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Encore une fois Eli Roth va séparer le petit monde de l'horreur en deux camps distincts. Ceux qui aiment, et les autres. Bienvenue dans la fiche de Hostel 1.2, un film qui n'a pas de couilles. Lorna, Whitney et Beth, sont trois beaux spécimens de pouffes américaines, étudiant dans une école d'art à Rome. Chacune dans leur genre, elles sont horripilantes au possible. Lors de l'un de leurs cours, elles rencontrent Axelle, un modèle de nue. Elle la recroiseront par hasard dans le train, alors qu'elles partaient en vacances. Axelle va leur suggérer une destination idéale pour ses sources d'eau chaude : la Slovaquie. Comme les trois pintades n'ont nulle part où aller, elles se réfugient dans l'auberge de jeunesse que leur conseille Axelle. Bien sûr, il s'agit de l'endroit dans lequel les trois mâles d' "Hostel" premier du nom, se sont fait piéger. Mais elles ne le savent pas, elles n'ont pas vu le premier volet – qui pourtant est le véritable Guide du Routard ® de l'Europe de l'ouest - préférant draguer le premier minet venu. Voilà donc les trois personnages principaux, posés là en victimes. Comme tout le monde l'attend, elles se retrouveront dans la vieille usine, celle là même où une étrange organisation mène des séances de torture. Parallèlement, on apprend le fonctionnement de l'Organisation. Todd et Stuart vont rejoindre l'organisation, pensant qu'après avoir tué une personne innocente, ils procureront un sentiment de crainte animale chez leur proche.



Bien que ne portant pas "Hostel" dans mon cœur, c'est sans a priori que je me suis attelé à la vision de ce second épisode. En effet, le jeune réalisateur américain m'a semblé plein de bonne volonté, disant vouloir faire un métrage totalement différent du premier. En théorie, voici une idée; dans les faits le malotru s'est contenté de reprendre le canevas d' "Hostel" en y apportant quelques améliorations. Voilà une pratique inspirée de la logique de Microsoft ®, au détail près qu'il ne s'agit pas de logiciel, mais de film, et que de ce fait, le spectateur n'a pas envie d'aller voir 15 fois le même film jusqu'à ce qu'il soit enfin réussi.

Les reproches qui pourraient être faits au premier volet de la série, s'appliquent ici à l'identique, excepté que les protagonistes sont des femmes et non des hommes. Ainsi il faut se farcir quasiment une heure complète d'idioties avant que le métrage daigne enfin montrer ce qu'il a dans le ventre. Pendant soixante minutes, Eli Roth répètera ce qu'il a déjà fait précédemment : les jeunes filles disparaissent une à une, et la dernière va tenter de retrouver les autres, mettant en fait le doigt dans l'engrenage. Cela donne la légère impression qu'Eli Roth se moque de nous !
La dernière demie heure servira quant à elle à démontrer au spectateur, qu'il n'y avait pas grand-chose à voir. Le réalisateur a voulu son œuvre agressive, hargneuse, extrême. En réalité, il pisse contre le vent. Certes l'hémoglobine coule, mais l'effet de surprise du premier n'est plus ici effectif. Les scènes de torture ne sont pas impressionnantes pour un sou, et s'avèrent même carrément ennuyeuses.
Eli Roth fanfaronne, dépeint des scènes voulues atroces, des situations désespérées, mais quand il s'agit de dessouder un gosse, la caméra détourne soudainement les yeux du spectateur. Un tel hors champs dans un film comme Hostel II est totalement explicite : la bonne morale doit être sauve. Même Joe Dante avec ses "Piranhas" avait osé montrer des enfants se faire massacrer. Eli Roth a donc découvert le meilleur moyen de se décrédibiliser.



Pour les débiles profonds qui n'auraient pas tout compris, quelques scènes permettent de lier Hostel II à "Hostel". Rien qui n'ai déjà été vu, ou qui soit cohérent d'une manière ou d'une autre. Les séquences arrivent là totalement gratuitement, et ne servent en rien le métrage. De ce fait, Hostel II vous permet de revoir ce que vous avez déjà vu, puis vous le refait manger avec une sauce différente. Un second volet qui permet de revoir deux fois le premier, ça c'est un gain de temps !

Comme l'auto plagiat ne semble pas avoir de limite, le spectateur pourra aussi retrouver le gang des gamins voleurs. Il y a quelque chose de douteux dans la représentation de ces enfants, un quelque chose de préjudiciable. La façon de dépeindre ce groupe d'enfants slaves comme prêts à tuer pour des bonbons à quelque chose d'éminemment maladroit, à deux doigts de l'incident diplomatique. La scène finale confirmera d'ailleurs ce sentiment.
Le réalisateur refuse de leur mettre une balle dans la tête à l'écran, mais n'hésite pas à les dépeindre comme la lie de l'humanité.

A ce titre, le film s'autorise à multiplier les clichés aussi bêtifiants qu'ennuyeux. Si le niveau n'est pas encore arrivé à "Est = méchants, Ouest = gentils", il suffira pour cela d'attendre "Hostel III". Grâce au film, on apprend que tous les slovaques sont des complices de meurtres en puissance, et tous les américains des obsédés sexuels. Quant au personnel de l'Organisation, il est tout aussi grossièrement dépeint.

Le cinéaste avait annoncé une histoire dédoublée, croisant le destin des victimes et le fonctionnement de l'Organisation. En vérité le point de vue interne à l'organisation est aussi bâclé qu'inintéressant et ne contribue qu'à désamorcer une histoire dans laquelle il est déjà difficile de rentrer. Cela se résume à de riches businessmen en train de faire monter des enchères sur la tête des trois donzelles, et quelques détails sur la façon qu'ont les membres de se lier à cette entreprise mafieuse.



Pour convaincre le chaland que la médiocrité de cette pellicule n'est qu'illusoire, le sieur Tarantino a encore posé une dédicace sur l'affiche. A force de le voir se lever pour tout et n'importe quoi, l'individu lambda pourrait croire que cet homme souffre de priapisme, ou détient des actions chez Danette ®. Bien évidemment la dernière phrase est totalement dénuée de tout sarcasme. Ou pas.
Papy Tarantino commence très certainement à me presser sur la turbine à chocolat, à force de vendre n'importe quoi comme le film-ultime-du-siècle-que-même-tatie-Germaine-elle-va-kiffer-grave ! Le nom de Tarantino est aussi gros que celui d'Eli Roth sur l'affiche originale. A quoi ça rime ? Parce que Monseigneur Tarantino a décidé que c'était un bon film, alors tout le monde va se ruer dessus ? La réponse est probablement affirmative. Pour autant, la valeur ajoutée de ce pur produit d'exploitation reste quasiment nulle.

Au rang des rares améliorations, peut être compté un certain nombre de plans baroques assez jolis. Ils n'ont certainement rien à faire ici tant ils tranchent avec l'aspect général du film, cependant ils n'en sont pas moins appréciables. En de très rares instants de grâce, le cinéaste frôle la Hammer de la main.



Mais Eli Roth avait prévu l'éventualité d'ennuyer le spectateur jusqu'à lui donner envie de se suicider par overdose de pop-corn. Pour éviter de faire un holocauste cinématographique, le jeune réalisateur a truffé son métrage de clins d'œils en tout genre. Riche idée que celle-ci ; ceux qui en avaient marre de compter les coutures de leur fauteuil pourront à présent jouer à "où est le clin d'œil" avec Eli. Votre mission, si vous l'acceptez, sera de retrouver toutes ces choses
Pulp fiction qui passe à la télé. Forcément le film est épaulé par tonton Tarantino.
Ruggero "Cannibal Holocaust" Deodato qui coupe un bout de viande dans la cuisse d'un adolescent.
Edwig Fenech, autrefois spécialisée dans les Gialli, déguisée en professeur d'art.
Luc Merenda qui dans sa jeunesse multipliait les rôles dans des polars Hard Boiled, est de retour en détective italien.
Outre ces quelques caméos (et bien d'autres) vous pourrez constater d'un air navré (ou pas), que nombre des interprètes proviennent aussi de "Grindhouse", et que Scott Spiegel (le complice de Sam Raimi) co-produit.

Au final, ceux qui n'ont pas aimé le premier volet, haïront celui-ci. Les autres, ceux qui adorent Eli Roth, seront tout simplement déçus que le réalisateur leur ait servi une soupe tiédasse.