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Tom Newcliffe, homme très riche, propriétaire d'une luxueuse demeure située dans un immense parc, a invité cinq personnes à venir passer le week-end dans sa propriété. Tom Newcliffe a pour passion la chasse. Tout animal, de quel pays qu'il soit, a déjà été chassé par Tom. Il manque néanmoins une créature à son tableau de chasse : le loup-garou. Et Tom est persuadé que parmi ses invités se cache justement un loup-garou. La pleine lune qui est présente pendant les trois prochaines nuits va t-elle lui permettre d'affirmer ses dires ?



Vous aimez Sherlock Holmes ? Enquêter, découvrir l'identité du tueur ou du monstre ? Ce film est fait pour vous. Dès le générique de début, on nous met dans le bain puisqu'on nous précise que l'enquêteur, c'est nous justement. Et on nous met à l'épreuve puisque la question est : arriverez-vous à découvrir l'identité du loup-garou avant la fin du film ?? Bref, une entrée en matière originale, qui sort des sentiers battus du traditionnel film de loup-garou. On en est même tout excité ! Nous voilà partis dans une chasse au loup-garou !

"Le Mystère de la Bête Humaine" est un film produit par la Amicus. Pour ceux qui ne le sauraient pas, la Amicus était le studio anglais rival de la célèbre Hammer Films. Créé en 1962, on doit à ce studio des films comme "Dr Who and the Daleks", "Je suis un monstre" ou encore "Le Sixième Continent" par exemple. Des films où apparaissent bien souvent des stars de la Hammer, comme Peter Cushing ou Christopher Lee pour ne citer que les deux plus célèbres. La Amicus est surtout connue auprès des amateurs pour ses nombreux films à sketches qui ont fait sa réputation. Parmi ceux-ci, on citera "Asylum", "Le Caveau de la Terreur", "Le Train des Epouvantes", "La Maison qui tue" ou "Histoires d'Outre Tombe". Le film "Le Club des Monstres", réalisé en 1980, fut la dernière production de la Amicus.



Peter Cushing, on le retrouve justement dans "Le Mystère de la Bête Humaine". Bien que n'étant pas le personnage principal du film, Cushing tient néanmoins une place prépondérante dans celui-ci, puisqu'il incarne un expert en lycanthropie. Tout au long du métrage, il expliquera à l'assistance les caractéristiques qui font qu'un homme devienne un loup-garou et cela est assez passionnant. Sa connaissance du sujet en fait un suspect idéal, puisqu'il pourrait alors déjouer les pièges tendus par Tom Newcliffe.

Ce dernier a pensé à tout pour cette chasse bien particulière. Il a loué les services d'un spécialiste en télé surveillance, qui a équipé toute la somptueuse demeure de caméra et de micros. Il en va de même pour l'immense jardin. Chaque centimètre carré est logiquement sous surveillance. Newcliffe a également fait pousser dans une serre spéciale de la plante "tue-loup", dont le pollen est un des éléments indispensables pour assurer la transformation en loup-garou. La pleine lune sera évidemment au rendez-vous, de même que la présence de chandelier en argent, nécessaire pour confondre la bête soupçonnée de sommeiller dans l'un des invités. Bref, une préparation digne des plus grands chasseurs, dont se réclame Tom Newcliffe, sorte de Comte Zaroff qui n'a pas encore passé le côté obscur de la force en prenant des humains pour cible et dont la scène d'introduction est un vibrant hommage au film "Les Chasses du Comte Zaroff" justement. Mais comme nous l'explique sa femme, toutes créatures vivantes ont déjà été chassées par son mari. Ne lui manque plus que le loup-garou pour compléter son tableau de chasse…



Le film est donc un croisement entre enquête policière et film d'épouvante. Malheureusement, les faibles moyens mis en œuvre font que la sauce ne prend pas vraiment. La plus grosse déception étant au niveau du loup-garou lui-même. Ne vous attendez pas à une transformation spectaculaire, ni à un beau maquillage. Vous aurez juste droit à un gros chien poilu en guise de monstre. C'est vraiment très décevant et on aurait aimé des efforts à ce niveau.

Pour ce qui est de l'enquête elle-même, le résultat n'est pas extraordinaire non plus. Peu de suspense, malgré quelques séquences intéressantes, comme celle où Tom Newcliffe fait passer de main en main le chandelier en argent à chaque invité. Mais dans l'ensemble, le film n'est pas vraiment passionnant. D'ailleurs, on s'attend à chercher et à trouver des indices qui nous mettraient la puce à l'oreille, mais je crois que le réalisateur a oublié cette partie en route. On émet des hypothèses plutôt au hasard, ou par déduction, mais certainement pas grâce aux images qui nous sont proposées, et qui ne nous donnent en fait quasiment aucun indice. Cette histoire à la Agatha Christie est assez faible à ce niveau et c'est bien dommage, puisque c'était justement là l'intérêt du film.

On notera également que ce film fait très "blaxploitation". En effet, l'acteur incarnant le millionnaire Tom Newcliffe est noir, et la bande originale du film est très "funky", on s'attend presque à voir surgir Pam Grier. Il faut dire que "Le Mystère de la Bête Humaine" date de 1974, et que la Blaxploitation avait le vent en poupe à cette période. La Amicus a joué sur plusieurs terrains et encore une fois, on ne pourra qu'être déçu à l'arrivée, parce que le potentiel n'a pas été pleinement exploité.



Le film nous propose vers la fin un petit gimmick que n'aurait pas renié William Castle. Le film s'arrête et un chronomètre apparaît. On nous laisse une minute pour deviner qui est le loup-garou. Un petit procédé assez sympathique. Dommage que les effets spéciaux soient aussi ridicules, la vision de ce gros chien, non franchement, je ne m'en remets toujours pas.

Paul Annett avait un bon sujet dans les mains, et il a voulu le traiter de façon originale, différente. Un parti pris tout à son honneur, mais qui n'atteint pas son but. Le réalisateur se perd en chemin, oublie de donner de vrais indices aux spectateurs, censés être l'enquêteur, et ne soigne absolument pas son monstre. Pour une fois, on se dit qu'un remake ne serait pas superflu…








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