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En 2055, une technologie est mise au point pour permettre des voyages dans le temps. Lors d'un de ces safaris, l'expérience dégénère car l'un des participants altère le passé en emportant de son voyage, un papillon. Une course contre la montre est engagée pour rétablir le présent qui subit d'énormes modifications, mettant en danger la civilisation humaine...



Il y a des catastrophes filmiques qui font mal au cœur. Réalisateur de films appréciables en son temps "Outland", "2010" et le très lovecraftien "Relic", Peter Hyams, vient de commettre l'une des pires bouses made in Hollywood de ces dernières années. On sentait le bonhomme peu en forme déjà avec "La fin des temps", mais là on assiste à un enterrement en dernière classe. Avec un budget important de plus de 50 millions de $, le voilà en charge d'adapter une nouvelle de Ray Bradbury.
Autant dire que le film était très attendu pour sa sortie programmée......en 2003. Bizarrement, l'année 2003 s'achève sans plus de nouvelle de ce film. Rebelote en 2004. Inutile de dire qu'un tel retard sentait le roussi. Pourtant la nullité du produit final n'est pas entièrement de la faute de Hyams, mais d'un concours de circonstances qui vit notamment la pluie se déchaîner sur les décors à Prague (on comprend mieux les infects inserts du décor, faits certainement par un gosse de quatre ans) et la faillite de la société de production.

Mais notre bon ami Peter Hyams, n'a pas dû beaucoup mettre du cœur à l'ouvrage pour rattraper le coup, laissant ses acteurs cabotiner à mort. Le gagnant du concours à qui joue le plus mal est certainement Ben Kingsley, qui affublé d'une moumoute pas piqué des vers ainsi que d'une barbichette, parodie le richissime Richard Attenborough dans "Jurassic Park". Comme sauveur d'une planète mise en danger (encore une fois provoquée par des expériences scientifiques faites uniquement dans le but de plaire aux riches qui s'ennuient... c'est d'un original tout ça!), Edward Burns (bientôt dans le remake de "La mort en ligne") se contente d'être présent. Enfin, son enveloppe corporelle, car son jeu d'acteur est resté aux vestiaires, tout comme celle de la personne chargée des décors. Un mélange de futurisme (normal, jusque là) et de rétro (les vestes et chapeaux des années 50) qui se marie très mal sur le plan visuel. Les personnages évoluant sur un fond bleu à peine camouflé par des incrustations même pas digne d'un jeu vidéo récent. Au rayon des désastres (trop nombreux pour être cités entièrement), on a des véhicules en toc, une ville reconstituée numériquement, et un environnement sonore fort hilarant. Mais, le meilleur reste l'animation chaotique d'un prétendu Allosaurus. Je demanderai à Steeve s'il s'agit vraiment de la bonne espèce :).

"A sound of thunder" s'avère donc un film interactif, puisque non content de nous transporter dans le passé, fait de même avec des effets spéciaux préhistoriques, dont même la société Nu Image ne voudrait pas. Surtout ceux se déroulant lors du voyage spatio-temporel! Même la série "Stargate SG-1" fait mieux et est plus convaincant. Plombé par un déficit de crédibilité, le film retrouve quelques couleurs encourageantes lors des apparitions de singes géants et de chauves-souris non moins gigantesques. Mais une simple démo de quelques minutes aurait suffit.

Sorti en cachette en France sans passer par la case cinéma, "A sound of thunder" est un film véritablement honteux. Demander à ceux qui y ont participé de vous en parler, comme à Catherine McCormack ("28 semaines plus tard"), qui espère bien que personne ne connaîtra ce navet. On ne prend pas de risque à lui prédire une diffusion sur M6 un de ces jours. Dommage de voir un tel potentiel sur le thème de "L'effet papillon" gâché par une production chaotique. Avec ses dialogues pompeux (ah les monologues du vagin... ah non, de Ben Kinglsey, scusez moi) et le sérieux de son intrigue, rien ne joue en faveur de ce film.
Peter Hyams, lui, a disparu dans une faille spatio-temporelle et ne donne plus signe de vie depuis. Mais si vous ne devez voir qu'un nanar hilarant en ce début de 21ème siècle, "A sound of thunder" est fait pour vous. De quoi mettre vos zygomatiques à rude épreuve. Prévoyez quand même d'autres occupations de rechange, au cas ou.








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