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Steve Harris est garde forestier en Australie. Il a mis en route avec les autorités locales un projet de protection et de comptage des crocodiles. Mais un jour, des braconniers sont attaqués par un gigantesque crocodile, qui s'en prend par la suite à un petit enfant aborigène qui se baignait au bord du rivage. Steve Harris reçoit comme mission d'éliminer le dangereux saurien. Il demande de l'aide à Oondabund, un vieil aborigène qui lui explique que ce crocodile est sacré et qu'aucun homme blanc ne pourra le tuer…



Tout d'abord, signalons qu'il ne faut pas confondre ces Dents de la Mort (Dark Age) avec un autre Dents de la Mort (Mako : the Jaws of Death, de William Grefe – 1976). La confusion n'étant plus possible après ce petit rappel, commençons notre critique.

En 1977, Tobe Hooper choisit comme vedette un animal très peu vu à l'écran dans un film d'horreur, le crocodile, qui donnera d'ailleurs son titre français au film : "Le crocodile de la mort". Sergio Martino propulsera en 1980 cet animal redoutable en tête d'affiche également avec "Alligator", connu aussi sous le titre de "Le Dieu Alligator" ou "Le Grand Alligator". L'année suivante, ce sera Lewis Teague qui l'utilisera dans "L'incroyable Alligator". Lorsqu'on regarde le physique d'un crocodile, il semble normal que le cinéma d'horreur se soit intéressé à son cas, vu la crainte que sa monstrueuse mâchoire peut inspirer. De nombreux autres films misèrent sur cet animal, qu'on reverra dans "Killer Crocodile", "Lake Placid" ou prochainement "Rogue" par exemple.

Dix ans après le film de Tobe Hooper, c'est le très peu prolifique réalisateur australien Arch Nicholson (assistant réalisateur en 84 sur "Razorback") qui décide de le mettre en scène dans "Les Dents de la Mort". Notons qu'après le succès pourtant très relatif de "Blood Surf", certains pays, comme les Philippines, rebaptisèrent ces Dents de la Mort en "Blood Surf 2" !



Dans le rôle du gentil garde forestier, un visage qui ne vous dira peut-être rien à la vision du film. Pourtant, ce John Jarratt, je suis sûr que quasiment tout le monde se rappelle de lui. Mais pour un autre rôle. Celui de Mick Taylor, le psychopathe fou de "Wolf Creek" ! Bon, je vous pardonne, y'a quand même 18 ans entre les deux films et le visage de John a bien changé depuis. Ce qui est marrant, c'est que 20 ans après "Les Dents de la Mort", John Jarratt va retrouver un crocodile dans un film puisqu'il est au casting de "Rogue", le nouveau film du réalisateur de "Wolf Creek". Vous suivez ?

Notre garde forestier, c'est un peu l'équivalent de notre mythique Chef Brody des "Dents de la Mer". En plus modéré quand même puisqu'il ne veut absolument pas tuer le crocodile mais juste qu'il ne vienne plus dévorer les habitants de la région, alors que le Chef Brody voulait la mort du squale tueur. Autre caractéristique commune, ces deux personnages sont sous la coupe des personnes influentes ou qui ont du pouvoir. Dans les Dents de la Mort, on retrouve, tout comme dans Jaws, les préoccupations du maire ( ?) qui pense aux touristes et à la mauvaise publicité que pourrait faire ce crocodile sur le rendement de la saison.

Et tout comme dans Jaws encore, on a droit à la traditionnelle partie de chasse avec prime à l'appui pour qui réussirait à liquider le gros reptile à la mâchoire dentée.

Vous l'aurez compris, "Dark Age" entretient de nombreuses ressemblances avec le chef d'œuvre de Steven Spielberg, la maîtrise technique et le suspense en moins quand même.



Niveau scénario, rien de bien passionnant donc, ni d'original, si ce n'est cette bonne idée d'un peuple aborigène qui vénère ce crocodile géant car il représenterait le réceptacle des âmes des défunts de ces tribus. Le personnage mystérieux d'Oondabund fait d'ailleurs le lien avec cette croyance, puisque dans certaines séquences, on en vient à se demander s'il n'entretient pas une sorte de liaison télépathique avec le crocodile. Cette idée n'est pas très développée mais elle ne passe pas inaperçue et donne un petit "plus" au scénario du film.

En ce qui concerne la crédibilité du crocodile, on est plus du côté de Sergio Martino avec son croco en carton pâte dans "Le Dieu Alligator" que du côté de Spielberg avec son requin quand même bien réaliste. C'est bien simple, quand le crocodile est dans l'eau, on a l'impression de voir un bout de bois sculpté qui avance (j'exagère un peu mais bon, y'a de ça dans l'idée…) et c'est encore pire quand le réalisateur filme sa tête à moitié hors de l'eau, où là, ça frise le ridicule. Le gros problème, c'est qu'il y a des images de vrais crocodiles dans le film et forcément, quand on passe au modèle en carton, ça le fait moins. Conscient que sa créature n'est pas au top, le réalisateur filme la plupart de ses attaques de nuit, ce qui fait qu'on ne distingue pas grand chose nous même et c'est un peu rageant.

On retiendra néanmoins une scène assez cruelle où un petit enfant se fait littéralement happer dans la gueule du crocodile. L'effet en lui-même n'est pas génial mais c'est ce qui se dégage de la scène qui rend celle-ci réussie, surtout qu'elle est précédée par une séquence de foule en panique cherchant à sortir le plus vite possible de l'eau, le genre de scène qu'on adore dans les films d'attaques animales en milieu aquatique.



Le final du film risque de vous surprendre parce que d'un coup, on passe de la copie de "Jaws" à une version antérieure de "Sauvez Willy". En effet, notre garde forestier et son ami aborigène, aidés du fils de ce dernier et d'un collègue de Steve, parviennent à capturer vivant le crocodile. Et là, s'ensuivent des scènes où le monstre est attaché sur un camion afin de le faire voyager pour le ramener dans un endroit sacré. Pourquoi pas après tout…
La dernière scène approfondit également l'aspect mythologique de l'animal vis à vis du peuple aborigène, tel que je vous l'ai décrit un peu plus haut, puisqu'on donne au crocodile deux os d'un défunt afin de lui confier son âme.

Pour conclure, "Les Dents de la Mort" est un honnête film d'aventure horrifique, malheureusement desservi par un rythme peu soutenu et par des effets spéciaux assez faibles dans l'ensemble. A voir une fois quand même, mais ça ne vous laissera pas un grand souvenir…








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