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Dirigeant un petit camp de concentration, la SS Ilsa fait subir les pires tortures à ses détenus, et en particulier aux femmes, souhaitant ainsi en tirer la conclusion que le sexe faible résiste bien mieux à la douleur que les hommes. Alors que les prisonniers élaborent un plan d'évasion, elle jette son dévolu sur l'un d'eux, un jeune américain capable de satisfaire tous ses appétits sexuels sans "défaillir" !



Sans véritablement le faire exprès, des films comme "Salò, les 120 jours de Sodome", "Portier de nuit", "Les damnés", "Salon Kitty\ ou \Croix de fer" donnèrent de nombreuses idées (tordues) au cinéma trash & bis cher aux américains et (surtout !) aux italiens.
Né à la fin des années 60, le Nazisploitation fait encore hurler un certain public (autant pour ses débordements graphiques que pour l'illustration à l'écran de l'une des pages les plus noires de notre histoire à des fins…douteuses) ; sous-genre pouvant se targuer d'être l'un des plus extrêmes de l'histoire du cinéma avec le Mondo et les Category III hongkongais.
Amis du bon goût, bonsoir !



Dans le cas de ce premier Ilsa, le cadre dit "réel" ne pourra guère plaire à tout le monde, de même que sa violence barbare : il sera judicieux de voir le film comme ce qu'il est vraiment, c'est-à-dire une sorte de bande dessinée pour adulte ne véhiculant aucune idéologie ou quelconque message, fonçant tête baissée dans le mauvais goût et la complaisance, comme n'importe quel bis décalé de cette grande époque ! Vision d'un cinéma déviant et insolent (presque) perdu…
Les deux volets suivants (on évitera de compter le faux quatrième volet signé Jesus Franco) évolueront dans un arrière fond moins "sensible", un Harem et un Goulag, allant d'ailleurs encore plus loin dans le délire et l'absence évidente de sérieux.

Preuve du manque de sérieux, il suffira de jeter un coup d'œil aux personnages secondaires (gardes et sbires en tout genre), particulièrement mal joués et décalés ; par ailleurs, ce n'est pas avec ses deux énormes mamelons et ses tenues moulantes (de préférence décolletées) que Ilsa risque de susciter un quelconque effroi ! Incarnation typique du fantasme SM (cravache, formes généreuses, bottes, cuir et on en passe) la demoiselle profite de ses prisonniers masculins comme joujoux sexuels et de ses captives féminines comme cobayes à des expériences particulièrement corsées (se rapprochant des expérimentations scientifiques douteuses pratiquées réellement – et malheureusement - dans les camps de la mort).



Entre deux scènes érotiques plus ou moins agitées (un horrible viol cradingue, les ébats très bruyants de Ilsa avec son nouvel amant ou une douche dorée hors champs) et parfois mal filmées, les séquences de tortures se démarquent des autres scènes par une atmosphère malsaine assez surprenante (l'endroit où elles se déroulent étant principalement une salle de tortures maculée de sang) et des maquillages…très (trop ?) réussis ; en résulte une pelletée de scènes douloureuses et d'un réalisme limite gerbant : plaie béante grouillant d'asticots, castration, doigts de pieds carrément broyés à la tenaille, flagellations, gode envoyant des décharges électriques, opération vaginale peu délicate, ébouillantages…
Ça touche là où ça fait mal !
Au final, on suit sans trop d'ennui le quotidien de ce mini camp de la mort : Ilsa gueule comme une vache au pieu, les prisonniers projettent une sortie spectaculaire, les suppliciées tombent comme des mouches…excepté une jeune fille défiant une Ilsa trouvant sa souffre-douleur favorite, mais aussi le point d'orgue parfait de sa théorie toute personnelle à la base de ses expériences démentielles ; le niveau de souffrance physique que peut tolérer un corps féminin serait supérieur à celui que peut encaisser un corps masculin ! La rivale parfaite se retrouvant ainsi à ressembler de plus en plus à un morceau de barbaque entre la vie et la mort (ou si vous préférez, à un zombie sponsorisé par Charal), le résultat à l'écran étant d'ailleurs assez saisissant.



Le malaise provoqué par ces scènes déviantes est rapidement balayé par l'aspect nettement plus Z des personnages, des dialogues, de l'érotisme (souvent complètement gratuit : à quoi sert de se mettre seins nus pour fouetter de pauvres prisonniers ?) et une fusillade finale aussi amusante que Peckinpesque du pauvre : chassez le naturel et il revient au galop !
Du Z dans toute sa splendeur donc, avec des ralentis à deux sous, des blondes dépoitraillées qui se tortillent vainement en couinant, des combats pathétiques (pendant un moment, on croirait voir des gosses en train de jouer dans une cour de recré) et un retournement de situation final tragique assez amusant avouons-le…mais qui n'empêchera guère la blondasse nazie de revenir le temps de deux suites !








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