RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4
(23 votes)
Il neige à gros flocons dehors, les cadeaux croulent sous le sapin, des milliers de lumières émanent des maisons : pas de doute, c'est Noël. Dans la fraternité de Miss MacHenry, le réveillon vire au cauchemar : à peine la jolie Clair a t-elle fini d'écrire une carte pour sa soeur, qu'une main inconnue vient l'abattre sauvagement. Quelques couloirs plus loin, dans le salon, l'on parle du fait divers sordide ayant eu lieu dans la même maison...



Lancé par la série X-Files, le tandem James Wong & Glen Morgan aura trouvé définitivement une place dans le coeur des fantasticophiles avec la saga des "Destination finale" dont le potentiel sadique n'est plus à prouver. Dommage que malgré leur talent, les deux lascars se laissent aller à une certaine facilité : d'un côté, il leur suffit d'imaginer les morts les plus atroces pour agrandir leur saga chérie et de l'autre, voilà qu'ils s'intéressent de très près à des remakes de petits classiques 70's. Et là évidemment, ça ne peut pas plaire à tout le monde, quoi qu'on y fasse...



Après un "Willard" réussi (enfin un film exploitant pleinement la folie d'un Crispin Glover bouillonnant), voilà qu'un remake du fabuleux "Black Christmas 1974" est mis en chantier...non sans quelques heurts. L'idée n'est pas des plus affriolantes et le film connaîtra un développement chaotique (affecté alors par de nombreux re-shooting): pire encore, son mauvais score aux USA ne permettra qu'une sortie DTV chez nous.

Sort mérité ? Pas sûr, tant le résultat final fait sans doute partie de ce que le Slasher a produit de meilleur durant ses dix dernières années. Eh oui...

La trame générale n'a pas réellement changé (un tueur se glissant dans une sororité d'étudiantes durant les fêtes de noël) mais les temps ont changé : les portables pullulent (dont l'utilisation est judicieusement exploité), les étudiantes sont devenues de véritables bombes (dire que le spectateur hétéro y trouvera son compte est un euphémisme), et le film se refuse à donner une seule part de mystère, sacrifiant la figure du tueur sur l'autel de la rationalité, ainsi que la violence suggérée de l'original. Bref, c'est dans l'air du temps...



Les créateurs de "Destination finale" sont à la barre et ça se voit : les morts sont inventives et cruelles, et ne font jamais dans la dentelle, offrant avec délectation ce que des amateurs de sensations fortes sont en droit de réclamer.
Ce que Clark commençait (des objets a priori inoffensifs devenant des armes mortelles), Morgan le termine : stylo-plume, sac poubelle, patin à glace, stalactite...jusqu'à la fameuse licorne de verre qui reprend sa fonction meurtrière ! Par ailleurs, toujours au rayon clins d'oeil, c'est Andrea Martin, anciennement Phillis dans le film original, qui incarne la propriétaire des lieux. Margot Kidder aurait effleuré, elle aussi, le rôle...



Toutes les zones d'ombre du premier film sont balayées violemment ici : de la même manière que Zombie revoyait le mythe Myers ou que Libiesman expliquait le pourquoi du comment de la naissance de Leatherface, Morgan et son compère nous offrent complaisamment la genèse tortueuse, passionnante et scabreuse de Billy, devenu ici un croisement entre Norman Bates et le Yellow Bastard (ce n'est pas une blague !). A ce titre, les rétrospectives, très réussies, sont d'une cruauté sans pareil ; cannibalisme et inceste faisant alors bon ménage, plaçant Billy en véritable victime du destin.
S'il mise avant tout sur ses débordements graphiques, Black Christmas est sans temps morts (l'action est resserrée en une nuit et non en deux), bénéficie d'un visuel particulièrement léché (oui, Morgan sait tenir une caméra) et sait surprendre (reprise d'éléments à "Douce nuit, sanglante nuit" ou à "Halloween 2" !) jusque dans sa dernière partie (dont la version UK propose un déroulement assez différent). Du slasher racé et hargneux (les énucléations, cradingues, sont courantes) et tant pis s'il n'est pas le bijoux de terreur qu'était son prédécesseur, tout cela à 100 000 lieux d'un imbuvable "Prom Night" qui, lui, a raflé un succès proprement incompréhensible ! Les voies du box-office sont impénétrables comme dirait l'autre...








Du même réalisateur :

WILLARD 2003