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Une expédition archéologique, menée par le professeur Dubois, qui est accompagné par sa fille Annette et son fiancé John Bray, ainsi que par l'éminent égyptologue Sir Giles, met à jour la tombe du Prince Ra-Antef. Alexander King, homme spécialisé dans le show-biz et financeur de l'expédition, décide de monter une attraction autour des vestiges ramenés de la tombe de Ra-Antef, et propose notamment de faire payer au public l'ouverture du sarcophage contenant la momie du Prince égyptien. Parallèlement, Annette Dubois fait la rencontre d'Adam Beauchamp, qui parvient à la charmer par ses connaissances sur le monde égyptien. Lors de la première représentation du spectacle de King, la foule découvre que le sarcophage est vide. Peu de temps après, King est retrouvé assassiné. La malédiction des pharaons, qui veut que les profanateurs de tombes soient victimes d'une momie ressuscitée, est-elle en marche ?



Second film de la Hammer à mettre en vedette le personnage de la momie, après l'excellent "la malédiction des pharaons" datant de 1959. Malheureusement, cette nouvelle aventure est loin de bénéficier des qualités du titre précité.

Michael Carreras fut producteur, compositeur, acteur et réalisateur, notamment à la Hammer Films où il rejoignit son père James Carreras en 1945. C'est principalement lui qui fit prendre à la célèbre firme anglaise une nouvelle direction dans les années 70, en accentuant la violence et l'érotisme présents dans les films. En tant que réalisateur, on lui doit par exemple "The Maniac" en 63, "Les Femmes Préhistoriques" en 67, "Le Peuple des Abimes" en 68 ou bien encore "Les Maléfices de la Momie" en 64. On trouve souvent dans les films de Michael Carreras la notion de "film d'aventure", associée ou non à l'élément fantastique, comme en témoigne les titres cités ci-dessus, si on excepte "The Maniac" qui se réclame du thriller horrifique. Et ce ne sont pas "Les Maléfices de la Momie" qui me contrediront puisque les cinquante premières minutes relèvent principalement du film d'aventure justement.



Qui dit film de monstres dit héroïne en péril. C'est à Jeanne Roland qu'incombe la tâche de devenir la "Hammer Girl" de ce film. Bien que charmante, la prestation de Jeanne ne lui permettra pas de rester dans les mémoires aux mêmes titres que d'autres actrices de la Hammer comme Ingrid Pitt, Caroline Munro, Valérie Léon, Yvonne Furneaux ou Barbara Shelley par exemple. D'ailleurs, on la reverra plus souvent dans des séries télévisées par la suite que dans des films, même si on peut citer deux rôles secondaires dans "casino royale" ou "on ne vit que deux fois". Jeanne Roland a eu une carrière assez courte puisque sa dernière apparition date de 1969, son rôle dans "Les Maléfices de la Momie" étant sa première.

On reconnaîtra par contre Michael Ripper, un habitué des seconds rôles dans les films de la Hammer.

L'ensemble du casting, sans être d'une efficacité époustouflante, tient la route et on appréciera plus particulièrement le personnage d'Alexander King, interprété par Fred Clark. Ce spécialiste du show-biz nous fera bien rire avec son idée de spectacle grandiose mettant en scène les découvertes de l'équipe d'archéologie, et la première représentation, face aux journalistes, avec musique, effets de lumière, jeu de scène, est assez jubilatoire. On pense un peu aux représentations destinées à montrer "King Kong" au public dans les différents films mettant en scène cet autre monstre du bestiaire fantastique.



Comme dans quasiment tous films mettant en scène une momie, nous aurons droit à des séquences se passant à l'époque des Pharaons. Rien de très original ici, les décors de studios se devinent aisément, apportant une touche rétro à la séquence. Comme d'habitude, le Pharaon sera victime d'un complot et se verra momifié, après s'être fait préalablement couper la main au sabre. Une séquence assez violente pour l'époque, et auquel on a déjà assisté au début du film quand le père d'Annette se fait tuer également.

Bref, nous sommes en terrain connu et le film sombre dans sa première partie dans une débauche de dialogues ou de joutes amoureuses qui ne provoquent guère l'intérêt, Annette tombant sous le charme d'Adam Beauchamp, personnage étrange qui semble avoir un certain intérêt à côtoyer les membres de l'expédition. Le fiancé d'Annette assiste impuissant aux tentatives de séduction de Beauchamp et on a parfois l'impression de se retrouver au beau milieu des Feux de l'Amour. On suit donc passivement le déroulement de l'histoire, n'attendant qu'une seule chose, que le corps de la momie se mette enfin en action !

Notre monstre en bandelette décidera de s'animer au bout de cinquante minutes de film, ce qui peut paraître long. Néanmoins, cela permettra de ranimer notre attention. La momie est plutôt réussie, elle est bien monolithique comme on l'aime, ne craignant ni les balles, ni le combat au corps à corps. Sa première apparition est efficace, faisant basculer ce film d'aventure romanesque vers l'épouvante.

Qui peut bien commander la momie ? Plusieurs suspects s'offrent à nous et pour une fois, les scénaristes ont inventé un mobile plus original que d'habitude. En effet, généralement, c'est le gardien du tombeau qui commande la momie afin de venger la profanation de sa tombe. Oubliez ça, c'est tout à fait différent dans ce film, et ça apporte une petite touche de nouveauté bienvenue.

Notons également une séquence très efficace, où les forces de police tendent un guet-apens à la momie. Honnêtement, je ne l'avais pas vu venir et cette scène est très réussie car surprenante.



"Les Maléfices de la Momie" n'est qu'un film mineur de la part de la Hammer. Comme toujours, la beauté des décors et des costumes et l'éclairage raffiné, sont bien présents. Mais une première partie bien trop bavarde vient entacher notre intérêt pour ces aventures. On aurait aimé voir apparaître la momie bien avant, ce qui aurait donné bien plus de rythme au film de Michael Carreras. Une demi réussite ou une demi déception, choisissez votre camp.








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