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Marta est en route pour retourner voir sa famille dans l'hacienda de la Sierra Negra. En chemin, elle fait la connaissance d'Enrique, un représentant, qui lui propose de lui tenir compagnie. A leur arrivée, Marta ne reconnaît plus l'hacienda, laissée à l'abandon à cause des rumeurs de plus en plus persistantes sur la présence d'un vampire dans la région. De plus, sa vieille tante Maria Teresa vient de mourir. Une surprise l'attend pourtant : son autre tante, Eloisa, est présente, et la vieillesse ne semble pas l'avoir touchée, car elle est toujours aussi jeune malgré les nombreuses années qui se sont écoulées entre leurs précédentes rencontres. Eloisa veut lui présenter le Comte Duval, qui désire acheter l'hacienda. Seule la signature de Marta et de son oncle manque pour clôturer la vente…



Dans les années 30, c'est incontestablement Bela Lugosi qui marqua d'une trace indélébile l'univers des vampires avec sa prestation dans le "Dracula (1931)" de Tod Browning, mais également dans "La Marque du Vampire" en 1935. Puis un sérieux concurrent vint prendre sa place dans les années 60 en la personne de Christopher Lee, dont la première apparition en tant que vampire en 1958 dans "Le Cauchemar de Dracula" est entrée dans la légende. Entre le film américain de 31 et le film anglais de 58, les vampires ont toujours été présents à l'écran, avec plus ou moins de bonheur, sombrant parfois dans la parodie qui leur faisait perdre de leur superbe. La plupart des amateurs de vampires s'accordent sur le fait que la résurrection du mythe date de 1958 et du film de la Hammer. Pourtant, l'année précédente, une autre œuvre allait redorer le blason des créatures de la nuit assoiffées de sang. Et elle ne venait ni d'Amérique, ni de Grande Bretagne ! Non, ce vampire classieux nous était envoyé par le Mexique !

Christopher Lee ne s'en cache pas. Pour son interprétation de Dracula, il s'est fortement inspiré de ce "El Vampiro". Il est vrai que le vampire du film a tout ce qu'il faut pour en faire une créature digne et dangereuse : canines rétractables, allure noble, aristocratique, notamment dans sa démarche, port de la cape, discours posé, coupe de cheveux sans la moindre mèche rebelle, sommeil dans un cercueil, impossibilité de croiser du regard les croix ou crucifix, peur du soleil, transformation en chauve-souris, mort possible par enfoncement d'un pieu dans le cœur. Quasiment toute la mythologie vampirique est présente dans Les Proies du Vampire.



C'est Fernando Mendez qui a l'honneur de réaliser le film. Ce choix s'est imposé au producteur suite au succès de son précédent film, "El Ladron de Cadaveres", qui mixait déjà catch et monstres. Mendez donnera d'ailleurs une suite à "El Vampiro" en 58, avec "El Ataud del Vampiro", baptisé chez nous "Le Retour du vampire".

Pour incarner la créature démoniaque, le producteur Abel Salazar, qui se spécialisera dans le cinéma fantastique après le grand succès de ce film, choisit l'acteur German Robles, jeune homme au physique svelte et athlétique. Né en Espagne en 1929, Robles se retrouve au Mexique à l'âge de 17 ans, joue tout d'abord sur les planches du théâtre avant de se retrouver en tête d'affiche dès son premier film, pour "Les proies du Vampire" justement. Sa grâce et son charisme lui ouvriront les portes du succès et il deviendra l'un des acteurs fétiches de la production fantastico-horrifique mexicaine. Le film lui doit beaucoup, chacune de ses apparitions retenant notre attention. Son personnage du Comte Duval rentre parfaitement dans l'image qu'on se fait d'un seigneur vampire, distingué, bien habillé, classieux, mais sans aucune pitié, n'hésitant pas à vampiriser un jeune garçon ayant eu le malheur de croiser son chemin. Tout comme le sera Christopher Lee l'année suivante.

Notons également qu'Abel Salazar, en plus d'être producteur, est également acteur et dans "Les proies du Vampire", il incarne Enrique, le représentant qui accompagnera Marta à l'hacienda. Un rôle un tantinet comique, qui apporte une petite touche d'humour au film.



Pour tout amateur des œuvres de la Universal et de la Hammer, le film de Fernando Mendez sera réellement une très bonne surprise. L'ambiance gothique est bien présente, avec de nombreuses séquences où le brouillard baigne les décors désertiques de l'hacienda. Les nombreux passages secrets se trouvant dans la demeure, avec moult toiles d'araignées et poussière, contribuent également à l'atmosphère macabre du film.

Le jeu des acteurs est tout à fait acceptable, Robles en tête, le film est traité avec sérieux, et on a vraiment l'impression que le but du réalisateur était d'en faire un vrai film d'épouvante. Ce qui est plutôt réussi. Le noir et blanc lui donnant encore un petit côté lugubre supplémentaire.

Parmi les (petits) reproches qu'on pourrait faire au film : un rythme pas toujours soutenu, quelques scènes de dialogues banales, des effets spéciaux approximatifs, notamment lors des transformations en chauve-souris. L'animal lui-même n'est d'ailleurs pas très réaliste. Mais bon, nous sommes en 1957, les images de synthèses n'existaient pas encore et cela renforce le charme de l'œuvre. D'ailleurs, rares sont les films d'épouvantes où les scènes avec chauves-souris étaient réussies…

Pour le reste, c'est du tout bon. Une musique adéquate, qui correspond bien à l'ambiance désirée, un vampire charismatique, une histoire qui tient la route, même si elle ne révolutionne rien et s'avère somme toute classique.

Pour l'anecdote, regardez bien le vampire dans son cercueil au moment où il va se prendre un pieu dans le cœur vers la fin du métrage. Une demie seconde avant, on peut voir la tête de l'acteur partir d'un coup sur le côté gauche, sûrement pour laisser place à un faux torse qui recevra le morceau de bois aiguisé.



Visuellement très réussi, Les Proies du Vampire est un film d'épouvante à découvrir toute affaire cessante. Malgré une réputation de chef d'œuvre un peu surévaluée, il n'en demeure pas moins un très bon film, qui régalera les fans de vampires et satisfera les amateurs des futures productions de la Hammer, dont il est clair que la vision de ce film aura fortement inspirée, pour son "Cauchemar de Dracula", la firme anglaise. C'est désormais chose facile grâce à Bach Films qui vient de l'éditer dans une très belle copie, et dans un somptueux packaging. On aurait tort de s'en priver !

Disponible en dvd dans un somptueux digipack chez :
http://www.bachfilms.com






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