RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.5
(8 votes)
Virginia Wainwright a réussi à se faire admettre parmi les "Crawford 10", l'élite de son école, des élèves aux conditions financières aisées, et qui aiment bien faire la fête et braver les interdits, se sentant sous la protection des richesses de leurs parents. Virginia va bientôt fêter son dix-huitième anniversaire. A l'approche de la date fatidique, de nombreux meurtres et disparitions se produisent parmi les "Crawford 10". Virginia, qui a eu un grave accident de voiture deux ans auparavant, entraînant le décès de sa mère, a du subir une lourde opération du cerveau et elle est souvent victime d'absences, ne se rappelant pas certains souvenirs. Les meurtres sont-ils liés au passé de Virginia ?



Le réalisateur Jack Lee Thompson a déjà une longue filmographie derrière lui en 1981, année durant laquelle il décide de réaliser "Happy Birthday", puisque sa carrière débute dans les années 50. A son palmarès, on lui doit par exemple "Les Canons de Navarone" en 1961, l'excellent "Les nerfs à vif" en 1962, "Les Rois du Soleil" en 63 avec Yul Brynner, "La bataille de la planète des singes" en 73 ou bien encore quelques aventures policières mettant en vedette Charles Bronson dans les années 80. Jack Lee Thompson trouva la mort le 30 octobre 2002, des suites d'un arrêt cardiaque.

Avec "Happy Birthday", Jack Lee Thompson décide de s'attaquer au genre vedette du film d'horreur des années 80, à savoir le "slasher movie", ou comment décimer la majeure partie du casting à l'arme blanche tout en tenant secret l'identité du tueur. Un genre dont l'un des films pionniers fut "La baie sanglante" de Mario Bava en 71, relayé par la suite par des œuvres comme "Black Christmas", "Halloween, la nuit des masques" ou bien encore "Vendredi 13". Mettant principalement en scène des jeunes aimant faire la fête, le slasher de Thompson ne déroge pas à cette règle et nos protagonistes sont de jeunes étudiants friqués, regroupés en une sorte de cercle d'amis où il est très difficile d'y entrer. On a là tous les clichés du genre, avec le sportif, le blagueur, le fan de moto-cross, le garçon timide mis un peu à l'écart, et bien sûr de nombreuses jeunes filles qui ne refuse pas un joint ou un verre de bière. C'est dans ce petit groupe que vient d'entrer Virginia, fille au passé douloureux, puisque ayant été victime d'un grave accident de voiture il y a deux ans. Sa mère trouva la mort et Virginia du subir une intervention du cerveau assez complexe, servant de cobaye à une nouvelle méthode de régénération des tissus par ultra sons. Sa mémoire n'a pas encore retrouvé toutes ses fonctions et la jeune fille souffre souvent de troubles passagers, ne se rappelant pas des événements qui se sont passés. Un coupable idéal ! Virginia est interprétée par Melissa Sue Anderson, un nom qui vous fera sûrement tiquer, surtout si vous êtes fan de la série culte "La petite maison dans la Prairie". Eh oui, Marie, qui deviendra aveugle, c'est elle ! Melissa fait d'ailleurs une prestation plus que correcte dans ce film, ce qui lui valut même une nomination en tant que meilleure jeune actrice au "Young Artist Awards" en 82.



Le passé de Virginia en fait donc la coupable parfaite. Fragile, ayant des problèmes de mémoires, revivant certains événements par flashs lorsque ses nouveaux amis font certaines choses, comme une course de voiture sur un pont élévateur, tout concourt à nous faire croire que l'assassin ne pourrait être une autre personne. Et si c'était réellement le cas ? L'habileté du réalisateur fera tenir ce suspense jusqu'à la fin et je ne me permettrai pas de vous dévoiler le twist final. Tout est possible dans un slasher, l'assassin peut aussi bien être la personne dont on s'occupe le moins que le héros ou l'héroïne du film. D'ailleurs, des suspects, il y en a d'autres. Pourquoi pas Rudi, jeune garçon timide, souvent mis à l'écart du groupe ou victime de plaisanterie, et qui semble sous le charme de Virginia ? Pourquoi pas Etienne, beau gosse un peu voyeur, qui n'hésite pas à s'introduire la nuit dans la chambre de Virginia pour l'épier prendre son bain ? Pourquoi pas John, le blagueur, attiré lui aussi par Virginia malgré qu'il a déjà une petite amie ? Pourquoi pas une fille jalouse ? N'oublions pas le docteur Faraday, joué par Glenn Ford, acteur mythique, qui suit l'avancée du traitement de Virginia. Néanmoins, cette dernière hypothèse est vite écartée puisqu'il apparaît clairement que les victimes connaissent très bien leur meurtrier, le laissant s'approcher sans aucune crainte ni doute. Bref, autant de possibilités que de personnages ce qui nous donne de quoi bien se creuser la tête ! Bien sûr, les diverses pistes vont aller en s'amenuisant, les nombreuses victimes commençant à réduire le nombre de coupable potentiel…



Outre la découverte de l'identité de l'assassin, le principal intérêt d'un slasher, ce sont bien sur les meurtres eux-mêmes. Grosse déception à ce niveau ! C'est très peu sanglant, très peu graphique. Un égorgement rapide, une tête poussée dans les rayons d'une roue de moto qui tourne à vive allure, une barre d'haltérophile qui s'abat sur le thorax du porteur et autres petites joyeusetés attendent le spectateur, mais ces séquences sont rapides et ne nous montrent pas grand chose en fait. On attend surtout la scène servant de jaquette au film, à savoir le pic de brochette enfoncée dans la bouche. Heureusement, cette séquence sera bien présente. Mais les amateurs de meurtres resteront quand même sur leur faim.

Autre petit défaut, un rythme pas vraiment soutenu, assez lent, ce qui fait qu'on n'est jamais vraiment entraîné dans le film.

Parmi les clichés du slasher, on retrouve bien sur la caméra subjective, le port de gants noirs, les fausses scènes de tension nous mettant sur de fausses pistes, bref, nous sommes bien en terrain connu et Jack Lee Thompson fait très honnêtement son travail, hormis les quelques défauts cités ci-dessus. "Happy Birthday" pourrait en fait être rattaché au giallo ou au thriller, puisque les scénaristes ont fait un effort côté histoire, développant l'intrigue et le personnage de Virginia de façon intéressante, en tout cas de façon bien plus approfondie que dans les autres films de ce genre. C'est ce qui fait l'originalité du film, un scénario plus élaboré que la moyenne. Dommage que l'ensemble reste un peu en deçà de ce qu'on en attendait.



Les amateurs apprécieront par contre le final grand guignolesque, avec moult rebondissements et retournements de situations, digne de la fin d'un épisode de "Scooby-Doo" !

"Happy Bithday" est donc un honnête slasher, plus intelligent que d'habitude, mais qui décevra les fans de meurtres sanglants. Mis en scène par un réalisateur de talent, il ne fait pas partie des films que les amateurs citent de mémoire. Il possède pourtant de nombreuses qualités mais ses défauts font qu'effectivement, on n'en garde pas un souvenir impérissable. A découvrir néanmoins pour tout fan de "slasher movie" qui se respecte ! A noter que le titre original, "Happy Birthday to Me" est encore plus significatif que son homologue français. Encore un indice de plus ? Il ne vous reste plus qu'à regarder le film pour le savoir…








Du même réalisateur :

LUMIèRE SUR