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Réalisation
Joe Chang & Leung Chung

Scénariste
Joe Chang & Leung Chung

Date de sortie
1989

Genre
super-héros

Tagline


Cast
Chi Keung Chan
Eddie Chan
Kim Chu Che
Marilyn Chow
Paul Kam


Pays
Taiwan

Production


Musique
musique

Effets spéciaux



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Sangoku, Sangoan, Bulma, Tortue Géniale… Si tous ces noms sonnent à votre oreille comme la madeleine de Proust, vous rappelant à un doux souvenir d'enfance, alors l'évocation de "Dragon Ball" ne vous est pas indifférente.



L'histoire, n'a pas changé d'un iota, un petit groupe d'aventuriers se forme et part à la recherche du grand vilain qui a volé six des sept boules de cristal. Ces perles magiques permettent l'invocation d'un dragon, qui réalisera un vœu à la demande du détenteur des sept boules.
En réalité c'est la formation du groupe qui occupera plus d'une heure du film. Tout d'abord nous est présenté l'Enfant Singe (Monkey Boy) qui, en compagnie de son grand-père garde une des boules. Bien sûr les méchants vont capturer la boule et le papy. Puis le rejoint Seetoe, une aventurière en 4x4.
Tous les deux, lancés à la poursuite des vilains qui ont volé les boules de cristal, vont faire la rencontre du mage sanglier Piggy (Sparkle), de Westwood le jeune brigand, ou encore de l'homme tortue (Turtle Man).
Nos jeunes amis pourront-ils vaincre King Horn, et son armée de guerriers surarmés ?

C'est embarrassant de faire la critique de ce Dragon Ball. Je sais combien certains d'entre vous ont chéris la série animée ainsi que le Manga étant jeune. Ici il ne reste pas grand-chose de l'œuvre d'Akira Torihama ? Il y a quelque chose de profondément douteux derrière ce métrage. Artistiquement cela saute aux yeux, Dragon Ball est la pire chose qui soit arrivée au cinéma – si l'on excepte l'œuvre d'Uwe Boll et de son confrère Paul Anderson. Cependant il y a quelque chose d'autre qui fait grincer des dents. Le matériau original a été suffisamment saccagé pour se demander si le film a été licencié, où s'il est une adaptation officieuse de l'œuvre originale. Cela expliquerai que l'étron de celluloïd qu'a déféqué Joe Chang, soit resté caché honteusement dans le placard.
Ce n'est probablement pas non plus un hasard qu'aucun des protagonistes ne porte le nom sous lequel il est connu dans le manga. Comment ça "Monkey Boy", c'est une blague, non ? Ah, ben non ! Alors on peut supposer qu'il s'agit de Sangoku, puisqu'il porte une sorte de pyjama rouge. Et "Westwood" d'où est-ce qu'il sort ? Quant à Piggy le mage sanglier, pas plus d'indices sur son origine. Une seule chose est sûre, la quasi-totalité des protagonistes sont parfaitement ridicules et détestables. Il faudra cependant faire une exception pour l'homme tortue – à n'en pas douter Tortue Géniale – qui est plutôt fidèle à l'original. En effet, il s'agit du seul personnage pour lequel l'aspect caricatural fonctionne – il faut dire que le modèle est déjà sacrément gratiné au départ. Lorsque le vieil homme fait sa danse pour appeler le nuage magique, le summum du film est très sûrement atteint.



Non seulement les personnages sont ridicules et ennuyants au possible, mais en plus ils marchent tous d'une façon ridicule. Un peu comme si leurs sous-vêtements leur compressaient les testicules au point que la seule solution pour éviter l'implosion serait de marcher comme Lucky Luke ©. C'est d'ailleurs probablement le cas, puisque les costumes se composent pour la plupart de plusieurs couches de vêtements, ou d'épaulettes en carton. Que dire alors des maquillages ? Diarrhées immondes et insipides, torchées à la va vite est le premier qualificatif qui me vient à l'esprit. Le maquillage de la première apparence du Mage Sanglier, a été tellement bâclé, qu'ils n'ont pas pensé à aussi maquiller dans le slip. Ainsi quand l'acteur cabotine, cela à pour triste conséquence de révéler les parties non maquillées de son anatomie. Quant au grand méchant, King Horn, ses prothèses faciales sont tellement rigides qu'il ne peut même pas articuler correctement – une fois sur deux sa bouche ne s'ouvre même pas lorsqu'il prend la parole. Voilà qui parachève le ratage complet de l'aspect physique des personnages. J'ose à peine vous parler de Zebrata – le bras droit de King Horn – parfois peint totalement en bleu, et parfois pas. Je crois que je vais vomir.



Aaaah, je ne me sens pas bien. Mon estomac me joue des tours, j'ai mal à la tête et j'ai des hallucinations. Bürp ! Je vais tout de même tenter de mettre un point final à cette critique, et un poing final à cet étron cinématographique.

Qui dit "Dragon Ball" dit des Kaméhas, des boules de feus, des destructions de paysages entiers, des extraterrestres cruels. Finalement non, on a le droit à deux pets de furet en guise de boules de feu, et à divers effets spéciaux dignes du plus mauvais épisode des "Power Rangers". Ici la majorité des trucages sont faits par un étrange crayonnage superposé à l'image. Plus quelques malheureux rayons lasers. A n'en pas douter le genre d'effets qui serait du meilleur goût dans une parodie. Pourtant le film se prend horriblement au sérieux, preuve qu'il y en a qui ne doutent de rien.
On en arrive à se demander, si il ne s'agit pas là d'une démonstration d'idiotie absolue. Le manuel du parfait petit cinéaste maudit, le film aurait dû s'intituler "Boule de Dragon ou comment se faire un nom en suivant soigneusement les pas d'Ed Wood." Ainsi peut-être que ce navet intergalactique aurait été moins décevant. D'autant que le film est sous-titré "le tournoi des 7 boules", et qu'il n'y a pas plus de tournoi que de talent dans ce truc.

Ceux qui pensaient que l'adaptation de "Spawn" était le pire coup de couteau qui pouvait être raisonnablement donné par l'adaptation cinématographique d'une bande dessinée, n'ont sûrement pas vu Dragon Ball ! Il s'agit pourtant là d'un monument du genre, sa stupidité involontaire est si totale, que ç'en devient une curiosité à voir – histoire de vous faire exploser la rate à force de rire.



Si le film est mauvais, l'édition DVD zone 2 est pire.
Alors on insert le DVD, un menu nous dit qu'en cas de diffusion publique, des poursuites pourront être engagées… Certes. Le menu principal s'affiche, deux choix : film ou chapitres. Comment ça pas de choix des langues ?
Là, alors que le film débute, vous assistez au massacre le plus total de l'histoire du cinéma. Certes Dragon Ball est une infâme bobine, mais en comparaison du travail fait pour le doublage, on se surprendrait presque à apprécier le travail du réalisateur. Les voix françaises réussiraient à rendre parfaitement sérieuse la parodie de BioMan par les Inconnus. La post-synchronisation est ratée, pas de surprise de ce côté là. Plus surprenant, les voix pitoyables qui déclament des dialogues d'une nullité abyssale. A dire vrai il semble qu'une seule personne se soit chargée de tout le doublage, se bouchant le nez pour certains personnages.
A quoi bon parler du transfert raté – changement ponctuel de tons, images qui sautent littéralement, parasites trop nombreux – du recadrage honteux ou du retard de l'image sur la bande son. Le spectateur est déjà achevé depuis bien longtemps. C'est pourquoi, l'éditeur s'est probablement dit, qu'un générique était parfaitement inutile. Quitte à massacrer l'œuvre originale, autant ne pas y aller de main morte. Quand en plus le résumé imprimé sur l'immonde jaquette est rempli de spoilers, on est en droit d'émettre des doutes sérieux sur la légitimité (légalité ?) d'une telle édition.








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