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Jason Jones, un parolier et manager d'un groupe de rock qui ne supporte plus la pression de son métier, décide de prendre un peu l'air à Brittlehurst Manor, un sanatorium recommandé par une agence de voyages douteuse et situé dans la province anglaise. Dans le train qui le mène à son lieu de villégiature, il fait la connaissance de la charmante Judy Peters, une jeune fille venue rendre visite à sa tante Harris remariée au docteur Storm, responsable d'un célèbre hôpital. Arrivés tous deux au même endroit et accueillis par un majordome nain, ils remarquent alors de bien étranges phénomènes et pratiques comme : des patients très pâles et muets avec une énorme cicatrice sur le crâne, des lits tachés de sang, ainsi que des gardes portant casques et combinaisons de motard qui patrouillent sans cesse autour de l'hôpital. Que fait exactement le docteur Storm dans sa clinique privée ? Jason et Judy vont-ils le découvrir à temps sans y risquer leur peau ?



L'introduction d'Horror hospital (titre le plus connu de ce métrage) est exceptionnelle et constitue l'un des principaux attraits de cette petite production horrifique. Le professeur storm vêtu d'une fourrure noire est accompagné de Skip, son assistant nain, à bord d'une limousine avec chauffeur. Ils sont à la poursuite de deux personnes. Soudain, des lames acérées sortent des pneus de l'automobile qui se rapproche des fuyards. Ces derniers trébuchent, je vous laisse imaginer la suite. On a franchement vu pire comme scène d'ouverture ! Malheureusement, le reste du métrage n'est pas du même acabit et le film, qui démarrait avec tout plein de bonnes promesses pour la suite, sombre petit à petit dans le grand n'importe quoi et frise parfois les bas-fonds des plus infâmes séries B.



Anthony Balch, scénariste et réalisateur peu connu avant et après ce long-métrage nous propose son "bébé" en 1973 afin de répondre aux productions de la Hammer tendance 70's où sexe et violence faisaient bon ménage, mais aussi dans le but inavoué de se faire une place au sein d'un marché devenu très lucratif. Avec pas mal de sang, un peu de nudité par ci par là et un soupçon de suspense, il nous représente à lui tout seul, mais lourdement, la production britannique cheap de l'époque au lieu de faire honneur au gothisme du célèbre studio de production anglais. N'est donc pas Terence Fisher qui veut !

De plus, Balch s'évertue à réaliser un film au script plus qu'incohérent. Pensez-vous en effet que créer une horde de zombies contrôlés télépathiquement et forcés à faire de la gymnastique pendant toute la journée soit une idée très rationnelle ?



Côté acteurs, Michael Gough, (un ersatz de Peter Cushing mélangé à Christopher Lee qui a joué Alfred le majordome dans la franchise des "Batman", dans "Sleepy hollow" et dans pas mal de films horrifiques durant les années 60 et 70) est certes très inquiétant et a une bonne tête de méchant, mais on regrettera qu'il soit sous-exploité, la faute à un scénario des plus approximatifs et qu'il n'ait pas assez de répliques incisives. Malgré cela, il est le seul a vraiment sortir son épingle du jeu, car franchement, pour le reste, c'est absolument minable, avec en tête de liste : Robin Askwith (Jason), plus connu pour ses apparitions dans des films de sexploitation des seventies où l'on a pas trop besoin de parler, qui est tout à fait pitoyable car il cabotine à mort et ennuie rapidement le spectateur ; puis Vanessa Shaw (Judy), qui parade en mini-jupe, montre son soutif et irrémédiablement finit par prendre une douche, scène courante cela dit dans ce genre de productions, mais joue comme un pied, en résumé c'est une ravissante idiote ! Quant au reste de la distribution, comme on dit dans la langue de Shakespeare : "no comment" !

Toutefois, ce film est hyper inventif, jugez plutôt : une limousine avec des lames rétractables dans les pneus, un étrange jus vert servi aux patients zombifiés (tiens ça me rappelle un film de Peter Jackson…), une milice privée habillée en tenue de motard avec le nom "Storm" brodé dessus (directement inspiré de "Psychomania", cela dit), un groupe de heavy metal dont le leader est un travesti, une espèce de monstre amorphe, ajoutez à cela du kitsch très seventies, des protagonistes très hippies dans l'âme et un impressionnant manoir gothique en guise d'établissement de soins et vous aurez un excellent moyen de perdre 90 minutes. De plus, ce long-métrage est également très cocasse par moments : lors d'une scène de poursuite, un des personnages prend une pause pour manger un morceau car il meurt de faim (!) ou bien encore à un moment donné, l'assistant nain du docteur storm se sert d'un corps comme d'un marchepied pour pouvoir atteindre un verrou de porte que sa taille lui empêche d'attraper mais il ne peut l'ouvrir et est obligé de déplacer le cadavre une deuxième fois alors qu'il avait déjà galéré grave lors de sa première tentative !



Ajoutons à cela que les effets spéciaux sont assez convaincants puisqu'ils ont été supervisés par Colin Arthur, celui-là même qui a crée les masques des singes pour "2001, l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick et qui a aussi trainé ses guêtres sur le tournage du film "Le choc des titans", donc pas un novice.

Ainsi, Horror hospital, aussi connu sous les titres "Computer killers" et "Doctor Bloodbath", n'est donc rien de plus qu'un voyage dans le bizarroïde. Il a autant de qualités que de défauts mais peut constituer un bon divertissement si on n'est pas trop exigeant. Si vous pouvez éviter de vous poser trop de questions et essayez d'oublier votre cerveau pendant son visionnage, alors vous allez passer un bon moment. En revanche, si vous cherchez du suspense et de la terreur ou bien même un semblant de logique, alors restez éloignés du Brittlehurst Manor, c'est un bon conseil thérapeutique que je vous donne !








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