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Un petit film indépendant rempli d'adolescents écervelés, voués à une mort certaine, ça n'a jamais fait de mal. Et en plus ça va plaire à Gérald, le monomaniaque de la machette, l'obsédé de l'ado' débité, l'inconditionnel du slasher. Un groupe d'adolescents oisifs, occupe son temps en jouant au "Killer". Le jeu est simple : une carte par participant. Chaque participant en tire une au hasard avant de s'enfuir en courant sans révéler sa carte. Le détenteur de la dame de pique est le "Killer". En tant que tel il doit collecter des armes diverses et définies à l'avance afin de tuer (pour de rire !) ses petits camarades. Seul hic, leurs parents ne sont pas exactement enchantés par ce jeu. Il leur est donc interdit d'y jouer dans leur maison respective. Cerise sur le gâteau, Collin le cousin de Lucy leur est imposé parce qu'il s'est fait expulser de son ancien lycée. C'est un garçon étrange, silencieux, et très sombre (il porte du noir !). Pour pouvoir s'adonner à leur passe-temps favori, la petite bande va se laisser enfermer dans un immense entrepôt, pensant laisser derrière elle Collin, consigné dans sa chambre par le père de Lucy. Sur trois étages, de longs couloirs donnent accès à une infinité de casiers de plus ou moins grande taille (la plupart étant suffisamment imposant pour contenir du mobilier et des êtres vivants). C'est l'endroit rêvé pour jouer au "Killer". Le seul problème c'est que quelqu'un dans cet entrepôt prend le jeu bien trop au premier degré. Résultat, des adolescents macchabées finissent par joncher les couloirs...



En temps normal, mon quotient de supportabilité en matière de slasher, est très faible, voir nul. Des adolescents parfaitement attardés qui forniquent en attendant de se faire débiter en cubes pour apéritifs de psychopathes, quel intérêt ? Tout le monde gagnerait du temps si ils sautaient directement dans un presse-purée géant. En cinq minutes tout est haché, et il ne reste plus qu'à rentrer à la maison.

Pourtant, The Murder Game comporte un nombre plus qu'imposant d'adolescents. Puisque tous les personnages principaux sont au lycée. Cependant, à la différence des slashers hollywoodien qui sentent l'argent à plein nez, les ados de The Murder Game ressemblent à de vrais ados – les acteurs le sont – pas à des adultes avec des têtes d'ange qui jouent des gosses attardés. Et ce n'est pas négligeable comme atout. En effet, les acteurs sont touchants parce qu'ils n'ont pas vraiment l'air de jouer un rôle, mais plutôt d'être ce qu'ils sont : des jeunes gens pleins de vie, avec leurs problèmes et leurs interrogations.
Certes, tous ne sont pas des acteurs émérites, et quelques uns sont même très limités. Malgré cela, une sorte d'alchimie lie les acteurs, et les rend tous unis et authentiques.

Comme dans tout slasher qui se respecte, le scénario est normalisé, et ressemble à celui de n'importe quel autre slasher. Des jeunes sont enfermés dans un hangar pour jouer à un jeu de société, une sorte de cluedo géant. Mais très rapidement, la situation dégénère et les adolescents tombent comme des pucelles effarouchées lors d'un concert de Patrick bruel. Bien évidemment, celui d'entre eux qui est le plus suspicieux décide de disparaître à ce moment. La suite vous la devinez. Les deux ados qui "forniquaient" finissent bien évidemment en purée humaine agrémentée d'une sauce à l'hormone. Et les survivants se séparent en petits groupes jusqu'à former des groupes de un. Ce ne sont que des adolescents, d'autres préoccupations occupent leur cerveau. Le problème avec les groupes de un, c'est que le temps de survie est aussi épais qu'une grenouille desséchée en plein cagnard sur laquelle serait passée une manifestation de féministes enragées. D'un autre côté, le principe même du slasher est de voir les adolescents susdits se faire décimer. De ce fait, s'il s'agissait de jeunes gens doués de sens commun, le film aurait duré 10 minutes, personne ne serait mort excepté le spectateur, terrassé par l'ennui.

Facile à comprendre – même surtout pour un adolescent – le scénario de The Murder Game ne dépareille pas de ceux de ses concurrents. Le slasher c'est mignon, mais il serait temps de penser à écrire un nouveau scénario parce que celui là ça fait 20 ans qu'il tourne.

Le manque d'originalité dicté par le genre, n'handicape en rien le déroulement du métrage. Bien au contraire, Robert Harari semble connaître ses gammes et réalise son film avec autant de maestria qu'un chef d'orchestre fauché n'ayant pour seule baguette qu'une poutrelle de 50 kilos. Malgré tout le talent qui peut être mis en œuvre, le manque de moyens peut parfois se poser en obstacle comme c'est ici le cas.
En effet, la photographie de The Murder Game est tout au plus utilitaire. Quoiqu'il en soit le lieu où se déroule n'a rien de joli, se limitant à des couloirs de bétons parsemés de portes en tôle peinte. C'est à peu près aussi convivial qu'un bunker qui aurait été designé par Andy Warhol. Du fait de la disposition des lieux, la mise en scène ne fait pas dans la surenchère d'artifice, et demeure fort simple.

Cependant, considérant qu'il s'agit d'un slasher, un ingrédient d'importance capitale fait défaut : à aucun moment la "belle" du film ne montre ses seins. Pourtant cela démange fortement la caméra, tant les plongées sur le décolleté sont équivoques… pourtant jusqu'à la fin, la pudeur l'emporte. Heureusement, parmi les protagonistes se trouve une très jolie rousse, et comme le dit le dicton : "Rousse is beautiful !" (Hé non, je n'ai pas dit "pierre qui rousse n'amasse pas moule" !).

Au final, The Murder Game est un slasher divertissant, malgré son budget aussi serré que le slip d'un adolescent pré pubère qui découvre avec joie que la maîtresse ne porte pas de culotte. S'il est un peu trop conventionnel pour être inoubliable, son ton juste, et sa mise en scène utilitariste permettent de passer un bon moment. Il ne reste plus pour Robert Harari, qu'à doubler le budget (au moins) pour nous montrer ce qu'il a vraiment dans le ventre (ça suffit les figures de style situées en dessous de la ceinture, nom d'une pipe !).








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