ce qui est le cas également dans "scary movie 4" bien que, dans cet opus navrant, seule l'introduction à la "saw" vaut quelque chose, éteindre la télévision après celle-ci ne serait pas un crime…).

Passé l'introduction, le film se tient mais les faits sont là : on ne rit plus autant et certains gags ne fonctionnent pas car trop puérils (Shorty qui explique à Cindy comment être cool; la bagarre qui confronte Cindy au chat; la scène où Shorty se fait fumer par la plante géante…) ou lourds (les séquences avec le perroquet Burdie sont à s'arracher les cheveux; la scène du ballon de basket; la confrontation entre Cindy et Hanson où l'on a droit à des imitations de singe bourré, de vache folle…) : des gags qui font l'effet d'un pétard mouillé et ne semblent être là que pour rallonger le film de quelques minutes… Tiens, justement parlons-en, la durée du film est assez pathétique : 1h15 c'est peu comparé au premier épisode! Vous l'aurez bien compris, nous venons de voir en détails les gros point faibles de "scary movie 2" à notre grand désarroi…



Restent toutefois d'excellents moments comme la scène du repas avec notre cher Hanson, le majordome farfelu à la main atrophiée! Une scène fort jouissive, bien qu'infantile à certain moment, qui relève le niveau rabaissé antérieurement en raison de la médiocrité de certains passages après la magnifique séquence d'introduction du film… Notons aussi, dans la dernière partie du film, la scène de combat en chaises roulantes hilarante elle aussi. On prendra également plaisir à retrouver des clins d'œil au premier opus par le biais de gags en provenance directe de celui-ci : le "doigt dans le c**", le dévoilement inattendu de tétons difformes, l'éjaculation exagérée, la fellation dans la voiture engendrant un accident automobile…
Malgré tout, il faut bien le dire, "scary movie 2" se veut une parodie très scato, très "pipi-caca" et fortement portée sur le sexe (bien plus que le précédent opus) avec certaines scènes osées et effrontées comme l'auto-fellation de Dwight, le zizi-lasso, la fellation paranormale, la scène de Hanson et la dinde et autres scènes de baise, dégueulis et pets… Ceci n'est pas pour autant un point négatif, malgré l'humour facile et puéril qui en découle, car ces scènes donnent de bonnes doses de fraîcheur au scénario.

Dans cet opus, les frères Wayans ont à nouveau jugé bon de critiquer, par l'intermédiaire de gags, certains thèmes de la Société d'aujourd'hui. On retrouve donc à nouveau une critique du racisme (ce passage où Brenda s'exclame : "je vais attendre qu'il [le squelette] lui [Cindy] mutile son p'tit cul de blanche!" ou encore la scène où elle se demande : "Pourquoi les blancs se séparent toujours dans les moments flippants?" et à ce moment tous les blancs se sauvent ensemble et laissent seuls les noirs, en minorité…) ou encore des jeunes d'aujourd'hui et du rap américain (hip hop) comme c'était déjà le cas un an auparavant dans "scary movie". Le sexe est également fortement mis en avant dans cet opus et on a également droit à de l'humour noir sur les handicapés (Hanson et sa main atrophiée dont tout le monde est horrifié démontre bel et bien cette discrimination envers la population handicapée, au même titre que notre malheureux Dwight, dépourvu de l'usage de ses jambes, qui se voit la cible d'un bon nombre de soucis et de moqueries tout au long du film…). Nul doute que les frères Wayans ont voulu montrer, par le biais de l'humour, la frustration de certaines personnes handicapées qui vivent en marge de la Société…

En ce qui concerne l'aspect visuel, même si ce registre ne touche pas en priorité un film humoristique, je me dois d'en dire deux-trois mots tout de même pour un souci d'organisation commune de mes critiques.
Les décors collent fort bien à l'ambiance du film : la demeure hantée possède ses longs et étroits couloirs lugubres où sont accrochés divers tableaux d'aïeuls, à la manière d'un manoir sorti tout droit des ténèbres.
Pour ce qui des effets spéciaux, ceux-ci remplissent le cahier des charges sans pour autant chercher à rivaliser avec de véritables films fantastiques : on a droit à des spectres à la "sos fantômes", un esprit machiavélique comme dans "la maison de l'horreur", une plante vorace qui rappellera un certain sketch de "creepshow"…



Enfin, finissons sur une autre note positive en parlant de la musique du film. Même si celle-ci est très variée, la bande originale colle parfaitement à l'ambiance générale de "scary movie 2". Mêlant adroitement certains thèmes tels que l'horreur (pour les passages paranormaux, inquiétants et lugubres), la féerie (pour la scène de rencontre entre Cindy et Hanson) avec ses flûtes harmonieuses, le cartoonesque (pour la scène de combat avec le chat), le style afro-jamaïcain (pour la scène du pétard et de la plante), ou encore l'électronique ("smells my bitch up" de Prodigy qui donne du tonus au combat final), les musiques font ici partie intégrante de la narration et complètent à merveille le jeu des acteurs!

Au final, ce deuxième opus de la saga des "scary movie", bien que nettement inférieur au premier volet, demeure un épisode très divertissant malgré son humour très scato, son trop-plein de gags lourds et sa durée assez courte. On se surprend à rire aux éclats devant des scènes hilarantes telles que le repas ou encore le combat en chaises roulantes. Toutefois, s'il ne fallait retenir qu'une chose de cet opus, ce serait sans aucun doute l'introduction servie par un James Woods irrésistible! Certainement la meilleure séquence des quatre premiers épisodes réunis!






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