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Linda hérite de Montclare, une maison de retraite, dont sa mère assurait la direction. La jeune femme replonge dans son passé, et hésite à conserver la demeure. En attendant de prendre sa décision, elle continue à s'occuper des résidents. Assez vite, la maison semble comme vivante et habitée par une présence inquiétante. Terrorisée, Linda tente de trouver une explication logique.



Le cinéma fantastique australien a connu son moment de gloire au début des années 80, mais de manière si discrète que peu de cinéphiles s'en souviennent vraiment. Les très étranges "Harlequin" de Simon Wincer et "Le survivant d'un monde parallèle", ainsi que le vampirique "Soif de sang" sont là pour le prouver. Trois bons représentants de la production du continent austral, et trois films mettant en vedette l'acteur David Hemmings que ce soit devant ou derrière la caméra. Mais pour la plupart des spectateurs du monde entier, l'Australie d'alors, est connue surtout pour "Mad Max" ou encore le travail du réalisateur Russel Mulcahy ("Razorback"). L'Australie a récemment renoué avec le succès horrifique en portant sur les écrans des genres aussi différents que le slasher ("Cut") et le survival ("Wolf Creek"). Mais le début de la décennie des années 80 semble plus intéressant à maints égards, car évitant de s'inscrire dans des genres codifiés.


C'est dans cette première vague de films fantastiques que s'inscrit "Montclare rendez vous de l'horreur". Privilégiant l'ambiance et l'atmosphère sur les effets chocs- effets chocs qu'il conserve pour la dernière partie de son histoire-, le réalisateur Tony Williams (à peine deux films au compteur), livre un petit bijou qu'on cataloguera hâtivement dans la rubrique maisons hantées. On suit le retour à la maison de son enfance, de la jeune Linda, qui retrouve des bribes du passé familial à travers le journal tenu par sa mère décédée ainsi que par l'intermédiaire des rêves.


Avec un raffinement rarement atteint, le réalisateur distille des éléments fantastiques : silhouettes à peines aperçues, coupure d'électricité, entourage au comportement étrange, utilisation de la couleur rouge, Linda qui se revoit petite fille et tenant un ballon à la main (image utilisée permettant de caractériser une présence "fantastique " et qui n'est pas sans rappeler "Opération peur" de Mario Bava).... Contrairement à la plupart de ses congénères, "Next of kin", sait aérer son intrigue, l'essentiel du film faisant appel à des décors extérieurs mais ceux-ci pouvant avertir d'un danger qui se fait de plus en plus menaçant (Cf. la fontaine avec l'eau qui se transforme en sang).


Film magnifique, "Montclare rendez vous de l'horreur" est porté par une actrice principale convaincante (le fait qu'elle soit inconnue étant un atout pour l'identification du spectateur) et qui se retrouve encore plus magnifiée par une musique angoissante, comme venue d'un autre univers. Au niveau de l'intrigue, bien malin qui pourra deviner la réalité des faits qui se déroulent dans la maison de retraite. Événements surnaturels ou faits (meurtres) provoqués par des personnes qui sont bien réelles? Les réponses bien concrètes sont apportées dans la dernière partie qui délaisse le suggestif et la sobriété pour sacrifier sur l'hôtel de l'action, même si le réalisateur continue à chiader la mise en scène (exemple: Linda s'enfuyant d'une pièce et qui nous est montrée vue de haut, contribuant du coup à la perte des repères spatiaux). Intriguant et véritablement captivant, ce "Montclare" mérite que l'amateur du genre s'y arrête pour constater ce que le cinéma fantastique a pu apporter au genre, loin des sentiers balisés des grosses majors américaines!

Le film reçut le Grand Prix du jury au Festival du Cinéma Fantastique de Paris en 1983.






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