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Fin des années 70 : en pleine crise conjugale, Norman et Lucy accompagnent un autre couple, Isabel et Paul, au fin fond de l'Espagne. De passage au village, Lucy s'attire la convoitise - malgré elle - des péquenots du coin. Lors d'une partie de chasse, les deux hommes découvrent dans une cabane abandonnée : à l'intérieur, une porte cadenassée, et derrière, une chose terrible qui transformera leur séjour en cauchemar.



Tout comme l'Angleterre, l'Espagne a su nous offrir de bien belles surprises durant ces dix dernières années, et des nouveaux talents dont on n'a à présent bien du mal à se passer (Alex De La Iglesia, Alejandro Amenabar, Nacho Cerda, Jaume Balaguero…). Les déceptions, ça existe aussi, comme en témoigne par exemple le récent "Kilometro 31", présenté au dernier festival de Gérardmer, ou "Death Cargo", entre autres…



Après son court multi primé, "Le train fantôme", Koldo Serra va voir du côté de Filmax pour tourner son premier long-métrage, coproduction franco-anglo-espagnole : ce n'est ainsi pas pour rien qu'on retrouve au casting Gary Oldman, Virginie Ledoyen (qui retrouve le chemin de notre genre de prédilection deux ans après "Saint-Ange") et Paddy Considine, jeune acteur anglais en vogue.
C'est d'ailleurs ce casting en béton qui constitue l'un des points forts du film : même en dehors du trio pré-cité, tous s'en sortent particulièrement bien. Une bien belle galerie de personnages névrosés, instables, violents et blessés…car oui, Serra a ici tendance au pessimisme et à la noirceur. On ne demande pas mieux pour un film de ce genre…



C'est le sauvetage d'une petite fille aux mains difformes, séquestrée dans une ferme paumée dans la forêt ibérique, qui provoquera, ici, l'arrivée de chasseurs patibulaires, fraîchement débarqués d'un village où les femmes brillent sans doute par leur rareté et où les liens consanguins sont monnaie courante.
Viol (la Virginie y passe, eh oui !), cadre rural, ultra violence, villageois hargneux : faites le lien ; car "The Backwoods" est un hommage à peine déguisé du Peckinpah "les chiens de paille", à tel point qu'on frôle le remake inavoué (voire le pompage ?). On pense également beaucoup à "La traque", lui aussi survival campagnard et nihiliste.
70's oblige, le spectre de l'Espagne Franquiste plane au dessus de ces paysans dégénérés (la difformité de la petite fille perçue comme un "affront à Dieu") : une période douloureuse que la série télévisée "Pelliculas Para Dormir" cite elle aussi abondamment dans les épisodes "Spectre" et "La faute".

Entre deux chansons de Leonard Cohen (pour le reste, on nous sert une musique tribale assez hors sujet), Serra distille une atmosphère lourde, fait grimper méchamment la tension de temps à autre (l'arrivée des deux abrutis dans la maisonnette), soigne ses images (temps maussade, forêt mystérieuse…). Bref, ça marche, c'est efficace…mais pas de quoi se lever la nuit hélas.



Serra ne cherche jamais à faire aussi fort que son modèle, remplaçant le siège de la maison par une virée dans la forêt aux allures de survival. Oldman a beau se débattre comme un beau diable, les autres personnages ne s'autorisent qu'une simple randonnée (bien qu'assez stressante)…excepté lors d'un duel sous la pluie aux relents de Western. Le scénario de Serra est finalement d'une grande banalité, au contraire par exemple d'un "Calvaire", qui dynamisait un script plus ou moins déjà vu par l'apparition de personnages bien déviants.
Décevant mais pas mauvais pour autant donc : on attendra patiemment ce que Koldo Serra nous réserve pour la suite…








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