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George Grieves vient de fêter ses 40 ans. Un âge où il faut commencer à penser à sa santé et à subir quelques examens de routine pour s'assurer que tout va bien et qu'on ne développe pas de vilaines maladies. Guère rassuré, il se rend donc en compagnie de sa femme à l'hôpital Mt Abaddon pour passer une simple coloscopie. A son réveil, il découvre qu'il a changé d'étage et qu'il a une cicatrice sur le bas du ventre, qui ne devrait pas être là. Un vrai cauchemar commence pour George, qui va tenter d'en savoir plus sur cet hôpital…



La nouvelle société de production Raw Feed, branche de la Warner Bros apparue en 2006, est spécialisée dans la production horrifique. Cette société a vu le jour grâce à la réunion de Tony Krantz (producteur exécutif de la série 24), John Shiban (producteur de The X Files) et Daniel Myrick (l'un des réalisateurs du Projet Blair Witch). Raw Feed doit produire des films pour moins de 5 millions de dollars, qui connaîtront une large distribution grâce au DVD. Le premier titre de cette firme était "Rest Stop", dont vous pouvez lire la critique sur notre site. Un survival assez sympathique malgré une impression de déjà vu trop marquée. En ce début d'année 2007, Raw Feed a deux nouveautés à nous proposer : The Believers et Sublime. C'est de ce dernier film dont je vais vous parler.

"Sublime" appartient au sous-genre "film d'horreur hospitalier", qui, comme ce terme générique l'indique, propose une action se déroulant dans les couloirs et les chambres d'un hôpital. Parmi les classiques de ce genre, on peut citer "Massacre Hospital", "Terreur à l'hôpital central" ou bien encore "Halloween 2" par exemple. Mais attention, là où ces derniers titres relèvent du slasher movie, "Sublime" s'en écarte totalement en proposant un film sérieux, ne cédant jamais à la facilité, ni à la violence gratuite, et dont le propos est somme toute très intelligent et ne manquera pas de séduire le spectateur, si celui-ci est au courant qu'il ne faut surtout pas s'attendre à un film mettant en scène des tueurs fous ou autre délire du cinéma Bis, comme pourrait le laisser suggérer le visuel de l'affiche du film. D'ailleurs, classer le film dans la catégorie Horreur est une bêtise et risquera de laisser une mauvaise image du film à ceux qui s'attendent à une débauche de violence gore. "Sublime" est avant tout un film cérébral, dans le sens où tout est pensé, tout fonctionne sans avoir recours à des effets gores, et où la psychologie des personnages tient une place importante. Bref, "Sublime", ce n'est pas un film de divertissement fun et décomplexé. Vous pouvez renvoyer vos copains venus avec des bières et des pizzas…



Ce qui frappe déjà à la vision du film, c'est le jeu des acteurs. Honnêtement, la qualité de l'interprétation est tout bonnement extraordinaire. La quasi-majorité des acteurs et actrices vient du petit écran, ayant jouée dans de nombreux épisodes de séries télés. Pourtant, cela ne se ressent pas tant ils parviennent à jouer avec le ton juste et à faire passer des émotions. On retiendra particulièrement l'acteur Thomas Cavanagh, qui joue le rôle de George Grieves, absolument parfait, tout comme la ravissante Katherine Cunningham-Eves, interprétant le rôle de l'aide-soignante s'occupant de George. Et comment oublier le personnage de Mandingo, curieux infirmier noir, qui parvient à créer une tension et un stress palpable par sa simple présence à l'écran et qui se révèlera particulièrement effrayant lors de la scène finale. Ce personnage renvoie clairement à celui des boogeymen peuplant les films d'horreurs, mais l'absence de tous pouvoirs supernaturels, et le fait qu'il soit un simple infirmier, donc un personnage que n'importe qui peut rencontrer lors d'un séjour à l'hôpital, le rend bien plus marquant dans notre esprit au niveau crédibilité qu'un Freddy Krueger par exemple…

Comme je vous le disais plus haut, "Sublime" n'est pas un film fun et décomplexé. C'est un film qui prend son temps, qui installe son ambiance tranquillement, afin d'amener progressivement le personnage de George Grieves vers l'horreur absolu. Ce serait d'ailleurs le seul petit défaut du film, si tant est que ça en soit un, celui d'avoir un rythme assez lent, mais qui correspond tout à fait aux ambitions du réalisateur et qui sert très bien l'histoire.

Pour nous faire comprendre la subtilité de l'intrigue, le réalisateur ponctue son film de nombreux retours en arrière, nous livrant les événements s'étant déroulés avant l'arrivée de George à l'hôpital, et plus particulièrement sur sa soirée d'anniversaire, événements qui vont tous participer à faire que George va vivre un enfer dans cet hôpital. On pourra trouver un peu "lourd" tous ces flashbacks mais ils servent réellement l'intrigue et chaque détail est une petite pièce d'un puzzle géant, dont on comprendra tous les rouages à la fin du film.



Niveau violence, "Sublime" se montre assez soft, l'horreur étant encore une fois plus psychologique. On assistera néanmoins vers la fin à une séquence assez éprouvante, visuellement cette fois, et qui nous fera ressentir encore plus de compassion pour George lors de la révélation finale.

Une révélation qui nous fait comprendre le thème principal du film, à savoir nos phobies, nos peurs, principalement de ce qu'on ne connaît pas ou de ce qu'on peut imaginer et les conséquences qu'elles peuvent engendrer. Qu'est-ce qui peut se passer dans notre esprit quand on a rendez vous à l'hôpital pour y subir un examen médical qu'on ne connaît pas ? Malgré les informations données par le médecin, le doute et la peur font que bien souvent, on imagine des choses qui n'ont pas lieu d'être mais qui vont nous conditionner et nous pousser à appréhender cet examen qui ne mérite pas qu'on se fasse autant de mauvais sang dans la plupart des cas. Travaillant moi-même en milieu hospitalier, j'ai reconnu dans le personnage de George de nombreux patients que j'ai transporté au bloc opératoire, et qui, malgré les bons mots des infirmières et autres personnels hospitaliers, ne pouvaient s'empêcher de vivre dans la peur ce qui allait leur arriver, pour me dire à leur réveil "ah si j'avais su, je n'aurais pas stressé comme ça pour rien". Un conditionnement négatif qui peut également avoir pour origine des lectures ou des reportages télévisés, ou même des conversations avec d'autres personnes. Jusqu'où ces sombres pensées peuvent-elles conduire l'âme d'un être humain ? La réponse est dans le film…



Thriller psychologique très bien réalisé et totalement maîtrisé, personnages convaincants et attachants, scénario intelligent, "Sublime" se révèle une très agréable surprise et laisse envisager de belles choses pour la suite de la carrière de Tony Krantz dont c'est le premier film. Ce voyage au bout de l'horreur de George Grieves ne laissera sûrement pas indifférent les amateurs de film d'horreur clinique, ainsi que ceux qui n'aiment pas que le scénario les prennent pour des débiles, ce qui n'est franchement pas le cas de Sublime, qui laisse également une belle part à la poésie et au raffinement. A découvrir de toute urgence si vous êtes fan de "L'échelle de Jacob", dont Sublime empreinte assez souvent l'imagerie au demeurant, mais de manière intelligente qui fait qu'on ne prend pas ça pour un simple copié-collé.








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