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En 1661, le Baron Vitelius d'Astara est condamné par le tribunal de la Sainte Inquisition à être brûlé vif sur la place publique, pour sorcellerie, nécromancie, acte de dépravation et d'autres motifs encore. Lors de son exécution, une comète traverse le ciel et le Baron lance une malédiction sur la descendance de ses bourreaux. 300 ans plus tard, en 1961, une comète traverse le ciel et s'écrase sur terre, redonnant vie au Baron. Son apparence est celui d'une hideuse créature, mais ses pouvoirs lui permettent d'apparaître sous ses anciens traits humains. Le Baron va se mettre en chasse de la descendance des Grands Inquisiteurs…



El Baron del Terror ! Un titre mythique, que les fans de cinéma fantastique mourraient d'envie de voir, après en avoir découvert des images dans des revues ou magazines.

Le film est réalisé par Chano Urueta. Chano était un réalisateur mexicain très actif puisque sa filmographie comporte plus de cent films, de genre aussi divers et variés que le polar, le film d'aventure, le mélodrame, le western. Et bien sûr, le cinéma fantastique est présent également. On lui doit également le premier film mettant en scène des catcheurs avec "la bestia magnifica" en 1952. Chano a également été acteur, on a pu le voir dans "la bataille de San Sebastian", dans "la horde sauvage" ou dans "apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia" par exemple. Il a également assuré les fonctions de scénariste et de producteur. Une carrière bien remplie comme on peut le constater. Chano Urueta est mort le 23 mars 1979.

Dans "le baron de la terreur", on retrouve des têtes bien connues du cinéma fantastique mexicain, puisqu'il y a des acteurs comme German Robles ("les proies du vampire", "le retour du vampire"), Adriadna Welter dans un petit rôle, et l'incontournable Abel Salazar, producteur et acteur de nombreux films. Il se réserve d'ailleurs dans "le baron de la terreur" le rôle principal, celui du terrible Baron Vitelius d'Astara. L'amateur pourra également reconnaître le réalisateur René Cardona, dans un double rôle, celui de l'inquisiteur Balthasar Meneses et de son descendant Luis Meneses. Un autre réalisateur fait une apparition dans le film sous les traits du policier Bennie, il s'agit de Federico Curiel, bien connu des amateurs de films mettant en scène le catcheur Santo. Bref, un casting plutôt sympa pour un film qui ne l'est pas moins, même si au final, on pouvait s'attendre à plus de délire.



En effet, le film reste très classique, un peu répétitif même dans ses actions, et on en ressort pas vraiment déçu, mais pas super enthousiasmé non plus. Ca partait plutôt bien pourtant, avec une séquence d'introduction se déroulant au temps de l'Inquisition, dans un tribunal où l'on juge le sinistre Baron interprété par Abel Salazar. Salazar donne dans l'interprétation sobre, presque hautaine même, ce qui correspond bien à son personnage. L'exécution sur la place publique nous fera sourire car le décor ne trompe personne, tout se passe en studio mais cela confère au film une petite touche d'étrangeté bienvenue, notamment quand le Baron scrute tranquillement le ciel et aperçoit la comète, alors que les flammes sont censées le brûler vif. Pas une expression de douleur, rien ne vient troubler son flegme, alors que le commun des mortels serait en proie à une crise d'hystérie due à la souffrance. Mais le Baron n'est pas une personne comme les autres…

Une fois de retour sur terre, les actions du Baron venu réclamer vengeance sur la descendance des inquisiteurs sont certes irréalistes et feront la joie des spectateurs de par le look du monstre et de sa méthode pour les tuer, mais il faut bien reconnaître que c'est à chaque fois la même chose, le même procédé et ça devient un peu lassant à la longue. Mais bon, rien de bien méchant non plus, le film se laisse suivre avec plaisir quand même, mais on aurait aimé un peu plus de rythme et des séquences moins répétitives.



Malgré ces petits défauts, le film saura néanmoins satisfaire l'amateur de séquences farfelues et ce sont celles-ci qui resteront dans les mémoires. On commence tout d'abord avec le look du Baron revenu sur terre après 300 ans. Quand il n'apparaît pas sous sa forme humaine, le Baron est un horrible monstre, avec une coupe de cheveu proche d'une crinière, des oreilles plus longues que celles de Mr. Spock, un nez digne des plus belles sorcières de conte, un visage qui gonfle et se dégonfle sans cesse, comme pris par des spasmes incessants, et une langue très longue, semblable à celle des serpents. N'oublions pas ses mains, qui sont en fait deux sortes de tentacules formant une sorte de pince. Bref, un pur look de "craignos monsters", qui restera sans soucis dans les annales des monstres bizarroïdes !

Autre singularité du Baron, sa technique pour tuer ses victimes. Il aurait été dommage d'avoir une si belle langue et de ne pas s'en servir. Le scénariste n'a pas omis d'utiliser cet attribut et notre Baron va donc enfoncer sa langue dans le cou de victimes afin de leur…aspirer le cerveau ! Et oui, vous avez bien lu, notre Baron se nourrit de cerveaux humains ! Bon, ok, sa langue fait très "plastique" mais franchement, on s'en fout, parce qu'on jubile bien devant son écran. Ah oui, autre détail intéressant, notre Baron est un peu comme un vampire, il possède un regard hypnotique qui lui permet d'immobiliser ses proies. Pour bien nous faire comprendre que ce pouvoir est en marche, on éclaire les yeux d'Abel Salazar. Crise de rire assurée !

Mais le plus étrange reste à venir. Qui oubliera ces scènes hallucinantes où le Baron, invitant les descendants de ses bourreaux dans sa demeure, refuse de boire des boissons alcoolisées mais va discrètement manger à la petite cuillère de la masse encéphalique qui repose dans une grande coupole, elle-même cachée dans un coffre. On ne saura jamais pourquoi il fait ça, mais niveau étrangeté, on atteint des sommets ! Z'ont bien l'esprit tordu ces Mexicains !



"Le baron de la terreur" est donc un film plutôt sympathique à visionner mais qui est précédé d'une solide réputation qui s'effrite quelque peu à sa vision, la faute à un petit manque de rythme, à la présence de deux policiers qui font dans le comique bien lourd et pas très intéressant, et à des scènes répétitives qui ponctuent l'ensemble du métrage. Mais bon, rien que le personnage du Baron vaut le détour, de même que sa curieuse manie de dévorer de la cervelle. Un monstre atypique, comme on aimerait en rencontrer plus souvent et qui rend indispensable la vision du film !

Disponible en dvd digipack chez Bach Films :
http://www.bachfilms.com






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