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Réalisation
Ishirô Honda

Scénariste
Shinichi Sekizawa

Date de sortie
1964

Genre
kaiju eiga

Tagline


Cast
Haruo Nakajima
Katsumi Tezuka
Masaki Shinohara
Shoichi Hirose
Emi Ito
Yumi Ito


Pays
Japon

Production


Musique
Akira Ifukube

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.4
(3 votes)
Une prophétesse de Vénus arrive sur Terre et met en garde l'humanité contre l'imminence de catastrophes. Elle prévoit ainsi le retour de Rodan et de Godzilla, et prévient contre un danger bien plus grave: l'arrivée sur Terre du dragon à trois têtes King Ghidorah, qui a détruit sa planète natale. Alors que Rodan et Godzilla réapparaissent effectivement, un météore aux étranges facultés s'écrase dans les montagnes. La prophétesse est également poursuivie par des assassins d'un petit royaume d'Asie, la prenant pour une princesse récemment disparue, au moment où le météore s'ouvre, libérant le dragon destructeur. Dès lors, le seul espoir pour l'humanité sera de voir Godzilla, Rodan et Mothra unir leurs forces contre cet ennemi surpuissant...



Suite directe de "Mothra contre Godzilla", ce film va être le précurseur de bien des films de la saga, en instaurant beaucoup de caractéristiques jusqu'alors absentes des Godzilla précédents. Tout d'abord, Honda vient créer le premier monstre venu de l'espace: King Ghidorah. Nouveau monstre emblématique de la série, cet "uchukaijû" ("monstre de l'espace") va prendre une place spéciale. Il s'agit en effet de l'un des monstres les plus destructeurs et puissants du monde créé par la Toho, et donc d'un des adversaires, sinon "l'adversaire" le plus dangereux pour le roi des monstres. Ce monstre, alliant des caractéristiques d'une Hydre (les trois têtes) et du dragon (le look des têtes, et sa capacité à voler) sera ainsi l'un des opposants les plus fidèles de Godzilla, revenant à sept reprises, et a la particularité de n'être quasi exclusivement qu'un monstre malfaisant, là où les autres créatures de la Toho auront souvent des rôles variant entre destruction et protection de la planète. La seule exception à ce côté néfaste du dragon n'interviendra que dans le GMK de 2001. De fait, ce côté "méchant ultime" de King Ghidorah va conduire aux deux autres grandes nouveautés du film, dont la première est que face à ce monstre, Godzilla va se transformer indirectement en défendeur de la Terre. Ce changement donnera une nouvelle direction à la série, puisque de menace dans les quatre premiers films, le Big G va devenir un protecteur de l'humanité, côté qui deviendra de plus en plus fort au long de l'ère Showa, le transformant rapidement en monstre pour enfant, et ce pendant 10 films, jusqu'à sa première retraite en 1975. Une première qui aura donc de lourdes conséquences sur l'orientation de la série.

Mais, dernière grande nouveauté côté monstres, King Ghidorah étant conçu comme un monstre inarrêtable (la civilisation vénusienne n'a pas pu le stopper malgré des technologies bien plus avancées que celles de notre planète), Godzilla ne peut l'affronter seul. Il aura alors besoin du soutien de Rodan, dont c'est la première apparition dans la saga, et de mothra, sous sa forme larvaire. Nous tenons donc la toute première réunion de monstres, alors que jusqu'ici, les films ne proposaient que des duels. Cela permet une plus grande vigueur lors des combats, mais cela entraîne malheureusement une scène ridicule dans le film. En effet, les monstres ne vont pas s'allier spontanément, ce qui est somme toute logique étant donné qu'ils n'ont eu de cesse de se bastonner jusqu'alors. Mais mothra, dans son infinie sagesse (on y revient toujours), va concentrer ses efforts pour les convaincre de s'allier. Pas par le combat, ce serait trop simple, mais par le dialogue (oui, vous avez bien lu…). Évidemment, les monstres utilisant un "langage"…de monstres, cela se traduit par des grognements et des gestes. Heureusement, les Shobijins, c'est-à-dire les prêtresses de mothra pour ceux qui n'auraient pas lu les précédentes fiches (interprétées pour la dernière fois par Emi et Yumi Ito) vont traduire pour nous le débat. Pour résumer, Godzilla et Rodan n'ont pas envie d'aider l'humanité, parce que les hommes ont constamment œuvré pour les détruire, et il serait donc idiot de les aider maintenant. Mais mothra, dans son infinie sagesse (oui, encore), va trouver les arguments décisifs en se lançant seule dans la bataille, fidèle à son sens du sacrifice et à sa mission de protection de l'humanité. Un peu honteux de voir l'insecte subir seule la colère de King Ghidorah, Godzi et Rodan décideront alors de la rejoindre, pour enfin nous proposer le combat tant attendu, l'un des plus spectaculaires depuis le début de la saga.

Mais "Ghidorah, le monstre à trois têtes" ne fait pas que suivre les pérégrinations des monstres. En effet, Honda va mettre en place une intrigue secondaire, proche du film d'espionnage, avec le personnage de la Vénusienne et de la princesse (qui finalement ne sont qu'un seul et même personnage), et les assassins à sa poursuite. Poursuites, échanges de coups de feux, négociations, menaces…Bref, tous les éléments caractéristiques de ce genre de film y passent, et occupent l'écran pendant un bon moment (King Ghidorah n'apparaît que dans la dernière demi-heure), sans que cela ne soit réellement gênant. Mais cette intrigue parallèle, encore une nouveauté dans la saga même si "Mothra" et "Mothra contre Godzilla" en présentaient les ébauches, fera elle aussi de nombreux descendants, puisque plusieurs suites comporteront ce genre de développements.

Et là, j'en vois certains se dire "c'est bien beau de nous présenter ce que le film apporte de nouveau, mais que vaut le film en lui-même?". Patience papillons (sublime référence à mothra, j'en serais presque fier si je n'avais pas relu plusieurs fois ma critique pour réussir à la caser), j'y viens. Le film est évidemment très bien rythmé: le nombre de monstres permet en effet de nombreuses destructions, et de nombreux affrontements, toujours aussi bien filmés par Ishirô Honda. King Ghidorah gagne dès sa première apparition un statut culte grâce à ses extraordinaires capacités de destruction, et l'alliance entre Godzilla, Rodan et mothra occasionne quelques moments très savoureux lors des combats (notamment pour mothra, qui sous sa forme de larve n'aurait pas eu beaucoup de possibilités). La sous-intrigue est sympathique, et ne dessert pas le film, ne tombant jamais dans les excès du sérieux total ou du délire de scénariste. Reste donc malheureusement la scène du dialogue, qui arrive comme une mouche dans un potage (sans commentaire, merci…), faisant perdre pas mal de crédibilité au reste du métrage. Reste néanmoins un très bon kaiju eiga, un très bon Godzilla, ce qui va malheureusement se faire rare les années suivantes…