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Si Brett Piper n'était pas un réalisateur culte, alors voilà sa pierre blanche qui le fera rentrer au panthéon des Grands. Jessica Raven (Misty Mundae) est une jeune actrice, employée par la même maison de production pour jouer dénudée dans des séries B et des films érotiques. Ses plus grands succès étant "Playmates of The Apes" ou encore "Screaming Dead". Elle travaille avec acharnement depuis de longues années et a décidé de prendre enfin quelques vacances méritées. Lorsqu'elle l'annonce au producteur en chef, celui-ci lui fait savoir qu'elle est virée : remplacée par une actrice aux seins plus gros. Cependant, la nouvelle actrice est jetée en prison à cet instant, l'empêchant d'honorer son contrat. Le Producteur en chef et son assistant vont alors se mettre à la recherche d'une actrice potable (c'est-à-dire à la poitrine opulente). Pendant ce temps là, Misty Mundae se débat avec ses vacances, seule à la campagne.



Enfin, Brett Piper est de retour, après un Bug! Aussi jouissif que "bissard". Cette fois-ci le maître du nanar est de retour et nous sert ce qu'il sait faire de mieux : un nanar. Et pas des moindres, un de ces métrages scindés en segments ; trois pour être précis. La construction elle-même est intelligente, deux des segments sont indépendants, et le troisième est partie intégrante à l'emballage (l'histoire justifiant la présence des sketchs). A cet instant, un seul sentiment vient à l'esprit : que de progrès accomplis depuis quelques années !

S'il garde l'aspect bis totalement assumé en incorporant à son métrage des effets cheap, il dispose toutefois d'un casting très professionnel.

Ne nous attardons pas sur la sublime Misty Mundae, qui, comme à son habitude, joue aussi bien qu'elle est belle. Contrairement à bon nombre de production de la Ei Independent Cinema, tout le casting est à la hauteur de la maîtresse, à commencer par un Rob Monkiewicz plus professionnel que jamais. Le rôle du grand ferrailleur décérébré au grand coeur lui va à merveille.
Ei, comme à son habitude, essaye de nous refourguer son actrice frelatée et plastifiée dont la bouche semble sur le point d'exploser à tout instant. Cependant, cela ne leur en sera pas tenu rigueur, le reste du casting compensant largement.




Pour ceux d'entre vous qui ne l'auraient pas compris, Misty Mundae joue ici son propre rôle. Rebecca Raven n'est autre que la projection fictive de la belle, donnant lieu à des clins d'œil proprement délicieux.

L'obsession pour les grosses poitrines des producteurs de la compagnie porte à réfléchir : Misty Mundae est en effet la seule actrice de Ei à ne pas arborer une monstrueuse paire de pare-chocs (ce qui n'empêche pas une large portion de l'équipe de vouer un culte à la jeune femme, soit dit en passant). En outre son alter ego à l'écran ne rêve que de rôles où elle n'aurait pas à se mettre nue pour faire montre de son talent.

Outre ces délicieuses références, le film regorge de clin d'oeil à d'autres oeuvres du cinéma de genre : non seulement aux précédents métrages de Ei Cinéma, mais aussi (c'est la plus évidente) à "massacre à la tronconneuse". Il fallait s'y attendre de la part de Brett Piper, toutes ces références sont passées à la moulinette Bissarde et se retrouvent saupoudrées d'humour.

Toutes ces petites références, fort agréables comme vous l'aurez compris, donnent l'impression de s'asseoir avec des potes pour deviser, une bière à la main.



Tout à fait honnêtement que serait un métrage de Brett Piper sans ses magnifiques effets spéciaux ? En effet, le bonhomme est un véritable artisan, réussissant à faire lui-même la totalité de ses effets. Les puristes, old school qui parsèment notre lectorat, le savent : Brett affectionne tout particulièrement l'animation image par image. Le maître du Bis construit lui-même ses maquettes puis leur donne vie, toujours sans aucune intervention extérieure. Outre le challenge technique que cela représente, son intégrité et son indépendance ne peuvent qu'être saluées.
Au delà de ses jouets - qui ont, il faut le souligner, de moins en moins un aspect plastique – Brett a su incorporer dans son métrage quelques effets de plateau très réussis. A ce titre, on a le droit à un très joli zombi, mais aussi – et c'est bien plus surprenant de sa part – à une magnifique extraction d'un coeur encore battant de la poitrine de l'une des protagonistes.

Pourtant depuis quelques années, le maître incorpore de plus en plus d'effets numériques. Pour truquer l'image (les arcs électriques créés par une électrocution), certes, mais aussi pour en déformer le rendu. En ce domaine aussi, Brett a fait d'énormes progrès puisqu'à présent, on a le droit à des effets de morphing sublimes, avec les vêtements des actrices qui fondent ou qui changent avec fluidité. Ce serait mentir que dire que "le jour d'après" peut aller se rhabiller, cependant le trucage numérique est ici utilisé avec suffisamment de pertinence pour que cela soit souligné. Toutefois, à l'instar du film précité, on frôle parfois l'indigestion numérisée.



Le bilan est donc très positif. Le très gentil Brett Piper, celui-là même qui est capable de tout faire sur un plateau de tournage, vient de délivrer un vrai bijou à son public. Quelques années auparavant, le cinéaste avait déjà rejoint le rang des réalisateurs cultes en délivrant le navet ultime : "Nymphoid Barbarian in Dinosaur hell". Un métrage qui fera figure de brouillon dans la carrière de l'artiste – chose que lui-même reconnaît.

En 2006, Brett Piper reste le roi du nanar mais du Nanar de très haute volée : "Shock-O-Rama" est un pur chef-d'œuvre qui cumule toutes les qualités des bonnes vieilles séries B. Fréquenté par des acteurs et actrices fort attirants, efficacement filmé, truqué à l'ancienne, et rythmé par des nappes de synthétiseurs playskool, la dernière sortie de Shock-O-Rama (le studio) est une véritable déclaration au cinéma de Roger Corman.

Que de progrès, "Bite me!" annonçait déjà la couleur, "Shock-O-Rama" confirme donc la tendance suivie par le Sieur Piper : faire des série B de haute qualité, respectueuses d'un esprit potache sans jamais verser dans le pédant ou la bouillie cinématographique. En s'excitant légèrement moins sur le numérique, on aurait eu un 6/6.

ENCORE !

Pour ceux qui ont raté un épisode, Ei Independent Cinema est un studio de production cinématographique qui se divise en deux : Seduction Cinéma, spécialisé dans l'érotisme et Shock-O-Rama spécialisé dans l'horreur Bis.
Chacune des deux branches se subdivise à son tour en deux : la normale, qui comprend tous les films tournés par les studios, et la branche "rétro" qui renvoie à un catalogue datant des années 60.
Pour plus d'informations : www.eicinema.com