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Gary Jones a eu comme un faible pour les gros insectes atterrissant sur la belle bleue par la voie interstellaire du Nanard. Après les suceurs ailés de "Mosquito", voici donc de perforantes octopodes certifiées Nu Image, engagées comme il se doit dans un inexorable devenir dinosauresque (quand on fait "Crocodile 2" et qu'on prépare "Raptor Island 2", c'est qu'on aime les grosses bêtes). Entre produit prédigéré et délectation ultra-naze, aucune raison que le résultat escompté ne soit pas obtenu...



Sous contrôle du FBI, des scientifiques hyperconfiants sont envoyés dans l'espace via une navette type Challenger, ce afin d'effectuer de mystérieux tests de fertilité sur une mygale. Tout va bien ; mais tout à coup, le soleil laisse échapper un gaz, et tout va mal. Pendant ce temps, Marsi, étudiante entichée de "ces extraterrestres que nous cache le gouvernement", travaille avec l'obstination joyeuse d'un Yorkshire pour la gazette de son campus. Avec deux amis parmi lesquels ne se trouve pas Clark Kent, elle se rend pour la treizième fois sur un terrain "top secret" quand, soudain, la navette de l'espace se vautre pile sur les lieux. Et alors, d'horribles et stupéfiantes découvertes à huit pattes attendent notre petit trio.



Nu Image, c'est la faculté d'enfiler les autoroutes de l'imagination à fond la caisse sur un tricycle déguisé en hélicoptère ; chaque élément y est comme un péage acquitté avec des cacahuètes en plastique. Tout est connu d'avance, tout est en toc. Et pourtant, il y a un truc, un je-ne-sais-quoi d'à la fois enfantin et crapuleux qui écoeure et amuse. Même le petit gore, parcimonieusement distillé ça et là, possède un côté "atelier de pâte à modeler et de peinture", et "Spiders" multiplie les effets tentant sincèrement de nous prendre pour des billes. Les bons de kangourou d'une araignée en plastique (Gary Jones aime tout faire sauter, même les crocodiles dans "Crocodile 2"…), une toile apparemment tissée en coton élasthanne, le tortillement d'une victime immaculée alors qu'elle était ensanglantée deux plans plus tôt, les petits nuages dessinés sous les pattes d'une araignée géante montée sur ressort, le volume de ladite araignée ayant décuplé en quelques secondes et lui permettant de découper le toit d'une voiture de police aussi proprement qu'une scie Black & Decker… En somme, c'est quand l'idiotie rejoint le manque de moyen, et que se produit dans cette pauvre alchimie un petit éclair d'originalité désopilante et incongrue.



Côté réalisation proprement dite, on est bien dans le rythme et dans l'imagerie d'un réalisateur qui a fait ses premières armes pour la télévision (Hercule et Xéna…). Les recettes éprouvées qui fonctionnent, pourquoi en changer ? Image lisse et aseptisée, évolutions et rebondissements télécommandés, n'attendez pas d'éprouver le moindre frisson ni d'assister au moindre suspense. Au contraire, l'itinéraire pré-balisé glisse avec entrain vers une apothéose triomphante, dont les cris de joie vous obligeront à baisser le son. Oui, l'araignée va devenir de plus en plus grosse. Oui, Marsi va montrer qu'elle peut être combattante, et elle va littéralement mouiller son tee-shirt. Et oui, le méchant va morfler. C'est tout ce fond essentiel de recyclage qui fait l'armature solidement banale de "Spiders". Mais comme tout va vite et que rien ne pèse, on ne s'ennuie pas vraiment. On a juste l'impression de devenir très bête.



Le mieux à faire serait de diffuser plusieurs fois "Spiders" lors de séances de groupes destinées aux arachnophobes. Si l'inconscient pouvait durablement s'imprégner de la certitude que le film de Gary Jones détient la quintessence de ce qui fait une araignée, le taux de guérison de cette phobie avoisinerait certainement les 100%. On verrait même les anciens patients rire à la vue de la moindre de ces bestioles, avant de les écraser d'un air ennuyé. La firme Nu Image secrète peut-être, comme un venin, une utilité publique injustement négligée.








Du même réalisateur :

CROCODILE 2
MOSQUITO
LUMIèRE SUR