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Dans un centre de redressement pour mineurs, une bande de jeunes délinquants pousse au suicide un de leur camarade de chambre. Les autorités en sont tout de suite averties et la petite bande de voyous est envoyée sur une île déserte pour une sorte de stage de réinsertion et de survie en groupe. Hélas pour eux, l'île n'est pas si déserte que ça et le séjour va rapidement tourner au carnage...



Prenez "Délivrance" (pour le côté survival), "Rambo 1" (pour les pièges dans les bois), "Predator" (pour le méchant qu'on ne voit qu'à la fin et le type qui va tout seul à sa recherche dans la forêt), "La mort du clown" ou "Doberkiller" (pour la meute de chiens féroces dressés pour tuer), "Scum" (pour les jeunes délinquants anglais décérébrés) et un peu du roman "Sa majesté des mouches" de William Golding (pour les jeunes échoués sur une île qui, au lieu de se serrer les coudes pour survivre, vont se dresser les uns contre les autres), mélangez le tout et vous obtiendrez Wilderness. Rien de très original donc dans le dernier opus du père Bassett déjà responsable en 2002 de "La tranchée" ("Deathwatch" chez nos amis d'outre-manche), petit film d'horreur honnête se passant pendant la Première Guerre Mondiale.



On pouvait cependant attendre un truc pas trop mal pour son œuvre suivante, puisque logiquement tournée avec un plus gros budget dû au succès d'estime du premier métrage. Mais bon, vouloir copier ses aînés et essayer d'en tirer le meilleur n'est pas tâche aisée. Car pour cela, il faut déjà un scénario implacable, là, l'histoire de jeunes délinquants qui, à la suite du suicide de l'un d'entre eux, se retrouvent sur une île où ils se font décimer un à un n'a rien d'original. Je ne sais pas moi, j'ai envie de demander à Bassett : vous connaissez "Battle royale" des fois? Il faut également des acteurs charismatiques, ainsi que des personnages qui ne sont pas des caricatures. Ici, ce n'est pas vraiment ça. A part Sean Pertwee ("Equilibrium", "Sept jours à vivre" et "Dog soldiers") et Alex Reid ("Arachnid" et "The descent"), le casting est uniquement composé de jeunes acteurs un peu fades et pas très doués. De plus, tous les protagonistes sont stéréotypés à mort, même si leurs caractères sont assez variés (le rebelle, le lâche, le type hyper influençable à la fois grosse brute et enfin le salopard fini).



Par ailleurs, pour ce genre de film, il est également nécessaire d'avoir un méchant singulier crevant l'écran et des scènes de meurtre dignes de ce nom, or on a là un bad boy de pacotille et hormis un meurtre assez réussi (à l'arbalète et aux chiens !), aucune mort n'est vraiment jouissive.

Toutefois, ce survival assez classique a le mérite de ne pas tromper son monde sur sa finalité : nous divertir avant tout. Certes la mise en scène de Bassett n'est pas non plus incroyable, mais elle est relativement efficace le temps venu.



Alors ne boudons pas notre plaisir, ce métrage se laisse quand même regarder et le côté individualiste des personnages ne pensant qu'à leurs gueules est très bien senti par Dario Poloni, le scénariste, car c'est finalement la menace invisible mais palpable constituée par le méchant qui va entraîner un déséquilibre et faire basculer tous ces délinquants vers un égoïsme sans nom en révélant alors leurs instincts primaires. Comme quoi même avec des acteurs pas terribles on peut arriver malgré tout à créer une tension psychologique qui vous tient finalement plus en haleine que les scènes d'horreur du film !