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Le détective Hoffman, secondé par les agents Perez et Strahm, revient sur le lieu où l'inspectrice Kerry avait été retrouvée écartelée. Tandis qu'ils essaient de trouver quelques indices, le commandant Rigg est enlevé et forcé malgré lui de débuter un nouveau jeu mortel. Il ne dispose que de 90 minutes pour, une fois n'est pas coutume, sauver sa propre vie ou sacrifier celles de ceux que Jigsaw a disposé sur son chemin…



Le premier opus fût le coup d'éclat de l'année 2004, et depuis, chaque année, un nouvel épisode nous est livré. "saw 2" délaissait le huis clos du premier pour offrir un casting plus nombreux qui déconcertât les fans. Enfin, "saw 3" jouait principalement la carte du gore et mettait un terme aux agissements de John et d'Amanda.
Mais comment diable poursuivre la saga dans ce cas ? Bien malins, les scénaristes ont fait le choix de commencer un autre jeu orchestré par l'habile Jigsaw pourtant décédé.
Le film démarre à la morgue avec l'autopsie de John, où les lumières blafardes et le bruit des instruments mettent en scène le corps ouvert du Jigsaw dans lequel se trouve le dispositif déclencheur d'une nouvelle partie.

Et le réalisateur va volontairement délaisser l'aspect uniquement gore du métrage. Construit comme un thriller, Saw IV n'en oublie par pour autant de nous livrer quelques pièges machiavéliques. Mais le mot d'ordre est plutôt de martyriser la surface des chairs dans son ensemble. La tendance n'est donc plus à l'extrême et mise principalement sur le passé de John pour expliquer une nouvelle fois sa volonté de faire mal. Habitués que nous étions à voir Tobin Bell dans une noirceur absolue, la surprise est grande de le découvrir en homme simple et amoureux de sa femme Jill qui attend un enfant de lui. Une maternité qui nous livrera d'ailleurs toutes les raisons de ses futures déviances.
Car pour orchestrer cette nouvelle partie, il paraît clair que John, une fois de plus, a fait appel à une ou plusieurs complicités. Et ce sont les nouvelles victimes et autres indices qui mènent les agents sur la piste de son ex-femme. Bien évidemment la solution est bien trop simple et nous devinons sans peine que son éventuelle participation est vaine.

Le film nous livre en quelque sorte le profil de John avant qu'il ne bascule du côté obscur. Méthodiquement, le réalisateur nous montre l'effritement de sa personnalité jusqu'au point de non retour. Il nous est dévoilé aussi la fabrication des premiers pièges, les explications sur le masque de cochon, et surtout celle du pantin à tricycle qui devient bouleversante en opposition à l'image inquiétante qu'elle imprime sur l'ensemble de la saga. Ne soyez donc pas surpris si par moment John vous émeut. L'homme ne fait que se battre contre la maladie, et repense au père qu'il devrait être : les raisons suffisantes pour faire souffrir les autres qui ne respectent pas leurs propres vies. Et c'est pourquoi le commandant Rigg est condamné à ouvrir de nouvelles boîtes et de nouvelles portes pour découvrir de nouveaux pêcheurs. Sauver sa vie ou condamner celles mises sur son chemin, l'homme verra sa conscience bien souvent mise à l'épreuve avec une règle en plus : Jigsaw l'instrumentalise au point de le présenter comme l'éventuel bourreau des personnes qu'il rencontre.

Ce nouveau parcours sanglant amènera notre homme vers une conclusion où bon nombre de protagonistes vont se retrouver dans l'antre finale. Saw IV ne déroge pas à la règle et nous gratifie évidemment d'une fin surprise, devenue la marque de fabrique attendue par les fans. Alors que le film présente une lecture psychologique de qualité, le twist final malgré une débauche de rebondissements ne restera pas, quant à lui, comme le meilleur de la série, plombé par trop de flashbacks pour en expliquer la raison. Il est à noter que Bousman a mûri derrière sa caméra et propose une mise en scène beaucoup plus fluide et adulte qui crédibilise le projet que certains voyaient comme celui de trop. Il n'en est rien et Saw IV est sans conteste le meilleur épisode depuis le premier opus. Et Jigsaw d'asseoir un peu plus son statut d'icône.