RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Iain Softley

Scénariste
Ehren Kruger

Date de sortie
2005

Genre
thriller

Tagline


Cast
Kate Hudson
Gena Rowlands
John Hurt
Peter Sarsgaard
Joy Bryant
Maxine Barnett…


Pays
Etats Unis

Production


Musique
Ed Shearmur

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4
(19 votes)
Caroline Ellis, aide-soignante entièrement dévouée à son métier et aux patients, décide de quitter l'hôpital dans lequel elle travaille pour faire du soin à domicile. Sa première mission sera d'aider Violet Devereaux à s'occuper de son mari grabataire, Ben. Caroline se rend donc dans la demeure des Devereaux, une immense bâtisse perdue au milieu du bayou en Nouvelle-Orléans. Les présentations se font en compagnie de l'avocat de Mme Devereaux, qui gère les papiers de la famille. D'abord réticente, Violet accepte l'aide de Caroline, qui reçoit un passe-partout lui permettant d'ouvrir toutes les portes de la demeure. Toute, sauf une. Une petite porte cachée dans un coin du grenier. Quel secret se cache derrière cette porte ?



Sortie en 2005, le film de Iain Softley, réalisateur du bon "K-PAX" avec Kevin Spacey et Jeff Bridges, renoue avec les films mettant en scène le vaudou. Le dernier film ayant traité avec brio de cette pratique était l'excellent "l'emprise des ténèbres" de Wes Craven, même si on peut également citer "minuit dans le jardin du bien et du mal" de Clint Eastwood.

Les pratiques vaudou ont toujours inspiré le cinéma et en particulier le cinéma fantastique. Déjà en 1932, Bela Lugosi l'utilisait dans "les morts vivants". En 1941, ces pratiques étaient également présentes dans "king of the zombies", mais on peut dire que l'une des meilleures approches de ce thème, on le doit à Jacques Tourneur et à son fameux "vaudou" en 1943. De nombreux films suivirent, comme "l'enfer des zombies" de Fulci par exemple, qui expliquait la résurrection des morts par les pratiques vaudoues, jusqu'à l'année 1987, où deux excellents films sortirent sur les écrans. "Les envoutes" tout d'abord, dans lequel Martin Sheen devait lutter contre un culte pratiquant le vaudou. Le second film, c'est le remarquable "angel heart" d'Alan Parker, que je ne vous ferais pas l'offense de vous présenter. Comment oublier Mickey Rourke et Robert de Niro ! Le vaudou avait le vent en poupe puisqu'en 1988, c'est donc au tour du film de Wes Craven de venir terrifier les spectateurs. "L'emprise des ténèbres" demeure une référence sur les films traitant du vaudou, et ce, encore aujourd'hui. Présent dans de nombreuses séries B les années suivantes, ("voodoo academy" pour n'en citer qu'un), le vaudou avait abandonné le grand écran, pour ressurgir donc en 2005 avec "La porte des secrets", mais sous une autre forme locale, le "hoodoo", qui est, comme l'explique le scénariste du film, "une forme de sorcellerie, à base de potions, de racines magiques et de formules rituelles à vocation médicinale, mais qui peuvent aussi porter la poisse à vos ennemis". Bref, comment porter la poisse à vos ennemis…




Notre aide soignante, héroïne du film, est interprétée par la charmante Kate Hudson, dont la carrière a du mal à décoller depuis "Presque Célèbre". Il faut dire qu'elle a quand même refusé le rôle de Mary Jane dans "spiderman" ! Dans "La porte des secrets", elle se révèle plutôt à son aise, même s'il n'y a rien de mémorable dans sa prestation. Une prestation néanmoins correcte, où l'actrice alterne entre la douceur, la compassion et la peur. Une petite palette d'émotion assez bien rendue à l'écran. Il faut savoir que Kate Hudson était enceinte et que le réalisateur et les producteurs ont attendu qu'elle donne naissance à son enfant pour commencer le tournage du film, qui a donc été reculé d'un an.

Pour lui donner la réplique, deux monstres sacrés : Gena Rowlands et John Hurt. Gena, actrice culte de son mari John Cassavettes ("gloria", "faces") interprète Violet Devereaux, un personnage qu'on pourrait rapprocher de la Kathy Bates du film "misery". Très attachée à son mari, qui est sur le point de mourir, le comportement de Violet va changer peu à peu, de manière lente, mais de nombreux indices nous font bien comprendre qu'il y a quelque chose qui cloche chez elle. C'est d'ailleurs l'un des points forts du film, faire monter progressivement l'ambiance vers la peur, sans trop en montrer, un peu comme dans "les autres" par exemple. Le mari grabataire est donc interprété par John Hurt. Un rôle quasi muet pour l'acteur de "éléphant man", qui doit se faire comprendre de Kate Hudson par des gestes, des regards. Son comportement confère également à créer une ambiance étrange et à nous aiguiller sur ce qui se passe dans cette demeure.



La demeure justement, elle est l'un des personnages principaux du film. Ses nombreux couloirs, ses nombreuses portes, qui ont toutes la même serrure, et qui s'ouvrent toutes avec une clé de forme étrange (la "skeleton key" du titre), son marécage, son grenier, sa porte secrète. C'est le producteur exécutif du film qui la trouva, en Louisiane. A sa grande surprise, les propriétaires acceptèrent de la prêter pour le film, chose qu'ils avaient refusé depuis plus de vingt-cinq ans. Une aubaine pour le film, car elle apporte vraiment beaucoup à l'ambiance oppressante qui s'installe au fur et à mesure de la progression des événements.

"La porte des secrets" se laisse agréablement regarder, quelques surprises viendront parsemer l'histoire, et la fin risque de réellement vous surprendre, car inattendue. Enfin moi, je ne l'avais pas vue venir, même si je me doutais bien que l'un des personnages était dans le camp ennemi. La réalisation est efficace, mais niveau frisson, vous risquez d'être déçus. Le film est un bon thriller psychologique en fait, avec des éléments fantastiques qui viennent s'intégrer à l'intrigue. Le point le plus intéressant étant bien sûr la confrontation Caroline/Violet, deux femmes que tout oppose, et pour cause. Caroline voue sa vie à promulguer des bons soins à ses patients, et Violet, malgré les apparences, ne semble pas être à 100% disponible pour son mari. Pour quelles raisons ? Que cherche-t-elle ? Autant de mystères qui trouveront une explication dans la conclusion, très originale encore une fois…



Le film de Iain Softley a tout pour vous faire passer une bonne soirée un samedi soir. Ce n'est certes pas le film du siècle, mais il remplit tranquillement son contrat, même si on pouvait s'attendre à avoir beaucoup plus peur, au vu de l'affiche qui laisse présager un vrai film de terreur, ce que "La porte des secrets" n'est finalement pas. De bons acteurs, un bon scénario, une bonne ambiance, des révélations surprenantes, bref, un divertissement de qualité qui vous fera passer un bon moment…








Du même réalisateur :