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Steve Kady (le toujours très sobre Jeremy Sisto, vu dans "May" et aussi dans "Détour mortel"), un jeune homme venant de Chicago et qui travaille au service du recensement, est envoyé à Rockwell Falls, un village de montagne isolé, afin d'y répertorier le nombre d'habitants. Une fois sur place, il va découvrir que les locaux de cette région vallonnée ont des mœurs pour le moins bizarres et que sous ses aspects de petite bourgade paisible, cette ville cache certains secrets, dont celui d'avoir son nombre d'autochtones bloqué à 436 depuis une centaine d'années…



Dirigé par Michelle Maxwell MacLaren, une cinéaste venant de la télévision et habituée au fantastique ("X-Files", notamment), Population 436 est la preuve sur pellicule qu'on peut faire un bon film avec pas grand chose. En effet, dans ce métrage, il n'y a pas ou peu d'effets spéciaux, ni de grosses vedettes. Pourtant, il y a une atmosphère et la réalisatrice crée l'illusion en nous plongeant dans un univers à la fois tellement proche de nous mais terriblement menaçant. Pour cela, elle se sert de manière très professionnelle de : l'utilisation au bon moment de la musique adéquate, d'une photographie soignée, de plans appropriés (on pense, entre autres, aux vues aériennes des routes menant au village, renforçant son côté isolé) et d'une bonne direction d'acteurs, ce qui manque cruellement de nos jours dans la plupart des films pour ne pas être signalé.



Certes, le scénario n'a rien d'original en lui-même, mais c'est son traitement qui est intéressant, Michelle Maxwell MacLaren reprenant à sa sauce quelques astuces et autres ficelles empruntées ça et là. Effectivement, comment ne pas penser au célébrissime et cultissime "2001 maniacs" ? Tout comme dans le film d'Herschell Gordon Lewis, on a affaire ici à une tranquille petite ville de prime abord, un maire des plus affables, des autochtones aux coutumes étranges regardant les étrangers d'un œil suspect et bien plus encore. Comment ne pas faire le lien également avec "The wicker man" et le plus récent "The village" pour le thème de l'étranger débarquant en terre inconnue au lourd passé et celui du village aux us ô combien ancrés dans les traditions ancestrales ? Population 436 est donc un petit voyage au pays de la peur ou plutôt des peurs issues des traditions et qui bloquent les gens dans leurs agissements. Véritable village ? No man's land intemporel issu de l'imagination d'un fou ? Ou bien château kafkaïen ? A vous de vous faire une opinion !

Pour ne pas trop en dévoiler, disons que dans Population 436, notre héros est comme prisonnier de Rockwell Falls, bourgade gouvernée par des règles d'or que personne ne transgresse (comme celle de ne jamais quitter la ville sinon la justice divine sévirait !). Il va de maison en maison afin de mener à bien son investigation consistant à recenser le nombre d'habitants curieusement bloqué à 436 depuis plus de 100 ans ! Ceux-ci lui paraissent aimables et accueillants à son arrivée (ils lui proposent d'ailleurs de le loger au sein d'une famille) mais commencent à se montrer méfiants dès lors qu'il essaie d'en savoir plus sur eux. Il arrive néanmoins à obtenir quelques bribes d'information et apprend notamment qu'une étrange "fièvre", maladie contractée on ne sait comment, explique la plupart des morts en ville. Mais tout ceci est bien géré, les suspicions de Steve sont amenées graduellement et non de manière soudaine. Il est aidé, dans son travail d'enquête, par Courtney, une très sympathique et jolie jeune femme souhaitant quitter la ville mais désirée par le shérif local, ce qui peut être problématique…



Par ailleurs, côté casting, rien à redire sur Jeremy Sisto : il est impeccable dans le rôle du type cherchant désespérément à comprendre ce qui l'entoure et enclin à susciter la sympathie chez les téléspectateurs, lesquels n'auront aucun mal à s'identifier à ce parfait "Monsieur tout-le-monde". On pourra également être très surpris par l'excellente interprétation de Fred Hurst qui joue Bobby Caine, le shérif local, citoyen modèle bien sous tous rapports et ami de notre nouvel arrivant. C'est d'autant plus impressionnant qu'il s'agit-là, ni plus ni moins, du chanteur de Limp Bizkit ! Surprenant, non ?

Le principal problème de Population 436 serait qu'il est et sera vendu comme un film d'horreur (il n'y a qu'à voir les différentes jaquettes du DVD pour s'en assurer !) et le fait qu'il ressemble plus à un long épisode de série télé (on pense notamment à "La quatrième dimension" voire à "Au-delà du réel") peut peut-être décourager les gens qui le loueraient pour des scènes de gore, de sexe et de violence outrancières. Ils auraient tort ! Cela dit, il y a un peu de sexe (Jeremy Sisto et Charlotte Sullivan nous livrent une sympathique scénette), un peu de violence (notamment la pendaison d'une femme lors de la scène hallucinante du couronnement de la reine de la kermesse), mais niveau gore, c'est zéro. "Et après il nous parle de "2001 maniacs", oh l'autre, quel escroc" ! Non, pas du tout, c'est juste qu'ici, tout est dans la suggestion et le jeu subtil des acteurs et qu'il n'est nul besoin d'avoir des effets pyrotechniques ahurissants ni des litres d'hémoglobine synthétique pour faire un film de genre hautement regardable !



Population 436 est donc une petite série B tout à fait convenable : bien faite et intrigante (même si l'on devine ce qu'il se passe, on n'apprend vraiment ce qu'il se trame à Rockwell Falls qu'au bout d'une heure environ, on suit donc l'enquête de Steve en temps réel) avec comme on l'a vu précédemment un bon casting (Jeremy Sisto et Fred Hurst en tête) et un twist final des plus sympathiques car l'ultime plan a été savamment amené et n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe. Bref, tout a été très bien orchestré et étudié dans les moindres détails puisque le suspense est bien entretenu et la vérité, même si l'on s'en doute, est là comme une épée de Damoclès immobilisée au-dessus des têtes mais prête à abaisser sa lame au moindre faux pas. Alors certes, ce n'est pas un chef d'œuvre absolu, mais bon, le sérieux et l'humilité de l'entreprise méritaient mieux que cet anonymat conféré au film par une sortie DVD passée complètement inaperçue. A découvrir donc dans vos vidéoclubs pour passer une soirée sympa !








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