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1965, Heather, une jeune fille un peu rebelle est envoyée dans un pensionnat pour jeunes filles. Elle commence à avoir de terribles visions, qui lui font craindre qu'un danger rôde en ces lieux et que des sorcières en ont fait leur repère. Ses tentatives pour retourner chez elle s'avèrent des échecs et elle devra affronter ce qui la menace.



"The Woods", c'est avant tout l'histoire d'un film qui mis du temps à enfin sortir, la faute à un distributeur qui n'y croyait, et pourtant comme le magnifique "Fragile" de Balaguero, le film de Lucky Mckee s'avère une réussite sur quasiment tout les tableaux. Seul manque à l'appel un final qui n'est pas celui souhaité par son réalisateur, mais qu'importe ces derniers instants, le reste du long-métrage tient une grande partie de ses promesses.


L'auteur de "May" montre encore son attachement à une certaine éthique cinématographique qui pourrait le rattacher au courant des années70, celui où l'esbroufe était rejeté . En plus de l'action du film qui se déroule en 1965( musique d'époque à la clé), plane sur "The Woods" comme un parfum de nostalgie. Pour la thématique, c'est le Dario Argento de "Suspiria" et "Phenomena", qui est incontestablement la référence majeure. Pas en ce qui concerne le côté sanguinolent de l'histoire en revanche car il faut attendre l'extrême fin pour qu'un peu de violence et d'action brutale, mais par le côté de la solitude de notre héroïne, ainsi que des références aux Trois soeurs (trois sorcières qui jetèrent leur dévolu sur le pensionnat de Falburne). L'étrangeté des locataires de ce pensionnat pour filles n'y est pas pour rien dans l'ambiance oppressante, à commencer pas la directrice, Mrs Traverse (magnifique Patricia Clarkson). D'ailleurs, il est étonnant de voir à quel point Lucky Mckee arrive à métamorphoser les actrices. Après Angela Bettis ("May"), c'est au tour d'Agnés Bruckner ("Venom") de se fondre totalement dans son personnage de jeune fille (minou en feu~ référence à sa chevelure rousse~) rebelle, et qui se sent délaissée par sa famille, notamment par sa mère. Le passage durant lequel elle tente de reconquérir par téléphone l'amour maternelle est bouleversant de justesse et d'émotion.


Abordant l'idée de la perte de l'innocence et du thème de la personnalité "hors norme" que l'on tente de faire réintégrer le rang (avec beaucoup de finesse dans le cas présent à l'exception d'une gifle bien sentie), Mc Kee distille des indices sur le caractère mystérieux du pensionnat sans pour autant nous dévoiler ce qui s'y trame vraiment: des jeunes filles disparaissent et son remplacées dans leur lit par des branches et des feuilles mortes, le lait (aliment de l'enfance) devenant source de danger,etc.... Comme pour "May", et au delà d'une histoire classique, il s'agit encore une fois de défendre le droit à la différence.


Par son insistance référentielle "The Woods" peut agacer (on pense aussi au film "les yeux de la forêt", "trauma (1976)" de Dan Curtis ) mais là où le film déçoit essentiellement, c'est dans l'utilisation de la forêt qui est carrément sous-exploitée. Elle nous est dévoilée parcimonieusement, nous faisant le plus souvent rester à l'orée des bois. Le seul élément faisant penser que des événements surnaturels se déroulent à proximité sont les voix (d'ailleurs un peu trop réplétive à la longue) qu'entend la jeune Heather ainsi que des visions. Ce qui fait planer le doute sur la réalité des phénomènes du pensionnat et sa santé mentale, déroutant ainsi le spectateur, jusqu'à un final qui lève le voile. Sans entrer dans le détail, la dernière partie du film (la révélation donc) ne correspond pas trop à tout ce qui a précédé car beaucoup trop rapide et haché dans la réalisation. Mais que cela ne gâche en rien le véritable plaisir pris à pénétrer dans cet univers exclusivement féminin ( le seul acteur étant le cultissime Bruce Campbell, dont quelques plans dans les bois font allusion à la vertigineuse réalisation d' "Evil Dead").


Une fois que le spectateur adhère à cette histoire toute en finesse (pas de lourdeur explicative venant remplacer la capacité du spectateur à se faire sa propre opinion), "The Woods", respire la sincérité d'un réalisateur à qui on reprochera juste d'avoir oublié de terrifier son auditoire. Car, à de rares exceptions près, la peur est la grande absente de ce film qui aborde la thématique de la sorcellerie en démontrant qu'il existe des alternatives à "Charmed" et autres séries/films à destination des teenagers. Ici, le parti-pris est résolument adulte et c'est tant mieux. Même si Lucky McKee aurait renié le montage finale, en l'état le résultat est plus que satisfaisant et aboutit à un quasi chef d'oeuvre.








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MAY
WOMAN - THE
ALL CHEERLEADERS DIE