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La plaquette promotionnelle cite une chronique qui a été faite à propos du film : "… destiné à devenir un film culte." Voyons voir… Un film qui réussit à regrouper : - un promoteur immobilier véreux, - sa secrétaire cochonne, - un riche héritier, - une bibliothécaire coincée du cul en journée qui se transforme en psychopathe à la tronçonneuse, la nuit. - Et son frère, un travesti totalement déjanté… Ne peut pas être un mauvais film. Quand en plus, il est question de tronçonneuse, alors là le doute n'est plus permis, il ne peut s'agir que d'un chef d'œuvre. A moins que… L'histoire, vous la connaissez, vous mélangez les éléments sus mentionnés, et vous obtenez le scénario de Chainsaw Sally : le promoteur véreux tente d'acquérir le terrain du riche héritier pour construire son superbe complexe résidentiel. Il envoie sa secrétaire pour faire des galipettes avec les riches héritiers, mais la bibliothécaire entend bien défendre l'intégrité de sa petite bourgade. Etonnant non ?



Pas vraiment. On s'étonnera plutôt de voir enfin la sortie de Chainsaw Sally, en chantier depuis un sacré bout de temps puisque le film date tout de même de 2004. C'est Shock-o-Rama cinema qui s'y colle, faisant coïncider la sortie du métrage avec celle du DVD américain de "Massacre à la Tronçonneuse : le commencement." Cela était bien évidemment recherché par l'éditeur, lui permettant de s'engouffrer dans le sillage de la tronçonneuse texane. Mais ce n'est pas là le seul argument tranchant, puisque la communication autour de Chainsaw Sally a eu à cœur de bien mettre en avant le nom de Gunnar Hansen, le leatherface du Massacre à la Tronçonneuse original. Celui-ci n'a pourtant qu'un rôle mineur – ni anecdotique, ni minable, tout simplement de peu d'importance.
Enfin comme l'annonce le titre, l'outil de prédilection de la bibliothécaire est la tronçonneuse. Le rapprochement avec le film de Tobe Hooper est donc tout à fait naturel. D'autant plus que l'affiche utilise un grain d'image sale et un fond jaunâtre, le même que celui de vous savez quoi !



Si sur l'aspect de la communication, tout a été mis en place pour que le lien entre le film de Jimmy O Burril et celui de Tobe Hooper, qu'en est-il du contenu ? Comme précédemment établi, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard cul-de-jatte, mais réserve quelques surprises et originalités, dont certaines bien gratinées. Au rang de celles-ci, une scène de mise à mort d'un usager de la bibliothèque, car celui-ci avait oublié de rendre un livre. Ca ne vole certes pas bien haut, mais les situations parfois surréalistes du film, contribuent à lui conférer une certaine fraîcheur.
Du fait de cet humour décalé, il est au départ difficile de situer le Chainsaw Sally. S'agit-il d'une série Z où l'humour est involontaire, ou s'agit-il plutôt d'un OVNI qui ne se prend pas au sérieux pour deux sous ? Après quelques premiers instants assez ennuyeux et mous du genou, les doutes s'effacent, et l'on peut même légitimement se demander si derrière tout cela ne se cache pas une parodie de "Massacre a la Tronçonneuse".



Que les puristes monomaniaques de l'œuvre originale se rassurent, il n'est aucunement porté atteinte à son intégrité. Ici, on a affaire à une réalisation d'un fan, non seulement de "Massacre à la Tronçonneuse", mais aussi de tout le cinéma de genre. Ainsi au-delà des très nombreuses références au chef d'œuvre de Tobe Hooper, de nombreux clins d'oeils parsèment le film. A commencer par la présence de H.G. Lewis en quincaillier débonnaire.

Montrer son admiration pour le cinéma de genre, c'est bien, mais cela ne suffit pas à faire un film. Alors, est-ce que Chainsaw Sally relève le défi ? Oui et non. Si l'on garde à l'esprit le fait qu'il s'agit d'une petite douceur Z, sans aucune prétention, alors oui. Dans tout autre cas, non.
En effet l'aspect le plus rebutant est sans doute le format vidéo qui montre ici toutes ses limites, et ses défauts. De l'image bruitée, au rendu digne d'un mauvais téléfilm, la dose est sévère et bien indigeste. Et pourtant, au-delà de ces aspects purement formels, le résultat tient la route et se révèle même très efficace.



Les personnages hauts en couleurs qui habitent le film, apparaissent très rapidement fort sympathiques au spectateur. A part peut-être l'agent immobilier pourri jusqu'au trognon, et quelques autres protagonistes superficiels. Les acteurs et actrices, sont pour la plupart bien au dessus de la moyenne des habitués de série Z.
Au niveau du gore, il n'y a pas de quoi vomir sur la carpette à mémé, ça reste extrêmement soft. Certaines scènes versent légèrement dans le malsain, mais en ayant tout de même un arrière goût de comédie, très prononcé. Ce qui sera selon les goûts, un handicap ou une qualité.
Pour ma part, j'ai choisi mon camp, j'adhère. J'adhère pour le monologue de 5 minutes sur l'homosexualité de Batman et Robin, j'adhère pour la parodie, pour les personnages déjantés et surtout pour l'actrice très charismatique. (Un peu trop maigre peut-être, soit dit en passant, afin d'apporter un peu de futilité à cette critique).

Alors, il serait de bon goût que vous donniez une chance à ce film, et tentiez de le visionner, sans vous attendre à un chef d'œuvre. Il est peu probable que vous soyez déçus.








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