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Space Zombie Bingo un métrage estampillé Troma, distribué dans le coffret collector "Toxie's Top Ten". Un instant, il faut que je retourne chercher le scénario, il doit être écrit sur l'une des feuilles de ce rouleau de papier hygiénique (qui ne l'est de ce fait, plus). Ah, le voilà. Des zombies extraterrestres débarquent pour envahir la terre. Comme tout bon alien, leur but est de la mettre à sac, de déterrer les morts, et de faire tout plein d'autres choses très vilaines, comme tuer des gens. Mais l'armée est là pour veiller au bien être de la population. Son meilleur élément est affecté à l'affaire : le Major Bendover (NDR : "Penche toi en avant"). Malheureusement celui-ci tombe amoureux de Barbie Que (prononcer Barbecue), une belle jeune femme. L'histoire ne dit pas si barbecue est une fumiste, ou si leur idylle était grillée dès le début. Par contre, vous saurez tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur des zombies venus de l'espace pour transformer la terre en un loto géant. La vie est vraiment trop injuste.



Chez Troma, il y a de tout. De l'immonde navet irregardable, qui ferait passer le pire épisode de Dallas pour un chef-d'œuvre cinématographique, jusqu'au chef-d'œuvre déjanté. De ce fait, lorsque l'on s'apprête à regarder un métrage Troma, il est impossible d'en prévoir le contenu. C'est donc (presque) sans aucun à priori que je me suis attelé à la vision de Space Zombie Bingo. Le titre sonne bien, accrocheur et haut en couleur, un titre tromatisé dans toute sa splendeur.
Une bonne heure, et quelques endormissements plus tard, le métrage s'achève. Plus ennuyant qu'une congrégation d'informaticiens pétomanes en pénurie de gaz, et plus lourd qu'un télé conseiller borné. En 75 minutes Space Zombie Bingo réussit à enfoncer le spectateur dans un sommeil léthargique, et à le convaincre d'y rester. Un tour de force diront certains, mais leur voix s'écrasera lamentablement contre le silence d'une audience endormie.

Que ce soit clair dès à présent, ce métrage est à Troma ce que le purin est à la mousse au chocolat : une imposture au mauvais goût.



Bizarrement ce métrage estampillé Troma, bien que regorgeant de gags lourds et d'effets spéciaux honteux, n'a eu aucun effet sur votre serviteur. Ainsi, sous des couverts de nanar assumé, Space Zombie Bingo pédale dans une choucroute cinématographique, où surnagent difficilement quelques bouts de viande. Ne vous attendez cependant pas à trouver de la bonne saucisse et du chou frais, mais plutôt de la vieille conserve. Le métrage de George F. ORMROD sent le renfermé, les idées mal dégrossies ; tout y paraît tellement brouillon et maladroit. Le film donne l'impression d'avoir été tourné sans avoir été réfléchi auparavant. Probable que les différents protagonistes soient incarnés par des personnes s'étant présentées sur le plateau par erreur :
"Tenez voici votre texte, vous me l'apprenez pour dans 10 minutes !
- Mais, j'étais juste venu pour servir le café, moi. [Soupir]"
En résulte un jeu d'acteur tellement expansif qu'il en devient rapidement énervant. Dommage, quand quelques grammes de finesse et d'intelligence auraient été suffisant pour amuser le spectateur.



En hommage aux films de genre des années 50, Space Zombie Bingo propose des trucages – "trucages" étant un bien grand mot en l'espèce – qu'Ed Wood n'aurait pas reniés. Malgré le statut culte de ce cinéaste américain, il n'est pas à proprement parler LE modèle à adopter lorsque l'on souhaite réussir son film – ou alors sous la forme d'un contre exemple. Pourtant, Space Zombie Bingo donne l'impression d'assister à la projection d'un métrage d'Ed Wood daté de 1993. Les zombies venus de l'espace ne sont ainsi que des acteurs en combinaison de plonger, avec des palmes, un masque à souder, et des balles de ping-pong au bout d'un ressort pour faire les deux antennes. Les vaisseaux spatiaux, armes et cadavres sont du même acabit. Certes, il fallait oser le faire, une certaine dose de courage doit être nécessaire afin de réaliser (sciemment) un film avec 50 ans de retard. Et pas un bon qui plus est !
Le métrage pousse le vice, jusqu'à s'excuser d'être mauvais. Un présentateur télé commente les images d'un reportage où l'on voit des cadavres "qui ressemblent drôlement à des mannequins."



Une sacrée déception guette le spectateur qui aura été attiré par la jaquette du DVD. En effet la pochette montre six exemplaires d'une superbe bimbo (dés)habillée d'un ensemble de sous-vêtements en papier aluminium, d'une paire de palmes (aussi emballées dans du papier alu'), et d'un pistolet en plastique dans la main. Dans le film, pas de trace de la poupée aux formes généreuses. Ce serait un peu comme présenter un éclair au chocolat à une nymphomane gourmette, et le lui retirer des mains juste au moment où la salive commence à monter. Pas très correct donc, mais c'est une pratique qui a fait ses preuves – c'est un grand classique du cinéma d'exploitation que de proposer des posters qui n'ont quasiment aucun lien avec le contenu du film – et continue de payer.
Dans le cas de Space Zombie Bingo le film est tellement exaspérant, que l'on finit par oublier la jeune femme de la jaquette, pour se concentrer et ne pas s'endormir en sursaut.

Ouf, c'est fini. Quelle plaie de critiquer un film pareil !








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