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A horreur.com on est gentil et serviable, la preuve, on vous a encore déniché une petite sucrerie de derrière les fagots. Un bon petit film indépendant, entre série Z et grosse production, si si ! Rebecca est une vampire génétiquement modifiée, ramenée à la vie par une agence de services secrets, et dressée pour devenir assassin. Après quelques missions, elle tombe sur un os, et toute l'agence se fait décimer par des vampires à la force incroyable. Un étrange groupuscule lui met alors la main dessus, et la convainc de les aider à récupérer un livre de sorcellerie pour détruire ces über-vampires. Si Rebecca les intéresse, c'est qu'elle dispose de la force et de l'entraînement requis pour mettre à mal ses ennemis. N'ayant nulle part où aller, elle accepte cette ultime responsabilité, qui la conduira à découvrir de sympathiques spécimens vampires. Dans l'ombre, l'attendent Victor et Hugo Renoir, deux anciens vampires, fricotant un peu trop avec les ténèbres.



Voilà un sacré OFNI (Objet Filmé Non Identifiable). D'abord parce qu'il s'agit d'un métrage ultra référencé, mais surtout parce que "The Witches Hammer" mange un peu à tous les râteliers.

Si le scénario est loin d'être démentiel, il n'en demeure pas moins divertissant, et laisse transparaître de nombreuses influences. La première, et la plus flagrante, est "Nikita". En effet la séquence d'entraînement de Rebecca, est très proche de celle du métrage de Besson ; impossible de ne pas établir un parallèle. Si cette référence n'est pas délibérée, alors je dis "chapeau !".
Il ne s'agit pourtant pas de la seule référence, loin s'en faut. Le premier qui dit "Buffy" se prend un pieu dans le fondement, quand bien même le nom de la gluante chasseuse ne peut que venir à l'esprit. Des vampires et une chasseuse, le nom de la célèbre série avec Sarah Michel Gellar sera forcément amené sur le tapis à un moment donné. Ce serait pourtant un tort, tant Bouffie est ici surpassée.
Dans la mesure où nombre de ces inspirations relèvent de l'inconscient, Il serait impossible de toutes les citer. Le cinéma Z étant par définition, un cinéma diablement référencé, ce sentiment de déjà vu n'a rien d'étonnant.

Pourtant, The Witches Hammer, n'est en rien une série Z comme les autres. L'on ira même jusqu'à se demander s'il s'agit bien de Z. Un micro budget filmé en 35 mm, un scénario pas bien épais, mais des acteurs compétents, un cadreur pas manchot, et un monteur pas aveugle. Bonne nouvelle non ?



Ainsi ce n'est pas prendre de risque que de dire que The Witches Hammer, est une série Z qui joue dans la cours des grands, mais qui du coup se retrouve un peu à la croisée de différents genres. Le cinéaste Anglais nous bombarde d'action, puis d'un coup, lâche un gag. Si certains sont parfaitement judicieux, la majorité d'entre eux semblent autant à leur place qu'une retentissante flatulence lâchée lors d'une réunion du Rotary Club. D'autant que c'est de l'humour pas toujours spécialement drôle, mais qui vous arrachera sûrement une esquisse de sourire. Qu'importe, ce n'est pas là la force du film.

Si certains aspects sont très certainement fauchés, à aucun moment l'image n'adopte un aspect "filmons l'anniversaire de papy sans trépied." Ici ce serait même plutôt "on fait passer les grands pour des bouffons en faisant mieux avec moins."
On notera même la présence d'une Ferrari au casting, engin plutôt pas banal pour un micro budget.

Cependant, là où le film de James Eaves impressionne réellement, c'est en matière de chorégraphie de combat. Rien à voir avec les ridicules pantomimes mollassons de "Reign in Darkness". Quand Rebecca cogne, les coups donnent l'illusion de porter, et de ce fait, les joutes sont aussi dynamiques qu'un étudiant angoissé traité à coup de caféine.



En effet ce que James Eaves a compris, c'est qu'avec un découpage énergique, il est possible de compenser le manque de moyen, et de donner un sacré coup de fouet à certaines scènes, à condition de ne pas en abuser. A Hollywood les grosses pontes pensent que les réalisateurs sont payés au plan, ce qui les incite à en faire cinquante, juste pour voir Ben Affleck descendre de son avion. A Londres, chez James Eaves, tout ce que l'on sait c'est qu'on n'a pas un radis, et que l'on veut faire plaisir au spectateur coûte que coûte. Et c'est réussi.

Alors, certes, les grincheux pourront déposer leurs étrons oraux, arguant que le sur découpage c'est bon pour les clips MTV, mais que dans une série Z ça fait mauvais genre. Là ils se mettent le doigt dans ce qui leur sert d'œil, et bien profond, s'il vous plaît.
S'il y a bien un contexte dans lequel un découpage rapide est justifié, c'est ici. Lorsque Ridley Scott nous fait de faux effets de caméra, rehaussés d'un sur découpage pour son Gladiator, cela prête, relève de l'insulte cinématographique. A contrario, quand, un réalisateur fauché, dynamise ses combats à l'aide d'un montage rapide, il s'agit là de faire preuve de sagesse. D'autant plus que le tout reste indéniablement lisible. A faire pâlir les grosses pointures que je vous dis !



Le reproche principal que l'on pourra faire au film, au-delà d'être un étrange mélange des genres, sera peut-être d'être allé un peu trop loin dans la cour des grands. Ce que le film gagne en crédibilité, il le perd en mojo. Ainsi ce qui fait la force des séries Z (et même B) ce sont les touchantes tentatives (souvent réussies, il faut le souligner) à faire du grand avec du rien.
En l'occurrence, la tentative est un peu trop concluante. Résultat on se retrouve devant une superproduction à micro budget ? Totalement paradoxal.
L'aspect micro budget se fera toutefois largement ressentir sur quelques effets spéciaux numériques, pas suffisamment pour tout gâcher, en quantité suffisante pour faire sourire.

Alors si vous cherchez une série Z typique, touchante dans son incompétence, compensant le manque de budget par une avalanche de tripailles, déversée sur des actrices nues, qui finiront leur carrière dans l'anonymat le plus total, alors vous n'avez pas tapé à la bonne porte. Par contre si vous voulez vous éclater pendant une heure et demie, sans prise de tête, alors foncez !

Les captures d'écran proviennent d'un screener envoyé par l'éditeur, d'où l'adresse apposée sur chacune d'elles.






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