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Morgan, un joueur de football professionnel et son ami Davis ont décidé de passer quelques jours de détente sur une île canadienne quasiment déserte. Rapidement, Davis disparaît mystérieusement. Morgan décide alors d'examiner les alentours et se fait attaquer par un poulet géant. S'étant sorti difficilement des ergots acérés du gigantesque volatile, notre héros fait la connaissance d'une fermière des environs qui lui fait une bien étrange révélation. En effet, la terre de l'île recèle une étrange matière oléagineuse ("la nourriture des dieux") qui, mélangée aux aliments, a la particularité de faire grandir tout animal qui l'absorbe. Morgan, comprenant vite (car il est très intelligent pour un sportif !) que l'île est infestée de bêtes aux proportions inimaginables va tenter, en compagnie des autochtones, touristes et autres financiers peu scrupuleux désirant exploiter la substance extraite du sol, de survivre aux assauts des bestioles affamées devenues très agressives...



Si vous ne connaissez pas Bert I. Gordon, laissez-moi en quelques mots vous en dresser le portrait : c'est tout simplement l'homme qui aime les grosses bestioles. En effet, dans la plupart de ses longs métrages, on rencontre une ou plusieurs créatures gigantesques (des vers, des abeilles, des rats, des guêpes, parfois même des humains…) qui attaquent des gens. Mais c'est quoi son problème au père Bert ? Il a quelque chose de petit qu'il aimerait voir grandir ?

Trêve de plaisanterie, en 1965 déjà, Gordon avait porté à l'écran une partie du roman de H.G. Wells ("The Food of the Gods", de 1903) dans son film "Village of the giants" avec Ron Howard et Beau Bridges. Et c'est avec Soudain…les monstres, que Gordon revient à ses premières amours : le film avec des bêtes géantes, un genre qu'il n'avait plus abordé depuis une dizaine d'années. Ici, il reprend juste le thème de base, à savoir : une matière provenant de la terre d'une île et qui mêlée à de la nourriture fait grandir de façon gigantesque toutes les créatures qui la consomment. Pour cette énième adaptation d'un roman de Wells (connu pour être, entre autres, l'auteur de "La machine à explorer le temps", "L'île du docteur Moreau", "L'homme invisible" et du célébrissime "La guerre des mondes"), Gordon met un peu plus l'accent sur les scènes gore, notamment celles avec les rats, principal fléau du film, et ne lésine pas sur l'hémoglobine. Cela étant, rien n'a vraiment changé par rapport à ce qu'il faisait dans les années cinquante : le scénario (quel scénario ?) est incohérent, les scènes d'action sont grossièrement bâclées, les personnages sont stéréotypés à mort (Bensington le financier véreux et Lorna, sa secrétaire dévouée, en tête) et les effets spéciaux sont catastrophiques. Mais justement c'est ce qui constitue le point fort du film !



Les trucages sont tellement simplistes et périmés qu'ils sont décelables en un coup d'œil, ce qui entre en totale contradiction avec l'approche plus ou moins sérieuse qu'a voulu prendre Gordon à travers un message à caractère écologique relatif à la préservation de la Terre et de ses richesses. Mais c'est pour notre plus grand plaisir ! Allez pour rire un peu : imaginez quelqu'un se faisant attaquer par un poulet géant qu'un gros plan généreux nous révèle être en fait un homme engoncé dans un costume mimant le volatile, et bien cela fait sourire, croyez-moi !

Parmi les grosses bestioles, on rencontre ainsi pêle-mêle : des guêpes, des chenilles, des vers, des moustiques, des poulets et des rats, véritables vedettes du film. La plupart du temps, le réalisateur utilise subtilement (suis-je bien sérieux ?) tantôt des séquences où de vrais rongeurs apparaissent, tantôt des modèles réduits complètement cheap pour nous y faire croire ! Néanmoins il y a pire : quand le héros du film (whouah quel charisme d'ailleurs !) tire sur les rongeurs, des images de rats vivants assis sur une maquette de bâtiment superbement mal faite et parsemée d'impacts de balles, sont utilisées ! Merci monsieur Gordon pour cette offrande !



Notons que le film a reçu la dinde d'or, récompensant le plus mauvais film de tous les temps dans la catégorie nanar avec des rongeurs et qu'Ida Lupino (réalisatrice du "Voyage de la peur") est venue se perdre dans ce conglomérat de n'importe quoi. Elle avait faim ou bien est-ce une copine du père Bert ?

J'allais oublier de vous dire qu'une suite de ce film existait : "Gnaw, food of the gods 2" chez nos amis anglo-saxons et "La malédiction des rats" en France. Réalisé en 1989 par Damian Lee, cet ersatz raconte l'histoire de rats de laboratoire qui trouvent refuge dans un campus et y sèment la pagaille. A voir donc, mais bon vu le pitch ça à l'air aussi sympathique que le premier !



Cette farce cinématographique est facile, certes. Son histoire est hallucinante, on est d'accord. Pourtant, un certain charme suranné s'en dégage tellement c'est naïf et hyper mal fait à la fois. Ainsi, les fans de nanars devraient être comblés, en revanche ceux de Wells devront passer leur chemin par peur de faire des cauchemars truffés de poulets géants !








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