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Un 31 octobre, à Haddonfield, Illinois, le soir de la fête des masques de Halloween... La vie du jeune Michael Myers, 10 ans, bascule. Troublé par des pulsions morbides, moqué par ses camarades d'école parce que sa mère est strip-teaseuse, harcelé par son beau-père, tourmenté par les premiers émois sexuels de sa soeur aînée, il revêt un masque en latex et, dans un accès de folie, assassine la moitié de sa famille au couteau de cuisine. A la suite de cette nuit de cauchemar, il est pris en charge par le Docteur Sam Loomis, un brillant pédopsychiatre, mais tue sauvagement une infirmière, précipitant le suicide de sa mère, désespérée. Un 31 octobre, 17 ans plus tard. Toujours dissimulé derrière un masque et enfermé dans son mutisme, Michael s'échappe de la prison psychiatrique où il a grandi et recommence à semer des cadavres sur sa route. Convaincu qu'il est une incarnation du mal à l'état pur, le Docteur Loomis part sur sa piste. Celle-ci mène directement à Haddonfield, là où se trouve toujours la petite soeur de Michael, Laurie, seul membre de sa famille encore en vie...



Faire un remake d'un des classiques de l'épouvante contemporaine qu'est "Halloween ,la nuit des masques" est un pari aussi risqué qu' a représentait celui de "Massacre à la tronçonneuse". Pourtant, les deux relectures de ces chefs d'oeuvre du genre s'avère de bonne tenue, avec même dans le cas du film de Zombie, une tentative en partie avortée, de s'approprier le mythe de Michael Myers en y injectant son univers propre. Clairement divisé en deux actes, "Halloween 2007" débute par le récit de l'enfance de ce jeune garçon qu'est Michael Myers, élevé dans un environnement familial peu propice à un développement stable: un beau-père alcoolique, une soeur aînée qui mène sa vie sans se préoccuper de son petit frère, des camarades de classe qui se moquent du travail de sa mère ( strip-teaseuse),etc.. Sous le regard de Rob Zombie, la famille Myers ressemble à des freaks, qu'il affectionne particulièrement (Cf. "The Devil's reject"), le beau-père en tête, interprété par William Forsythe ("The Devil's reject"). La compagne du réalisateur, Sheri Moon, compose une époustouflante Deborah Myers et confirme qu'elle est bien une actrice de grand talent, capable de nous montrer toute une gamme d'émotions. Son destin est une véritable traversée de chemin de croix, après le meurtre de sa fille et la certitude que son petit garçon ne sortira pas de l'asile.

Révélation de ce film, le jeune Daeg Faerch, dans la peau de Michael à l'âge de dix ans, dont la prestation calme et froide rend les meurtres de la nuit du 31 octobre, particulièrement atroces, arrivant à les commettre sans sourciller. Même le port du célèbre masque trop grand pour lui dépasse la situation tragi-comique, pour aboutir à l'innommable lorsqu'il course sa soeur Judith dans les couloirs, la lardant de dix-sept coups de couteau. En suivant avant tout les pas du jeune Michael, le réalisateur prouve que le protagoniste principal de sa version sera le tueur masqué, et non Laurie Strode ou le Docteur Loomis.

Après s'être approprié la légende de Michael Myers avec une maestria qui n'a rien à envier aux plus grand réalisateurs du genre, Rob Zombie, laisse malheureusement tomber toute volonté d'innovation dans une seconde partie ultra codifié. Comme si la version de Carpenter l'intimidait pour qu'il ose sortir des sentiers balisés. Ainsi, on retrouve les mêmes personnages: Laurie et ses copines (Annie, la fille du shérif, et Lynda). On appréciera d'autant plus l'introduction bienvenue des parents adoptifs de Laurie , dont la mère est interprétée par Dee Wallace-Stone ("La colline a des yeux""Hurlements", "Critters"). Mais en se retrouvant à faire le remake en l'espèce d'une quarantaine de minutes, le scénario n'arrive pas à donner de la consistance aux différentes protagonistes. Ce qui nécessite de revoir le film de Carepnter pour mieux les appréhender. Ils en sont réduits ici à servir de victimes au tueur masqué.

A ce petit jeu des guests-stars invités sur le tournage, outre Dee Wallace-Stone, déjà mentionnée ci-dessous, les amateurs s'amuseront à reconnaître entre autres: Danny Trejo ( "Une nuit en enfer 3"), Brad Dourif ("Jeu d'enfant", "L'exorciste 3", "Urban Legend"), Sybil Danning ("Hurlements 2"), Ken Foree ("Zombie"), Danielle Harris ("Halloween 4", "Halloween 5", "Urban Legend")...La liste est bien trop longue mais c'est à un véritable festival de stars invités que nous convie le réalisateur. Certainement trop, car au lieu de s'intéresser à l'action du film, on guette la prochaine icône de l'horreur.. C'est là l'une des grandes faiblesses ce ce long-métrage. Et pendant ce temps, la jeune Scout Taylor-Hampton a bien du mal à rivaliser avec Jamie Lee Curtis, et compose une héroïne bien plus fade, délaissée qu'elle est par un script qui s'éparpille trop.

Alors que "Halloween 2007" s'emballe en accélérant son déroulement, Zombie, introduit un élément absent de la vision de Carpenter, faisant douter des véritables motivations de Michael: lorsqu'il montre une photo de lui et de Laurie , à cette dernière. Comme s'il tentait en fait un rapprochement et un retour à cette normalité qu'il a perdu depuis des années. Ce qui nous le rend presque touchant, mais la réaction de sa soeur ne fera qu'accentuer son sentiment de solitude.
Là où dans l'original, le tueur n'était qu'une ombre (The Shape), il est ici de tout les plans, véritable héros de ce slasher aux relents de tragédie familial. Sans pour autant que le scénario insiste lourdement (comme on pouvait le redouter) sur les motivations du tueur. Même le Docteur Loomis, interprété avec justesse, par un Malcom McDowell ("Orange mécanique", "Caligula", "La féline 1982") est totalement dépassé par la tournure des événements. Perdu dans cette tragédie, le docteur Loomis, n'est plus ici qu'un pantin comme les autres.

Rob Zombie conserve même dans sa seconde partie, l'aspect crasseux dans lequel baignait le jeune Myers. Les adolescents se promenant dans des décors insalubres. Sentiment accentué par une caméra au plus proche d'eux (ce qui peut s'avérer confus lors des attaques du Monstre), les accompagnant jusque dans leur dernier voyage. Dorénavant, Michael Myers, est transformé en véritable brute. Si cet aspect lui enlève le côté terrifiant qu'il avait auparavant, il devient une redoutable machine à tuer, à laquelle personne ne peut échapper.

Violent et nettement plus sanglant que l'original, "Halloween 2007" offre son lot d'émotions fortes, quitte à privilégier la violence pure sur la terreur. Ainsi, cette préquelle/remake s'inscrit dans la lignée des films d'horreur contemporain. On restera quand même sur le grand regret que Zombie aurait dû s'éloigner bien plus de l'original au lieu de repiquer des scènes identiques (le drap sur Myers par exemple). Le film film se révèle hybride, à la fois mi Zombie et mi Carpenter. "Halloween 2007" surprend néanmoins , grâce à un rythme endiablé et se révèle suffisamment prenant pour nous emmener jusqu'à un dernier cri final, sujet à bien des interrogations.






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