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Dans un vieux manoir vit le baron Statross, qui se sert de sa demeure comme un lieu d'hébergement pour des voyageurs de passage. Le problème vient de la présence du fantôme d'un ancêtre du baron nazi.



" Statross le magnifique " marque le début d'une collaboration entre deux univers: celui du réalisateur Rémi Lange ("mes parents"), et celui du chanteur Jann Halexander. L'univers visuel Lange s'accouple parfaitement avec les chansons du second, tellement les deux artistes sont marqués par tout ce qui est ambiguë, sexuel et marqué par la présence de la Mort. Dans ce qui s'annonce comme le premier volet d'une trilogie, ce moyen-métrage de Rémi Lange, ladite Mort est symbolisée par l'ancêtre du baron himself dont la représentation à l'écran se fait sous le déguisement d'un membre du Ku Klux Klan. Un fantôme dont la présence est ressentie avant tout comme une allégorie du Mal et de l'intolérance. Et qui va bien au delà du déguisement en apparence naïf!



Ce qui saute aux yeux dans " Statross " c'est l'approche kitsch et volontairement rétro du film, qui ressemble par la mise en scène et l'utilisation des bulles informatives (en lieu et place de dialogues) au cinéma muet. Si l'ambiance est volontairement rétro, le propos est quant à lui moderne dans sa démarche et ses thématiques: tolérance sur les goûts sexuels, lutte contre le racisme (ce n'est pas si innocent si parmi les invités du château, nous trouvons un arabe ou encore un juif.) Véritable ode à la liberté et à la jouissance, la présence de la transsexuelle Pascale Ourbih, en tant qu'épouse de Statross n'est pas le fruit du hasard.




Ce premier triptyque démarre sur les chapeaux de roues avec la scène d'une masturbation sur les paroles qui firent tant de bruit de " Brasillach " (célèbre écrivain connu pour ses collusions avec le nazisme et qui fût fusillé). Un mélange qui pourra en déconcerter plus d'un spectateur mais qui vaut le détour ne serait-ce que par le côté provocateur du scénario. Une histoire que Jann Halexander porte en lui depuis son adolescence.



Les 22 minutes passent vite et aucune scène ne semble en trop dans ce récit mélangeant race, sexe et mort. Les corps des acteurs sont de plus suffisamment bien mis en valeur dans un décor atypique. Néanmoins, " Statross le magnifique ", est réservé à un public averti de par la crudité de certaines scènes. Pour autant, rien n'est jamais vulgaire, et une poésie ressort de certaines images au point de transporter le spectateur dans un univers autre. Même si ce premier moyen-métrage de la trilogie consacrée à Halexander n'est pas ce que Rémi Lange a de plus réussi (il sera alors intéressant de replacer cette oeuvre lorsque les trois volets seront sortis), " Statross le magnifique ", représente une véritable ode à la liberté et à l'audace cinématographique.

DVD "STATROSS LE MAGNIFIQUE" en vente (dédicacé par le réalisateur) sur :
http://www.priceminister.com/offer?action=desc&aid=116637161

Bande-annonce du film :
http://www.youtube.com/watch?v=mxgb1_OZkY0

Site de Rémi Lange :
http://www.myspace.com/remilange



Le second volet, " Statross II: la forêt ", sortira courant 2007.




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