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Un navire coule non loin d'une île appelée Infant Island, qui fut le théâtre d'essais atomiques rendant le périmètre impossible d'accès. On retrouve néanmoins quatre survivants de l'accident, qui déclarent avoir survécu grâce à une tribu qui vivrait sur l'île contaminée. Les autorités décident alors de monter une expédition afin d'en savoir plus sur les habitants et les raisons de leur survie dans ce milieu empoisonné...



Après "Godzilla" en 1954 et "Rodan" en 1956, Ishiro Honda vient en 1961 créer une nouvelle créature géante : Mothra. Cet insecte énorme, qui emprunte ses caractéristiques physiques à la mite (et je vais essayer d'éviter les jeux de mots graveleux à ce sujet) et au papillon de nuit, va rapidement devenir un monstre fétiche auprès du public, et ainsi revenir côtoyer godzilla dans de nombreux films de la série, mais surtout assurer l'intérim quand le "Big G" fera une pause dans les années 90, avec la trilogie "Rebirth of Mothra". Ce statut particulier de Mothra tient notamment au fait que l'insecte est presque exclusivement un protecteur de l'humanité, se dressant contre godzilla ou les autres monstres menaçant la planète. Cela tient aussi au côté martyre de l'animal, qui est souvent très mal en point dans les films, étant gravement blessé voire plus dans beaucoup des films où elle (oui, "elle", parce même si on n'a jamais su son sexe, on suppose généralement que c'est une femelle, ce que confirment les sous-titrages des films) figure. Mothra naît donc en 1961, et comme ses deux prédécesseurs de la Toho, apparaît d'abord seule, avec pour seuls ennemis les hommes et leurs armes.

Là où godzilla dénonçait la menace du nucléaire et de la course à l'armement, où rodan représentait la peur des typhons et tsunamis, Mothra personnifie la Nature. Elle va donc à cet égard incarner la colère de la Terre face à l'exploitation intensive que font les hommes de la planète, et intervenir lorsque la sécurité de la Terre ne sera plus assurée. La mite géante est donc un "personnage" sacré dans la mythologie kaiju, et dispose souvent d'une aura la dotant d'une grande sagesse. Ainsi, dès son premier film, Mothra va intervenir pour défendre ses gardiennes sacrées, les jumelles miniatures appelées ici Shobijin (leur appellation varie selon les époques), enlevées par un homme peu scrupuleux pour en faire une attraction. Cette idée de l'enlèvement d'une créature enlevée de son habitat d'origine pour être exhibée au public n'est d'ailleurs pas sans rappeler "King Kong". Cette importance des jumelles va amener à un des points particuliers des films mettant en scène Mothra. En effet, pour appeler Mothra, les Shobijin chantent à plusieurs reprises dans le film, dans des scènes s'apparentant parfois à de véritables clips musicaux. Si cette originalité est intéressante les premières fois, elle peut toutefois rapidement lasser. Ces chants sont d'ailleurs mis en parallèle avec les chorégraphies des indigènes, qui dansent pour faire éclore l'œuf énorme et multicolore de l'insecte.

En effet, Mothra va passer dans le film par les trois stades de sa vie d'insecte: en naissant, elle n'est encore qu'une larve et a donc l'apparence d'une chenille. Puis, elle confectionnera un cocon dans lequel elle se développera, avant enfin d'en sortir sous la forme qu'on lui connait d'ordinaire. Cela va permettre de varier un peu les actions, puisqu'il faut bien avouer que niveau destructions et affrontements, un papillon géant n'est pas l'idéal. Ainsi, la larve de Mothra viendra détruire, écraser quelques bâtiments et affronter les militaires, avant que Mothra sous sa forme finale n'utilise elle le vent créé par ses battements d'ailes. Il faut noter que les maquettes sont particulièrement soignées, et il est même difficile à certains moments de distinguer les maquettes de maisons des plans montrant de vrais bâtiments. Le tout filmé par un Ishiro Honda en très grande forme, qui nous donnera par exemple l'image culte de la larve de Mothra se préparant à faire son cocon contre la Tokyo Tower. Malheureusement, les chars, tanks et autre avions sont toujours aussi loupés, et on voit toujours autant qu'il s'agit de miniatures. Contrairement à rodan, les véhicules ne sont pas vides cette fois, mais conduits par des personnages en plastique rigides qui ne bougent donc pas. De même, certaines incrustations sont particulièrement mauvaises, alors que la plupart des autres effets spéciaux sont plutôt réussis pour l'époque.

La première apparition de Mothra se fait donc dans un film agréable, parfois un peu longuet mais très beau grâce à ses images et au message écologiste qu'il véhicule, dénonçant l'utilisation que fait l'homme de la nature, et notamment des espèces protégées (problème qui concerne particulièrement le Japon). Un message qui sera présent dans plusieurs films mettant en scène l'insecte, comme "Mothra contre godzilla" ou "godzilla & Mothra: The Battle for Earth". L'insecte géant sera vite élevé au rang de star du Kaiju Eiga, apparaissant dans neuf films de la série godzilla, et dans sa propre trilogie. Il est donc peu dire que de considérer que "Mothra (1961)" marque la naissance d'un mite (désolé, j'ai pas pu m'empêcher...).








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