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Brûlée sous les yeux de son amant par une horde de villageois en furie, Isabel attend encore de nos jours de se réincarner dans le corps intact et pur d'une jeune vierge. La vierge toute désignée ici, c'est Laureen, fêtant son mariage dans le château où s'est jouée la tragédie quelques siècles plus tôt. Mais les serviteurs d'Isabel, assoiffés de sang, comptent bien ressusciter leur maîtresse et profiter de la présence des nombreuses jeunes créatures qui peuplent le domaine.



Considéré comme le "Ed Wood italien", Bruno Mattei a cependant un beau concurrent à ce poste si "prestigieux", et qui a d'ailleurs œuvré bien avant lui ; Renato Polselli, plus porté sur le gothique que sur les bisseries plagiant alors les grands succès de l'époque…
Si d'ailleurs il y a bien un autre film qu'on pourrait rapprocher de "The reincarnation of Isabel", c'est sans aucun doute "Nude for Satan", autre bisserie elle aussi portée sur des délires gothico-érotiques



Tout comme lors de la vision d'un film de Mattei, on se demande donc si Polselli se prenait alors pour un génie ou s'il était tout simplement fainéant, pour ne pas dire sous l'emprise du LSD. Parce que très franchement, vu le résultat final…
Vampires vicelards, secte, jeunes vierges effarouchées, sacrifices humains, sorcellerie et malédiction : les intentions sont louables, mais nous sommes alors en pleine période de sexploitation et l'envie de se lâcher un peu se fait sentir. Pourquoi pas oui…mais un soupçon de talent pour faire tourner tout ça aurait été préférable.

A ce titre, le générique de début annonce fort bien la couleur (c'est le cas de le dire !) avec un arrière fond multicolore tournoyant d'une laideur repoussante : on est plus proche d'un bonbon Harlequin que d'un film de Bava…



A peine le film commence que le spectateur se sent déjà largué : une pouffe aussi expressive qu'une feuille Canson se fait arracher le cœur, une autre se fait attaquer par des morceaux de plastique qui couinent (c'est censé être des chauves-souris, enfin du moins je crois…) avant de connaître le même sort, une blondasse se caresse sur son lit et une brunette prie à l'église. Rien de très homogène dans tout ça, surtout que les rares éléments fantastiques ou horrifiques sont totalement loupés : décor de carton-pâte, bourreaux en collants rouges, éclairages kitch et surtout un plan gore d'une rare médiocrité (suffit-il de décoller un cœur factice de la poitrine d'une actrice pour faire croire à un arrachage de cœur ?). Le ton est donné…

La suite est du même tonneau : une cascade de tableaux sexys et fantastiques dépourvus de toute originalité (mais pas toujours dénués d'un certain charme rétro) et d'un ridicule à toute épreuve…
Quelques extérieurs séduisants (le cadre principal est un château planté au milieu de montagnes encore marquées par les neiges éternelles), une bonne ambiance et euh…pas grand-chose d'autre hélas.



Bien que Polselli aime beaucoup déshabiller ses actrices pour des raisons futiles (voire même pour aucune raison), son casting est loin d'être très séduisant et les adjectifs ne manquent pas pour définir ses comédiennes : incompétentes, ingrates, bovines, paumées, pitoyables, inexpressives…reste Rita Calderoni, actrice fétiche du réalisateur, plutôt mignonne (quoique le cinéma italien nous a offert tellement mieux), et qui rejoindra justement le casting de "Nude for Satan" un an plus tard…

Les rares scènes érotiques sont insignifiantes (mention spéciale à un ménage à trois complètement hors sujet et pas émoustillant pour un sou), souvent trop mal foutues ou trop fantaisistes (vue subjective de la victime lors d'un viol !!) pour provoquer quoi que ce soit ; même constat pour les rares effusions de sang (deux arrachages de cœur, quelques morsures, et un plantage de pieu), médiocres.

Polselli bat tous les records niveau incohérences et hystérie, ce qui n'empêche pas au spectateur de rapidement s'ennuyer, lassé du bordel ambiant. Le film est souvent drôle dans sa maladresse éléphantesque (un personnage féminin échappé d'une comédie de bas étage livre une crise d'hystérie aussi mémorable que parfaitement gratuite) et en surprendra plus d'un avec son montage sans queue ni tête ou ses FX lamentables (un serviteur difforme ressemblant très fort à Donald Pleasence frémit à la vue de deux serpents en plastiques à peine capables de bouger la queue), mais n'apporte rien de réellement déviant à se mettre sous la dent (quelques seins nus, quelques coups de canines, un peu de saphisme et c'est tout !).
Une experience incroyable donc, aussi hallucinatoire que nullissime, et qui aiguisera la curiosité de certains…








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