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Un terrible virus créé par UMBRELLA CORPORATION, une société de recherches ultra secrète, a contaminé la Terre entière, transformant les êtres humains en zombies. Seule une trentaine de survivants de cette crise planétaire est parvenue à échapper aux morts vivants et tente par tous les moyens de survivre et de rejoindre l'Alaska, seul endroit sur Terre où le risque de contamination serait moindre. Sur leur route, ils vont tomber sur une jeune femme du nom d'Alice dont le patrimoine génétique a été modifié par les techniciens d'UMBRELLA CORPORATION, ce qui lui confère des pouvoirs surhumains. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que le directeur de l'infâme organisation secrète est prêt à tout pour remettre la main sur Alice qui s'avèrerait être la pièce manquante dans l'élaboration d'un remède. Commence alors une échappée dans le désert du Nevada pour nos héros, pourchassés par des hordes de zombies affamés mais également traqués sans relâche par UMBRELLA…



Certains attendaient impatiemment le troisième opus de la saga des "resident evil", adaptations cinématographiques de la série de jeux vidéo à succès lancée par CAPCOM en 1997 sur Playstation. La firme, qui s'était déjà fait un nom dans l'univers du jeu vidéo avec notamment le titre "street fighter" sur Super Nintendo au début des années 90, tenta une percée dans le genre des survival-horror en fin de siècle et sortit le terrifiant "resident evil" sur playstation et ordinateur. Incarnant un tueur de zombies et autres monstres génétiquement modifiés par le virus d'UMBRELLA CORPORATION, le joueur parcourait les couloirs lugubres d'un manoir et devait résoudre des énigmes plus ou moins tordues tout en veillant à ne pas se faire dévorer par un quelconque être difforme demeurant dans la vieille bâtisse. Fort du succès de ce premier essai, CAPCOM lança peu de temps après le cultissime "resident evil 2" sur différentes consoles de salon, suivi d'un troisième opus nommé "nemesis". Après quelques autres pseudo-suites plus ou moins réussies (on retiendra surtout le magnifique "resident evil 0" sur Game Cube), le quatrième opus tant attendu par les fans arrive en fin d'année 2005 et s'avère être un petit bijou de plus pour la série.
C'est en 2002 que le réalisateur Paul Anderson ("shopping", "mortal kombat", "alien versus predator") décide d'adapter le jeu vidéo au cinéma. A la fois producteur, réalisateur et scénariste de "resident evil", Paul Anderson ne réussit cependant pas à reproduire l'ambiance émanant du jeu et certains verront ce film comme une insulte à la saga mythique de CAPCOM. Malgré tout, les puristes n'empêcheront pas au film de connaître un petit succès et celui-ci se verra même agrémenté d'un second volet en 2004, "resident evil : apocalypse" réalisé cette fois-ci par Alexander Witt, mais toujours écrit par Paul Anderson.



Autant le dire de suite, les adaptations de jeux vidéo de type survival-horror au cinéma sont rarement des chef-d'œuvres, comme en témoignent les films de ce cher Uwe Boll : "the house of the dead" et "alone in the dark". Seul peut-être "silent hill" de Christophe Gans sort du lot en nous proposant des séquences assez frissonnantes nous rappelant l'ambiance oppressante du jeu video de KONAMI. En ce qui concerne les deux premiers opus de la saga des "resident evil" sur grand écran, je n'irais pas affirmer que c'est mauvais, la mention "passable" me paraissant bien plus méritée. Il est vrai que le scénario diffère en partie de ce que l'on connaît sur console et que l'ambiance glauque et cauchemardesque n'est plus présente mais on perçoit tout de même certains éléments du jeu (les zombies, les licteurs, les chiens zombifiés, la modélisation de UMBRELLA CORPORATION, nemesis, certains passages comme celui où des bras surgissent de fenêtres condamnées...) qui traduisent bel et bien que l'on a affaire à une adaptation de jeu vidéo, aussi désordonnée soit-elle. Selon moi, le gros souci qui émerge des opus de la saga des "resident evil" au cinéma, c'est ce trop-plein d'action qui gâche les effets de surprises et ne traduit pas la tension que génère le jeu vidéo. Alors que le premier opus réussissait à conserver un climat de terreur à certains moments, le second volet, lui, nous offrait constamment des scènes de gunfight et se révélait être plus un film d'action que d'horreur à mon grand désarroi (même s'il faut bien admettre que le passage de l'école est terrifiant à souhait).

Tout ceci nous amène à l'année 2007 et la sortie du troisième opus de la saga des "resident evil", j'ai nommé "resident evil : extinction". Toujours avec Paul Anderson au scénario, c'est au tour cette fois-ci de Russell Mulcahy ("razorback", "highlander", "resurrection"…) de réaliser la troisième pierre de l'édifice. Mais malgré une réalisation d'honnête facture, le film s'avère fort ennuyeux, voire pénible, la faute à un scénario des plus simplistes. En effet, Paul Anderson semble ne pas vouloir jouer la carte de l'innovation sur ce troisième opus et nous gratifie d'une recette dont les ingrédients paraissent réchauffés. Ainsi, notre scénariste enchaîne les unes après les autres des idées directement inspirées de films de genre. C'est le cas principalement de "mad max 2" où l'on retrouve nos héros à la recherche d'essence au beau milieu du désert, ou encore du plus récent "l'armée des morts" pour les bolides blindés fabriqués à partir de carcasses de divers engins servant à percer dans les hordes de zombies. Mais les inspirations les plus flagrantes sont surtout celles du brillant "day of the dead" de George A.Romero, Paul Anderson n'hésitant pas à inclure dans son histoire les recherches d'un savant sur la façon de domestiquer les morts vivants (cette similarité allant d'autant plus loin que le savant en question va jusqu'à prêter un téléphone à son cher cobaye zombie pour voir ses réactions!!!) et va même jusqu'à utiliser le passage du film de Romero où l'on voit l'entrée des laboratoires à la surface de la terre avec autour une clôture tanguée par les zombies voulant entrer sur le site. Enfin, on notera une flagrante inspiration de "les oiseaux" d'Alfred Hitchcock par le biais d'une séquence remarquable mettant en scène des corbeaux zombifiés s'attaquant à nos survivants (une petite référence au jeu par ailleurs). Outre ces inspirations douteuses (je veux bien que l'on fasse des clins d'œil à des films cultes mais il y a des limites tout de même, une grande partie de la narration repose sur du déjà-vu : à ce stade, je n'appelle plus cela des clins d'œil mais de l'usurpation…), tout comme les deux autres opus de la saga, on retrouve cette omniprésence de l'action, au détriment de l'angoisse que suscite le jeu vidéo. En effet, mises à part quelques scènes inquiétantes au début (la station abandonnée par exemple…), le fil narratif de l'heure restante est composé du même motif répété x fois : des moments plats où il ne passe rien / de l'action à gogo / des moments où il ne se passe rien / de l'action à gogo… Et ne croyez pas que j'exagère en parlant de moments où il ne se passe rien, c'est la triste vérité : des passages sont tellement platoniques et dénués d'intérêt que l'on se surprend à fermer les yeux quelques secondes! (c'est d'ailleurs dans ces moments-là que l'on vénère le pop-corn qui nous maintient éveillé)



Parlons à présent du casting. Comme à l'accoutumée, dans la peau d'Alice, on retrouve avec enthousiasme notre actrice ukrainienne préférée Milla Jovovich ("le cinquième élément", "jeanne d'arc", "resident evil", "resident evil : apocalypse", "ultraviolet"…), toujours aussi remarquable dans son jeu d'actrice. Malheureusement, le reste du casting ne suit pas trop cet idéal : certains acteurs jouent la surenchère (un peu comme dans "land of the dead") tandis que d'autres ne nous font ressentir aucun sentiment, des personnages vides en quelque sorte. Toutefois, on retrouve entre autres parmi les bons acteurs Mike Epps (alias L.J.) qui a déjà joué dans le deuxième opus et qui donne une petite touche d'humour au film dans les moments creux, mais également Ali Larter (alias Claire Redfield) que l'on a pu voir également dans la série "heroes" (alias Niki Sanders) mais aussi dans des films de genre ("la maison de l'horreur", "destination finale", et "destination finale 2") et qui donne ici un peu de charisme au casting.

Concernant l'aspect visuel du long-métrage, il est indéniable que l'on ne peut pas reprocher grand chose. En effet, les décors rendent bien à l'écran : on se plait à voyager de dunes en dunes et à visiter de temps en temps des lieux inhospitaliers. Le peu d'intérieurs qui nous sont montrés sont ma fois convaincants : sales, vétustes et inquiétants sont des adjectifs qui qualifient assez bien les quelques salles visitées par nos héros en première partie de film. Mais la cerise sur le gâteau, ce sont les images de Las Vegas sous le sable (une scène que j'attendais avec impatience, l'ayant vue en partie dans les teasers et étant moi-même allé à Las Vegas) qui sont vraiment réalistes. Cette scène a par ailleurs été confectionnée par les soins d'Eugenio Caballero, récompensé d'un oscar pour les décors dans "le labyrinthe de pan". Comme je le disais, très peu d'intérieurs nous sont montrés ici, contrairement aux deux premiers opus de la saga : on suit nos héros principalement dans les dunes de sables en plein jour (adieu les laboratoires souterrains de "resident evil" et les nuits lugubres de "resident evil : apocalypse"). A noter que le tournage s'est déroulé dans le désert mexicain, sous un soleil de plomb!
Toujours dans l'aspect visuel, parlons à présent des maquillages. Là aussi c'est un bon en avant que fait cet opus par rapport aux deux autres : les designs des zombies sont très biens réalisés et on prend plaisir à les voir en gros plan (notamment durant la scène au laboratoire où les yeux du mort vivant change de couleur!). Par ailleurs, les effets spéciaux sont de qualité : je pense notamment aux chiens zombifiés du début qui attaquent notre chère Alice, tombée dans un traquenard, ou encore la scène finale du film mettant en scène un monstre fort bien réalisé. De même, la scène des corbeaux zombifiés reste peut-être la séquence primordiale du film : un passage très réaliste qui fait froid dans le dos.
Il est toujours bon de signaler par ailleurs que la saga des "resident evil" est interdite aux moins de 12 ans : inutile donc de chercher des passages bien gores ou craspecs, il n'y en a pas à l'exception de quelques scènes sanglantes par-ci par-là, vous serez prévenus!



Au final, "resident evil : extinction" est un film démontrant des qualités indéniables en terme de photographie et de design mais souffrant d'un scénario trop médiocre qui peine à le hisser dans la moyenne. Malgré de bons effets spéciaux et de bons maquillages, le trop-plein de scènes d'action au détriment des scènes chocs et angoissantes fait pencher mon opinion à mon grand regret du côté négatif de la balance : une grosse désillusion pour ma part. Ayant tout juste accepté le deuxième opus, celui-ci me pousse à croire que les numéros 3 sont rarement des réussites ("les dents de la mer 3", "saw 3", "chucky 3", "zombi 3", "halloween 3", "souviens-toi l'été dernier 3" ou encore "scream 3"…). Notons enfin que la fin du film laisse croire en l'arrivée d'un quatrième opus mais selon les dires de Paul Anderson, "resident evil" est une trilogie! Puisses-tu dire vrai Paul…








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