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Après avoir sombré dans la folie, Zé du cercueil est retrouvé agonisant dans la crypte de ses deux dernières victimes ; opéré, il retrouve l'usage de ses yeux. Plus diabolique, meurtrier et non-croyant que jamais, il enfile son costume fétiche pour aller trouver la femme "supérieure", celle qui pourra lui donner le fils qu'il attend depuis si longtemps. Pour cela, il enlève les plus belles femmes de la ville et leur fait subir des épreuves terribles…



Le succès de "A minuit j'emporterai ton ame" aidant, Jose Mojica Marins ressort ses ongles griffus pour la suite directe, et ceci, en 1967 : tout comme Frankenstein, Jason, Freddy et Cie, Zé du cercueil ne meurt finalement jamais et revient malgré le piteux état dans lequel il se trouvait à la fin du précédent épisode.
Former une famille : voilà une quête fort inhabituelle pour un assassin ! Etre père serait le moyen, selon Zé, d'acquérir l'immortalité : il n'hésite pas à protéger des enfants à la moindre occasion et en sauve même un de la mort (on le voyait déjà dans le premier opus en train de réprimander un père trop violent).



Sans attendre, le croquemort enlève une tripotée de jeunes femmes et les enferme dans son antre, aidé par un serviteur bossu absent du premier film (archétype du serviteur monstrueux, rappelant fortement le Fritz de "Frankenstein" ou le Morpho de "L'horrible docteur Orloff").

Ce qui ont eu du mal avec la fameuse araignée "qui monte, qui monte" du premier film, risqueront de friser la crise cardiaque avec la première épreuve qui attend les gourmandines : durant la nuit, une armada de tarentules vient envahir la chambre où elles logent, allant se nicher par dizaines dans les couvertures ou se faufilant sur le joufflu des endormies.
Craignant que ses actrices quittent le plateau en hurlant au contact des arachnides, Marins fit passer des tests aux comédiennes, leur faisant lécher des crapauds ou embrasser des serpents : quand la réalité rejoint la fiction !

Par ailleurs, une bonne partie des araignées utilisées disparut du plateau, terrorisant alors le voisinage.
Il est fort ce Marins…



Ayant trouvé enfin "la femme supérieure", Zé do Caixao balance ses victimes restantes dans une fosse à serpents (au rayon des anecdotes encore : l'une des actrices aurait failli se faire étrangler par un boa !) : avant de livrer son dernier souffle, l'une d'elles crie vengeance et jure que son spectre reviendra hanter Zé…une nouvelle fois !
Encore trop marquée par certaines faiblesses, la soupirante de Zé est mise de côté, le croquemort barbu l'utilisant ainsi à ses dépends ; car la véritable "femme supérieure" vient d'arriver en ville : brune, belle, impitoyable, courageuse et ne craignant guère l'idéologie morbide et immorale de Zé.

Une intrigue aussi intéressante que celle du premier volet, moins axée cependant sur la vengeance d'outre tombe : méprisant les croyants qui l'entoure, Zé craint pourtant inconsciemment le châtiment de ses victimes défuntes et, s'il ne plongera pas dans la folie comme précédemment, il aura la joie de faire une visite des Enfers lors d'une spectaculaire scène onirique.



Le temps d'une dizaine de minutes, le noir et blanc quitte le métrage pour laisser place à la couleur : Marins nous fait alors découvrir un Enfer glacé (!!) et bariolé grouillant de suppliciés, où l'on torture et flagelle à la chaîne ; le tout dirigé par un homme ressemblant trait pour trait à Zé. Les couleurs pétent, renvoyant au cinéma de Bava ou aux Comics, et ça hurle fort, très fort : on retrouve l'hystérie qui caractérisait déjà la démentielle intro du film, formidable bande-annonce à elle seule.

Pour le reste, le film souffre avant tout d'une dernière partie nettement trop longue, où Zé s'abandonne alors à ces fameux monologues ou se débarrasse de ses poursuivants dans un marais putride (qui, comme tous les autres décors du film, fut reconstitué dans une synagogue abandonnée) : une touche de Survival ?

La violence gore (égorgement, hache en pleine tête, visage rongé par l'acide, tête écrasée…), les quelques fragments de nudités (des seins par ci par là) et les propos outrageants de Zé n'ont, une fois de plus, pas plus à la censure (la séquence de l'Enfer fut à l'époque coupée de moitié) : l'épilogue est malheureusement chamboulé, devenant du coup incohérent ; ainsi Zé reconnaît l'existence de Dieu et sa force, alors qu'il s'est toujours battu férocement contre les croyances.
Zé ne réapparaîtra que furtivement dans d'autres films de Marins (dans "L'éveil de la bête", "Exorcismo Negro", "Le monde étrange de Zé do Caixao"…) : ce n'est cependant pas sa dernière aventure puisque (ô miracle !) Marins est en train de tourner actuellement "Encarnação do Demônio", qui sera donc le troisième volet d'une saga qui se devait d'être composée de pas moins de six films ! Il y a de quoi être impatient.

La bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=uBledbI2_9A