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Uncut Movies (www.uncutmovies.fr) vous offre l'opportunité de déguster au Bethmann nouveau, cuvée 2005. Ici, comme avec le vin nouveau, l'emballage est joli, et la perspective attrayante, mais tout excès vous ferait courrir aux toilettes. L'histoire ? Une île, non loin des côtes italiennes, où des forces démoniaques sévissent depuis la nuit des temps. N'y survivent que quelques ruines. Un trio de braqueurs s'y rend avec un otage pour échapper à la police, et cela malgré les avertissements d'un étrange vieillard. L'on croisera aussi sur l'île deux survivants d'un naufrage. En parallèle une femme et son mari se font agresser par un immense tentacule qui finit par éjaculer sur madame. Ce couple ne se trouve pas sur l'île (censée être inhabitée), donc leur présence dans l'histoire est insoluble. Enfin… on n'est pas à une incohérence près.



La question que tout le monde se pose – comme à chaque nouvelle sortie d'Uncut –, c'est : est-ce que ça vaut le coup de dépenser 25 et quelques euros pour ce film? En ce qui concerne le métrage, je me permets d'émettre quelques sérieux doutes, par contre si ces 25 euros sont le prix à payer pour soutenir le meilleur distributeur indépendant en France, alors oui !

Leçon numéro 1 : Bethmann est capable de faire des films de moins de 2h30.

Fort heureusement car "Demon Terror" ennui assez rapidement. Un rythme bancal et un scénario inintéressant handicapent très fortement le métrage, qui se retrouve très rapidement le bec dans l'eau. Et le spectateur ? Il s'est endormi.


Leçon numéro 2 : du cul, du cul, du cul !

Soyons franc, "Demon Terror" est certes moins long que "Rossa Venezia" mais l'ennui gagne parce que Bethmann ne répond pas à l'attente. En effet
contrairement à ses précédents essais, la pornographie sans concession est ici remplacée par du softcore d'assez mauvaise qualité. Alors on voit des jeunes filles nues, mais le tout relève de l'érotisme le plus servile. Certes "La différence entre Religion et Secte est la même qu'entre Erotisme et Pornographie. Chacun en parle mais personne ne la connait," disait Coluche.
Ceux qui voudront pinailler sur ce point trouveront toujours une source de
débat. J'y répondrai donc par une seconde citation, prêtée à nombre de gens, des idiots (les juges puritains sur l'affaire "Deep Throat") et des moins idiots (Pierre Desproges). "La pornographie, on a du mal à la définir, mais dès qu'on la voit, on la reconnaît tout de suite." En l'occurrence on ne la reconnaît pas, et on s'ennuie.
Tout au plus voit-on quelques appareils génitaux (féminins uniquement), mais si c'est pour y rentrer des tentacules…



Leçon numéro 3 : Si tu avances et tu recules, comment veux tu, comment veux tu…

Que je tentacule. Si "Demon Terror" n'est pas pornographique pour un sous, il est néanmoins bardé de divers symboles phalliques, à commencer par ce gigantesque tentacule verdâtre qui pénètre quelques-une des femmes présentes au casting. D'ailleurs ce corps démoniaque non content de ses prouesses buccales et vaginales, éjacule parfois à grands jets. Rien à voir avec vos acteurs favoris, ici il s'agirait plutôt de la quantité d'une bouteille de Yaourt à boire.
En plus du véritable héros de ce film qu'est ce tentacule adepte de muqueuses,les perceuses à grosse mèche sont aussi très présentes. Bien sûr elles aussi y représentent le pénis dominateur (soit dit en passant loin de moi un quelconque discours phallocrate, et encore moins féministe). Monsieur Bethmann ferait-il une fixation, parce que, oui, la taille compte ?


Leçon numéro 4 : Les scénarios c'est bon pour les loosers !

Tout est dans l'intitulé de cette leçon. Des démons, des victimes, une île
maudite, c'est tout ce à quoi se résume ce film.
L'avantage c'est que Monsieur Bethmann ne pourra pas être accusé d'être
responsable de la déforestation, puisque le scénario de "Demon Terror" ne doit pas être bien épais.



Leçon numéro 5 : Ne pas engager de script.

Il est un jeu amusant que les cinéphiles aguerris pratiquent (ainsi que ceux qui s'ennuient au cinéma, et les personnes douées d'un sens de l'observation hors norme) : repérer les erreurs de script. A la vision du dernier Andreas Bethmann, vous aurez de quoi vous amuser. Sans parler du scénario parfois incohérent et totalement opaque, certaines scènes ont le droit à leur petit : "l'est là, l'est plus là, ah, l'est revenu !"
Le plus flagrant exemple étant celui d'une femme sur la poitrine de laquelle le tentacule éjacule, et qui se retrouve immaculée lors du changement de plan.


Leçon numéro 6 : Engager des actrices "fraîches" !

A l'instar de "Angel of Death" les actrices ici présente approchent la date de péremption cinématographique. Des poitrines opulentes qui croulent sous le poids de l'âge, des visages fatigués, et des fesses énormes… Entendons-nous bien, il est une différence entre être belle et être cinégénique. Si dans la réalité les critères cî-dessus ne sont nullement contraires à la beauté, dans un film comme "Demon Terror", cela amoindri l'impact du "propos".
Encore que, les mêmes actrices dans le même métrage auraient pût être tout à fait parfaites, si la mise en scène ne venait pas souligner leurs "défauts."
Un peu d'acné ? Gros plan sur les joues boutonneuses de l'actrice. Un postérieur bien en chair ? Un string échancré et trop petit, un plan en contre-plongée de son derrière et le tour est joué. Une actrice tente d'être jolie ? Un bon coup de rouge à lèvre noirâtre ignoble, et la belle est défigurée. Dans ces conditions n'importe quel canon de beauté aurait l'air d'une femelle hippopotame enceinte.



En six leçons, voilà le film réduit à l'état de bouillie difforme, de quoi
dégoûter nombre de gens. Pourtant il reste deux leçons, l'une mitigée et
l'autre... et bien lisez donc.


Leçon numéro 7 : Ne JAMAIS négliger le montage.

Je sais, il est difficile de résister pour ne pas utiliser tous les filtres d'images disponibles sur son joli logiciel de montage. Pourtant, il faut savoir être raisonnable, car la plupart d'entre eux sont immondes.
Ensuite, superposer trois plans N'EST pas clair, ça part dans tous les sens et le spectateur s'y perd.
Surenchérir dans la découpe d'un zoom, pour le coupler à un autre (hop un bout de zoom sur crucifix, hop un sur l'actrice, hop retour à la croix, puis encore la femme…) est une idée idiote.
Monsieur Bethmann, il est donc conseillé de changer de monteur car celui-ci est passablement mauvais. Et c'est très dommage car il y a là une façon de filmer très intéressante. Parfois originale et la plupart du temps assez efficace. "Demon Terror" s'enlaidit donc à cause d'un (dé)montage peu pertinent.


Leçon numéro 8 : Utiliser du métal en bande son n'est JAMAIS une mauvaise idée.

En effet qu'est-ce qui s'accorde le mieux avec un métrage sauvage (ou censé l'être) qu'un bon riff de guitare bien énervé ? Et ici,l'utilisation de Death métal aux allures trashisantes, ne fait que donner crédit et énergie à ce "Demon Terror" qui en a bien besoin.
Une très bonne initiative à renouveler.


Que retenir réellement de ce Bethmann ? Qu'il est capable du pire comme du
meilleur, voire même de faire cohabiter les deux. Rien à voir avec ce vieux renard de Jess Franco qui après 200 films ne savait toujours pas tenir une caméra. Ici les plans sont nets, et l'intention est intéressante. Si ce film est de bien piètre qualité, il ne dégoute pourtant pas totalement du cinéaste que l'on découvre ici sous une autre facette (autre que "Angel of Death" et "Rossa Venezia" s'entend). En effet c'est avec plaisir que je découvrirai "Exitus Interruptus".

Le film est aussi connus sous les noms suivants : "Dämonenbrut - Insel der Dämonen 2", "Demon-Terror" ou encore "Insel der Dämonen 2".

La version ici critiqué est le director's cut (89 minutes), il existe cependant une version uncut de 130 minutes disponible sur le digipack allemand.