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Un téléfilm américain qui prouve qu'en France, les réalisateurs télé ont vraiment des leçons à prendre. Barry Thomas est un employé médiocre d'un centre de recherche nucléaire. Il se fait harceler par sa chef qui n'a pas fait l'amour depuis 1989 (et qui n'a de toute façon pas aimé ça), son meilleur pote n'arrête pas de lui faire des blagues idiotes, et sa vie sentimentale est une abysse. Pourtant au bureau, il y a bien cette scientifique, Lisa, dont il tombe amoureux. Aujourd'hui, il a réussi à lui parler. Elle semble un peu misanthrope, cela ne le rebute cependant pas. A la fin de la journée, sur l'esplanade, devant les bâtiments de la société, alors qu'elle achète des roses, Lisa se fait tuer. Barry, désespéré, va s'imbiber d'alcool avec son ami. Le lendemain, Lisa est toujours vivante, et tout semble se répéter… Barry a eu le droit à une seconde chance.



Ce téléfilm est la preuve que même pour la télévision, il existe des œuvres parfaitement regardables. Mieux, des métrages avec une véritable volonté de créer quelque chose de réfléchi, et non pas uniquement un purge pour engranger les billets verts.

Certes, c'est filmé en 4:3 alors que la mode des nouvelles séries télé est au 16:9, et d'une qualité parfois bien meilleure qu'un long métrage.

Dans le cas de 12:01, la mise en scène est purement utilitaire. Loin d'être moche, elle ne révolutionnera cependant pas le cinéma. Ici le découpage technique est très semblable à toutes les comédies familiales de la fin des années 80, début des années 90. Dans la veine de "Chérie j'ai rétréci les gosses", et autre "un jour sans fin".



"Un jour sans fin", vous connaissez ? Un film avec Bill Murray, où la même journée se répète, encore et encore. Ah, tiens c'est exactement le même sujet. Une coïncidence ? Improbable mais pas impossible puisque les deux films sortent la même année (1993 donc).
Certes Jonathan Silverman n'a pas le génie de Bill Murray, cela ne l'empêche pourtant pas d'interpréter le rôle avec brio, bien au contraire. Le personnage lui va sur mesure, et son jeu est d'un naturel impressionnant. En fait tous les acteurs, la plupart habitués des séries télévisées ou des téléfilms, délivrent une prestation plus qu'honorable.

On notera au passage la présence du Tromatique Giuseppe "period Piece" Andrew au casting.

Outre la présence de Bill Murray, largement compensée par un casting judicieux, que manque-t-il à 12:01 pour se situer en haut du panier ?



Rien. La première chose est que 12:01, qui ne pourra que souffrir de la comparaison avec "Un jour Sans Fin" est autrement plus humain et intelligent que son clone gros budget.

Les protagonistes frôlent la caricature, mais n'en sommes-nous pas tous ? Tous ont leurs petits problèmes, leurs questions existentielles, leurs défauts, leurs qualités... Bien évidemment l'action est centrée sur Barry, le seul a gardé sa mémoire alors que le temps se répète encore et encore comme un disque rayé. Persuadé qu'on lui a donné une deuxième chance, il fera tout pour sauver l'amour de sa vie, pour qui, il redevient chaque jour un étranger. Barry va donc, en tirant des leçons de ses erreurs, élaborer une stratégie pour prévenir la mort de Lisa et rétablir le cours du temps.

"C'est parce que l'on ne sait pas de quoi demain sera fait, et que la vie est courte, qu'elle est si précieuse."



Le scénario est basé sur une idée originale de Richard Lupoff, romancier de son état, et ancien ingénieur informaticien. Le bonhomme est un mordu de science-fiction, et passionné de Edgar Rice Burroughs et… H. P. Lovecraft. 12:01 est donc basé sur l'une de ses nouvelles : 12:01 p.m.

Bien sûr, il s'agit là d'une exclusivité, et le seul moyen pour vous de voir ce film est d'en dénicher la VHS d'occasion, ou d'acheter le DVD zone 1. Une autre solution sera de vous rabattre sur "Un Jour Sans Fin". Cependant comme vous l'aurez compris, le métrage dans lequel joue Bill Murray est légèrement en deçà de 12:01. Il est vraiment rare qu'un téléfilm surpasse un film sur son propre terrain, certainement assez pour que cela soit noté.

12:01 a gagné plusieurs prix, dont le premier prix vidéo au festival de Gérardmer 1994.

A noter un court métrage de 25 minutes réalisé en 1990 par Jonathan Heappose les bases du téléfilm de Jack Sholder 12:01. Trois ans plus tard, Jonathan Heap produira adaptera au format téléfilm de son "court" (12.01 P.M.) pour Jack Sholder. (Merci à Dick Dante d'avoir porté ceci à notre connaissance)