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Œuvrant pour un grand consortium occidental, Robert Caine, un riche homme d'affaires, se rend, tout en étant accompagné par Sara, une jeune et jolie attachée de presse, sur un site d'un pays du Tiers-Monde afin d'avaliser ou non la viabilité du projet de construction d'une gigantesque centrale thermonucléaire assez puissante pour alimenter en énergie électrique toute la planète. Sur place, il découvre une grotte enfouie sous les sables, sur les murs de laquelle sont inscrits d'étranges dessins et le mot "Jésus". Ces inscriptions, une fois interprétées, annoncent l'Apocalypse, chose qui fait sourire Robert Caine, du moins au début puisque les opposants au projet commencent à mourir mystérieusement et surtout, l'ordinateur supervisant les travaux de la centrale commence à bafouiller et répète inlassablement une formule mathématique qui, lue à l'envers, signifie "Jésus". Simple coïncidence ou prédiction d'un avenir plutôt sombre ? Quoi qu'il en soit, Caine décide de tout faire pour stopper la construction du projet, mais n'est-il pas déjà trop tard ?



Ce film n‘est ni plus ni moins qu'une énième réinterprétation de l'Apocalypse selon Saint-Jean, l'un des douze apôtres de Jésus. L'Apocalypse est le dernier livre de la Bible chrétienne et une révélation sur la fin du monde. De plus, peu avant celle-ci, doit émerger l'antechrist (concept issu du christianisme, ainsi que de l'islam) imposteur revêtant l'apparence d'un homme qui a pour noir dessein de mettre en place une religion opposée à celle de Jésus de Nazareth, mais également de préparer la venue sur Terre de La bête, créature à sept têtes dont les pouvoirs s'étendent comme ceux de Satan sur la matière et sur les hommes qui s'y attardent ou s'y engluent. Voilà, ce sera tout pour la leçon de catéchisme, concentrons-nous maintenant sur le métrage du père De Martino, féru comme moi (sic) d'éducation religieuse puisqu'il fut déjà coupable en 1974 d'un film à la bonne réputation tout simplement titré "L'Antéchrist".

Voulu comme un brûlot contestataire dénonçant les méfaits du nucléaire, Holocaust 2000 malgré un propos plus que louable, est empreint de naïveté (la lourdeur des symboles annonçant l'Apocalypse, l'enrichissement de certains, les pays du nord pour ne pas les nommer, au détriment de dame nature et aussi des pays du sud, mais également le manichéisme du scénario et donc de certains des protagonistes, et surtout le côté mielleux de certaines scènes comme celle où Kirk Douglas voit une biche près de sa maison de campagne, censée nous interpeller sur la préservation de la nature).



Toutefois, de nombreux éléments font de cette resucée de "La malédiction" sorti un an plus tôt, un film attachant. D'une part, le mélange Apocalypse et méfaits de l'énergie nucléaire est certes, très candide, mais très bien vu puisque les sept turbines de la construction thermonucléaire ne sont en fait que la matérialisation du dragon à sept têtes du texte de Jean précité.

D'autre part, tout comme dans "La malédiction", le mal absolu, autrement dit l'Antéchrist, s'incarne dans Angel (bien vu les scénaristes !), une sorte de Damien androgyne tout de blanc vêtu (waouh, la symbolique !) et fils du richissime homme d'affaires, qui se fait le principal artisan de la fin du monde, en faisant tout pour préserver le projet (ce qui lui est facilité par le fait d'être un génie en physique nucléaire) et écarter son père qui se rend vite compte, à l'aide d'un prêtre spécialisé dans l'Apocalypse, des méfaits de la centrale qui n'est autre que le terreau idéal préparant la venue de La bête sur Terre. Ainsi, le fait que le Mal ait une apparence humaine est, ici, bien plus dérangeant que de voir un monstre hideux sorti des profondeurs abyssales de notre planète.



Autre point fort encore, c'est le pessimisme présent dans le film. En effet, sous couvert de vouloir fournir de l'énergie nucléaire aux habitants du Tiers-Monde par la construction d'une centrale en Terre Sainte, le consortium des pays du nord veut s'enrichir encore plus, mais surtout, Angel veut préparer la venue du Malin sur Terre. Pour cela, il s'arrangera pour contrer tout ceux qui s'opposeront à son projet : sa mère, les autorités politiques du pays d'accueil, certains scientifiques mais également l'opinion publique,autrement dit la foule, vouée à un destin des plus tragiques lorsque sera venue l'heure de l'Apocalypse. Avouez qu'il y a plus gai comme scénario !

Ajoutons à cela un casting correct avec Kirk Douglas en tête qui joue très bien le riche businessman habité par le doute sur le bien-fondé de son entreprise par rapport à la préservation du monde, mais aussi très circonspect quant à son lien de filiation avec Angel, dès lors que celui-ci décide de l'écarter du projet en souhaitant le faire interner. Notons aussi la présence d'Agostina Belli pas désagréable à regarder notamment lors d'une scénette érotique à la campagne.

Côté musique le maestro Morricone est aux commandes, donc c'est du costaud en accord permanent avec ce qui défile sous nos yeux, que ce soit du mélo, du suspense ou du bucolique, le père Ennio a de la ressource pour toujours nous sortir la note juste au moment adéquat.

Enfin, ce métrage est, en plus d'être caractéristique de l'esthétisme des films de cette époque, bien déviant avec pour preuve son lot de scènes chocs dont celle où une femme essaie d'échapper à un avortement pour le moins forcé et celle où notre héros est agressé par une horde de fous à l'asile. Bien flippant tout ça !



Alors certes, on n'évite pas toujours la naïveté, les messages sont parfois grossiers, la fin est assez prévisible, mais Holocaust 2000 est efficace dans son genre et malgré ses défauts, il dégage un charme désuet auquel les amateurs des films sur l'avènement du Malin sur Terre ne resteront pas indifférents. Et puis c'est devenu un classique, alors louez-le si vous en avez l'occasion !








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MANOIR DE LA TERREUR (1963) - LE